Rechercher
Rechercher

Liban - Éclairage

Une petite pause en attendant les résultats des concertations arabes

Priorité à l'apaisement, en attendant les résultats des pourparlers entre d'abord le roi Abdallah d'Arabie et les dirigeants égyptiens et ensuite le même roi Abdallah et le président syrien Bachar el-Assad. Tel semble être le mot d'ordre actuel à Beyrouth où le Conseil des ministres prévu aujourd'hui devrait éviter soigneusement les dossiers conflictuels. Ceux-ci n'en restent pas moins très aigus et tournent essentiellement autour de l'acte d'accusation du TSL, attendu en automne. Le fossé reste énorme entre les positions des deux camps et, dans l'incapacité de parvenir à un accord, ils s'en sont remis aux dirigeants arabes.
En attendant l'issue des contacts entre le roi et les présidents, la situation interne se résume comme suit : dans son discours et ensuite dans le cadre des résolutions du premier congrès général du Courant du futur, le Premier ministre Saad Hariri a réitéré son appui au TSL et il a confirmé ce qu'il avait déclaré au président Bachar el-Assad au sujet de son incapacité à prendre la moindre initiative, vu que le TSL est désormais entre les mains du Conseil de sécurité et que l'enquête sur l'assassinat de son père Rafic Hariri est une affaire arabe et internationale. Parmi les résolutions adoptées, il est aussi question de « la résistance diplomatique pour libérer les fermes de Chebaa, les collines de Kfarchouba et la partie nord du village de Ghajar » et de « la justice qui peut empêcher la discorde ». En d'autres termes, il s'agit d'un rejet de l'appel du pied lancé par le secrétaire général du Hezbollah au cours de sa conférence de presse de jeudi soir. La riposte de Nasrallah ne s'est pas fait attendre. Dans son discours de dimanche, il a affirmé que lui et son parti ne renonceront pas à ce qu'ils ont de plus cher : la résistance, et il refuse tout dialogue sur la base de l'inculpation d'un seul membre du Hezbollah, « même indiscipliné ». Il a ensuite proposé la formation d'une commission d'enquête parlementaire ou ministérielle ou encore judiciaire pour ouvrir le dossier des faux témoins et de ceux qui se tiennent derrière eux, qui reste, selon lui, la meilleure entrée en matière à une enquête équitable, professionnelle et sérieuse.
En dépit des démentis fournis par des proches du Premier ministre sur la véracité de la proposition qu'il aurait faite à Nasrallah de déclarer ouvertement que les membres du Hezbollah que compte incriminer l'acte d'accusation n'ont pas agi sur ordre de leur commandement, des sources proches du parti affirment que cet épisode a bel et bien eu lieu. Les mêmes sources ajoutent que pratiquement à chacune de ses rencontres avec le secrétaire général du Hezbollah, Saad Hariri a évoqué l'enquête internationale. Avant la guerre de juillet 2006, il avait déclaré que selon les informations en sa possession, ce serait un groupe salafiste qui aurait assassiné l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, sur la base d'une décision en provenance de Syrie. Au cours d'une autre rencontre en 2008, il aurait déclaré que cette fois, il s'agirait d'un groupe du Hezbollah infiltré par les SR syriens. Avant son voyage à Washington, il aurait affirmé qu'un groupe qui ne relève pas du commandement du Hezbollah aurait agi. Les mêmes sources ajoutent que ces rencontres ont fait l'objet de procès-verbaux dûment conservés et que les démentis de certains députés du bloc « Liban d'abord » ne peuvent rien changer aux faits.
Le Hezbollah est donc convaincu que l'acte d'accusation a été rédigé en 2008 et qu'il accusera certains de ses membres, dans une première étape. Il est aussi convaincu qu'il y aura d'autres inculpations qui finiront par atteindre le sommet de la pyramide. Et, pour confirmer ses dires, il rapporte une conversation qu'aurait eue un ancien responsable libanais en visite récemment au Qatar. Il aurait ainsi dit devant d'éminents dirigeants de l'émirat : « Regardez ce qui s'est passé avec l'affaire Mabhouh (le dirigeant du Hamas assassiné par le Mossad à Dubaï). Quatre membres du Mossad ont d'abord été accusés. Ils sont ensuite devenus dix, puis trente. Le Hezbollah n'est pas plus fort que le Mossad »...
Toujours selon le Hezbollah, la machine « infernale » se serait donc mise en branle et il lui appartient de bloquer son fonctionnement. Des sources proches du parti confirment qu'il aurait reçu de la Syrie des conseils de calmer le jeu, en attendant la visite du roi Abdallah à Damas après Charm el-Cheikh ; mais les sources ajoutent que cela ne signifie nullement qu'il renoncera à sa campagne contre le TSL, si celui-ci continue à aller dans le sens de son accusation, sans rechercher d'autres pistes, dans le seul but de détruire l'idée de la résistance, car elle dérange Israël, et de la transformer en organisation terroriste aux yeux du monde et des Libanais. Au sujet de la position syrienne, des sources de l'opposition affirment que l'impression donnée par le Premier ministre libanais que la Syrie serait prête à laisser tomber le Hezbollah est totalement fausse. Preuve en est que dimanche, au cours d'une cérémonie à Baalbeck en l'honneur de l'ambassadeur de Syrie, Ali Abdel Karim Ali, ce dernier aurait déclaré dans un discours, « revu en haut lieu à Damas » dit-on, que la résistance concerne la souveraineté de la Syrie.
Vendredi, les différentes positions devraient se clarifier. On sait déjà que le roi Abdallah sera à Beyrouth à 13h et qu'il y restera jusqu'à 18h. Pendant ces cinq heures, un déjeuner sera donné en son honneur à Baabda et il devrait rencontrer, outre le chef de l'État, le président de la Chambre et le Premier ministre. L'émir du Qatar devrait le suivre de peu et un dîner devrait être donné en son honneur à Baabda. La grande énigme reste le timing de la visite du président syrien. Walid Moallem aurait déclaré à l'adjoint politique de Nasrallah, Hussein Khalil, qu'il devrait se rendre à Beyrouth le 3 août. Mais si le roi Abdallah sait se montrer convaincant, qui sait ?...
Priorité à l'apaisement, en attendant les résultats des pourparlers entre d'abord le roi Abdallah d'Arabie et les dirigeants égyptiens et ensuite le même roi Abdallah et le président syrien Bachar el-Assad. Tel semble être le mot d'ordre actuel à Beyrouth où le Conseil des ministres prévu aujourd'hui devrait éviter soigneusement les dossiers conflictuels. Ceux-ci n'en restent pas moins très aigus et tournent essentiellement autour de l'acte d'accusation du TSL, attendu en automne. Le fossé reste énorme entre les positions des deux camps et, dans l'incapacité de parvenir à un accord, ils s'en sont remis aux dirigeants arabes.En attendant l'issue des contacts entre le roi et les présidents, la situation interne se...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut