Les autorités aériennes chypriotes-turques, qui supervisent les vols entre la Turquie et la République turque de Chypre-Nord (RTCN, non reconnue par la communauté internationale), revendiquent de leur côté le contrôle de l'espace environnant et mettent en cause les contrôleurs de Nicosie qui, disent-ils, refusent de leur parler.
« On a eu quelques incidents graves » sur une série de 458 incidents de vol l'an dernier, contre 390 en 2006, explique M. Antoniades.
La zone de contrôle aérien attribuée à Nicosie, définie par l'Organisation de l'Aviation civile internationale (OACI), couvre une région de 173 000 km2 en Méditerranée orientale et concerne des vols desservant de nombreux pays. Mais quand un avion franchit la limite entre la zone de contrôle d'Ankara et celle de Nicosie, Ankara lui indique de basculer sur la fréquence de l'aéroport chypriote-turc d'Ercan, d'où une situation confuse de « double contrôle » pour les autorités aériennes de Nicosie. « On ne connaît pas les intentions de ces avions car ils ne nous parlent pas », déplore M. Antoniades. « C'est comme si une personne aux yeux bandés marchait dans une pièce où se trouvent d'autres gens. Il y a un fort risque qu'elle percute quelqu'un. »
Pour les contrôleurs aériens chypriotes-turcs, le problème vient plutôt du fait que leurs homologues chypriotes-grecs refusent tout contact avec eux, en dépit de l'accroissement du trafic des aéroports du nord de l'île. Pour Hasan Topaloglu, le chef de l'Aviation civile chypriote-turque, « la seule manière de surmonter ces problèmes serait de coopérer ». « Une coopération technique pour la sécurité du trafic, qui n'aurait aucun aspect politique », ajoute-t-il. D'après M. Topaloglu, les contrôleurs de chaque bord en sont pour l'instant réduits à écouter les transmissions radios de l'autre pour s'informer. « Nous sommes prêts à coopérer avec Chypre-Sud mais ils refusent », assure-t-il, ajoutant que ses contrôleurs entendaient parfois des obscénités visant les Chypriotes turcs sur la fréquence de Nicosie. Selon lui, les autorités chypriotes-grecques doivent accepter le fait que deux millions de passagers transitent chaque année par les aéroports chypriotes-turcs de l'île, parmi lesquels 35 à 40 % de citoyens européens.


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