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Liban - Gabegie

Au Liban, nomination rime avec confession dans l'administration publique

Au Liban, où le partage du pouvoir entre confessions est d'une extrême sensibilité, il est utopique de vouloir devenir ambassadeur à Washington si vous êtes chiite, diplomate à Londres en tant que maronite, ou encore d'hériter d'un grand ministère si vous êtes catholique. C'est par ces mots qu'un ancien diplomate résume la tradition de partage des postes de l'administration publique, du corps diplomatique, de l'armée et d'autres hautes fonctions entre les 18 confessions du pays. "Des ambassades, des ministères dits régaliens (Affaires étrangères, Intérieur, Finances, Défense) sont devenus la propriété de certaines confessions et personne ne peut changer cet état des choses", affirme à l'AFP ce diplomate à la retraite sous couvert de l'anonymat. Après une guerre civile (1975-1990) à caractère confessionnel, la nouvelle Constitution a consacré la parité entre chrétiens et musulmans au sein du Parlement de 128 sièges.

Au fil des ans, notamment après la guerre civile, le confessionnalisme au Liban s'est étendu aux postes de première catégorie, voire aux catégories moindres.

Une tradition qui date de l'indépendance (1943) veut par ailleurs que le président de la République soit maronite, le Premier ministre sunnite et le chef du Parlement chiite, mais aucun article de la Constitution ne stipule la répartition des postes de la fonction publique sur base confessionnelle.
Au fil des ans, notamment après la guerre civile, le confessionnalisme toutefois s'est étendu aux postes de première catégorie, voire aux catégories moindres.
"Les quotas confessionnels ont pris davantage d'importance. C'est devenu criant", dit l'ambassadeur, qui a passé 40 ans dans le corps diplomatique.
Parmi les "sacro-saints" postes attribués par tradition aux différentes confessions figurent ceux de recteur de l'Université libanaise (chiite), de chef de l'armée (maronite), de chef des Forces de sécurité intérieure (sunnite) ou encore de chef de la Sûreté générale (chiite).
À la banque centrale, on est même arrivé à contenter tout le monde ou presque: le gouverneur est maronite, le premier vice-gouverneur chiite, le deuxième druze, le troisième sunnite et le quatrième... appartient à l'Église arménienne.
"J'ai attendu pendant huit ans avant d'être affecté à un poste parce qu'on m'avait dit qu'il n'y avait pas assez de postes vacants pour les maronites", a affirmé à l'AFP un autre diplomate sous couvert de l'anonymat.
Mais le problème n'est pas uniquement confessionnel, il est exacerbé par le népotisme et le clientélisme courant dans le milieu politique. Depuis des mois, voire des années, une cinquantaine de postes d'ambassadeurs, comme celui au Brésil où vivent des centaines de milliers de Libanais, de juges ou de hauts fonctionnaires n'ont toujours pas été pourvus, en raison de "marchandage" entre les différentes parties politiques.
"C'est comme du troc", a expliqué à l'AFP le chercheur Mohammad Chamseddine, d'"Information International", une société de consultants basée à Beyrouth.
En avril, le gouvernement d'union de Saad Hariri a approuvé un mécanisme pour effectuer les nominations indépendamment des influences politico-religieuses, mais celles-ci se font toujours attendre.
Selon M. Chamseddine, "l'enracinement de ces habitudes montre que les séquelles de la guerre n'ont pas été effacées".
Plusieurs appels à la déconfessionnalisation ont été lancés au cours des dernières années, sans compter un timide mouvement laïque, en vain.
Mais le système confessionnel a également ses défenseurs, comme père Toni Khadra, directeur de l'Union catholique internationale de la presse-Liban, qui encourage les chrétiens (35% de la population) à postuler dans la fonction publique. "Tant que les critères de compétences et de transparence prévus par la constitution ne sont pas appliqués, je suis en faveur du système confessionnel pour préserver l'équilibre et la diversité", dit-il.
Une tradition qui date de l'indépendance (1943) veut par ailleurs que le président de la République soit maronite, le Premier ministre sunnite et le chef du Parlement chiite, mais aucun article de la Constitution ne stipule la répartition des postes de la fonction publique sur base confessionnelle.Au fil des ans, notamment après la guerre civile, le confessionnalisme toutefois s'est étendu aux postes de première catégorie, voire aux catégories moindres."Les quotas confessionnels ont pris davantage d'importance. C'est devenu criant", dit l'ambassadeur, qui a passé 40 ans dans le corps diplomatique.Parmi les "sacro-saints" postes attribués par tradition aux différentes confessions figurent ceux de recteur de l'Université libanaise (chiite), de chef...
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