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Moyen Orient et Monde - Nucléaire

L’Europe et le Canada durcissent les sanctions contre l’Iran

L’Europe et le Canada ont adopté hier des sanctions d’une ampleur sans précédent contre l’Iran et son secteur énergétique pour pousser Téhéran à reprendre les négociations sur son programme nucléaire controversé, une stratégie qui semble donner des résultats. En effet, l’Iran a transmis hier à l’AIEA une réponse aux interrogations occidentales concernant la proposition d’échange de combustible et s’est dit prêt à entamer des négociations.

La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, annonçant à la presse le nouveau train de sanctions décidées par l’UE. Jan Van de Vel/Reuters

L'Europe et le Canada ont adopté hier des sanctions d'une ampleur sans précédent contre l'Iran et son secteur énergétique pour pousser Téhéran à reprendre les négociations sur son programme nucléaire controversé, une stratégie qui semble commencer à payer. La décision de l'UE a été finalisée lors d'une réunion des ministres des Affaires étrangères à Bruxelles. Dans la foulée, le gouvernement canadien a annoncé des mesures d'une portée similaire. Les États-Unis et l'Australie les avaient précédés.
« Nous avons envoyé aujourd'hui un message puissant à l'Iran signifiant que son programme nucléaire constitue une source de profonde préoccupation pour nous », a déclaré la chef de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton. Le ministre canadien des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a dénoncé, lui, « le gouvernement agressif et irresponsable » en Iran, un pays « de plus en plus près de posséder l'arme nucléaire, menaçant ainsi la communauté internationale ».
La palette des mesures européennes et canadiennes transpose d'une part celles adoptées le 9 juin par le Conseil de sécurité de l'ONU, du fait du refus de l'Iran de suspendre ses activités d'enrichissement d'uranium, derrière lesquelles l'Occident voit malgré les dénégations de Téhéran les prémices de l'arme atomique. Mais elle va aussi beaucoup plus loin. L'Europe et le Canada s'en prennent en particulier au secteur des industries gazière et pétrolière. L'UE interdit à compter d'aujourd'hui tout nouvel investissement, assistance technique ou transferts de technologies, notamment pour le raffinage du brut et la liquéfaction de gaz. Ce domaine est sensible : l'Iran a beau être le quatrième producteur mondial de pétrole, il importe jusqu'à 40 % de son essence car il manque de capacités de raffinage pour satisfaire sa demande intérieure.
Outre l'énergie, le secteur iranien du transport de fret, par mer ou par air, sera durement frappé, les contrôles dans les ports européens ou en haute mer seront renforcés. Les échanges commerciaux doivent être rendus plus difficiles, l'activité de huit nouvelles banques iraniennes sera interdite, les transactions financières supérieures à 40 000 euros avec l'Iran sans autorisation spéciale seront prohibées et la liste de personnes privées de visa ou victimes de gels d'avoirs sera nettement étendue. Principale cible : les gardiens de la révolution, l'armée idéologique du régime.
« J'espère que l'Iran a reçu le message. Les pays européens sont ouverts à la négociation sur son programme nucléaire, mais s'il ne répond pas nous allons intensifier la pression », a prévenu hier le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague. Le secrétaire d'État français aux Affaires européennes, Pierre Lellouche, n'a « pas exclu » non plus que la pression soit encore accrue à terme si Téhéran n'assouplit pas sa position, tout en indiquant déceler « des signaux » positifs en faveur d'un retour prochain des Iraniens à la table des discussions.
De fait, l'Iran a transmis hier une réponse aux interrogations du groupe de Vienne (États-Unis, Russie, France) concernant la proposition d'échange de combustible nucléaire qu'il avait faite en mai aux côtés du Brésil et de la Turquie. Offre jugée à l'époque insuffisante par les grandes puissances. L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a indiqué avoir reçu cette missive. Et l'Iran s'est dit prêt à entamer des négociations à ce sujet, même s'il a prévenu via le porte-parole de son ministère des Affaires étrangères que les sanctions européennes « ne feront que compliquer la situation ».
Les réactions régionales n'ont pas tardé à fuser : la Turquie appliquera les sanctions votées par l'ONU contre l'Iran mais pas celles décidées par d'autres pays, a affirmé le ministre turc du Commerce, Mehmet Simsek ; Israël, lui, s'est félicité des nouvelles sanctions adoptées.
Par ailleurs, la Russie juge « totalement inacceptables » les critiques du président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, qui avait estimé que Moscou s'était fait le « porte-parole » des Occidentaux sur son programme nucléaire, a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères. « À la place d'une rhétorique stérile et irresponsable, le gouvernement iranien ferait mieux de prendre des mesures constructives pour régler la situation », a poursuivi le ministère.
L'Europe et le Canada ont adopté hier des sanctions d'une ampleur sans précédent contre l'Iran et son secteur énergétique pour pousser Téhéran à reprendre les négociations sur son programme nucléaire controversé, une stratégie qui semble commencer à payer. La décision de l'UE a été finalisée lors d'une réunion des ministres des Affaires étrangères à Bruxelles. Dans la foulée, le gouvernement canadien a annoncé des mesures d'une portée similaire. Les États-Unis et l'Australie les avaient précédés.« Nous avons envoyé aujourd'hui un message puissant à l'Iran signifiant que son programme nucléaire constitue une source...
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