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Moyen Orient et Monde - Reportage

Avec le retrait américain d’Irak, la formation remplace les opérations

FOB Constitution, un camp d'entraînement grandeur nature.

Un soldat américain se tient sur une voiture militaire irakienne, dans la base opérationnelle avancée Constitution (FOB), un camp d’entraînement grandeur nature. Ahmad al-Rubaye/AFP

Les polices militaires américaine et irakienne passent au peigne fin un chemin de terre à l'ouest de Bagdad, à la recherche de bombes artisanales. Mais si les explosifs sont présents, le danger ne l'est pas, du moins pas ici. Ce chemin traverse en fait la base opérationnelle avancée Constitution (FOB Constitution selon l'acronyme anglais), et les bombes artisanales ont été plantées là par les troupes américaines dans le cadre d'un exercice d'entraînement. À l'extérieur de la base, où les bombes sont bien réelles, la police militaire irakienne et la 6e division de l'armée irakienne, en charge de l'ouest de la province de Bagdad, vont de plus en plus opérer seules alors que les forces américaines se retirent.
« Avant, notre rôle était de conseiller, d'assister et d'être partenaires et maintenant, nous allons conseiller, assister et entraîner », explique le lieutenant-colonel américain Robert Rooker, chef d'une « équipe de transition et de stabilité » appartenant à la 6e division, qui s'occupe de la formation. Des équipes comme celle de Rooker, située sur la même base que le QG de la 6e Ddivision, près d'Abou Ghraib (à 25 km à l'ouest de la capitale), vont continuer à conseiller et entraîner les forces irakiennes après le retrait partiel des troupes américaines d'Irak, le mois prochain.
Au 1er septembre, il ne devrait rester en Irak que 50 000 soldats américains, dont la mission de combat cesse pour se muer en action d'entraînement et de formation. « Environ 2 000 soldats » de la 4e brigade motorisée travaillaient avec la 6e division, « mais après la fin août il n'en restera que 700 avec les unités d'appui », explique le capitaine Christopher Ophardt, porte-parole de la brigade. Selon le lieutenant-colonel américain Robert Rooker, il est également prévu « une réduction d'environ 50 % des forces aériennes (américaines) », qui risque de desservir les Irakiens.
Le premier lieutenant Saad Hamza, commandant de la police militaire irakienne qui s'entraînait à la FOB Constitution, se dit confiant dans la capacité des forces locales à poursuivre seules : « Nous pouvons nous en charger nous-mêmes. » Le général qui commande la division n'a pas souhaité être interviewé. « Ils sont très compétents en ce qui concerne les notions de base de l'infanterie et la contre-insurrection », assure Robert Rooker. « Ils sont (aussi) compétents, à un niveau rudimentaire, pour ce qui relève de la logistique, sauf la maintenance », ajoute-t-il. Mais, évoquant l'armée irakienne dans son ensemble, un fantassin américain de la FOB Constitution se montre plus pessimiste. « Ils ne sont vraiment pas au niveau auquel une armée doit être, estime-t-il, mais je pense qu'ils reviennent de loin. »
En dépit de la diminution drastique du nombre de soldats américains travaillant directement avec la 6e division, l'équipe de Rooker pourra toujours faciliter les exercices d'entraînement en requérant l'assistance d'autres unités, dit-il. L'entraînement va désormais se focaliser sur trois domaines, explique encore le lieutenant-colonel. Le premier, « la collecte et l'intégration des renseignements », doit permettre aux Irakiens, compétents dans le renseignement humain notamment grâce aux indications données par la population, de « le faire coïncider avec la photographie aérienne et d'autres types de renseignements ». L'entraînement se focalisera aussi sur « la contre-insurrection, les frappes ciblées » destinées à « limiter les dommages collatéraux » sur les populations. Enfin, explique Rooker, l'entraînement abordera largement l'aide aux civils, sous forme par exemple de livraisons de nourriture.

W.G. DUNLOP (AFP)
Les polices militaires américaine et irakienne passent au peigne fin un chemin de terre à l'ouest de Bagdad, à la recherche de bombes artisanales. Mais si les explosifs sont présents, le danger ne l'est pas, du moins pas ici. Ce chemin traverse en fait la base opérationnelle avancée Constitution (FOB Constitution selon l'acronyme anglais), et les bombes artisanales ont été plantées là par les troupes américaines dans le cadre d'un exercice d'entraînement. À l'extérieur de la base, où les bombes sont bien réelles, la police militaire irakienne et la 6e division de l'armée irakienne, en charge de l'ouest de la province de Bagdad, vont de plus en plus opérer seules alors que les forces américaines se...
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