Vue générale d’un quartier d’Harf Soufiane, fief des rebelles dans la province d’Amrane, où des accrochages opposent depuis plusieurs jours rebelles chiites et tribus soutenues par l’armée.Photo AFP
Pour sa part, la rébellion a affirmé que les rebelles « affrontent l'armée, et non pas les tribus, comme veut le faire croire le gouvernement ». « Ce sont nos partisans et les tribus qui font face à l'armée, et non le contraire », a indiqué le porte-parole des Houthis, Mohammad Abdessalam, assurant que la rébellion était prête à « accepter une médiation officielle ou tribale pour un arrêt des hostilités à condition que nous ayons la garantie que nous ne serons pas de nouveau attaqués ».
Mardi, un dignitaire tribal, cheikh Zaïdane al-Moqannaï, son fils et quatre gardes du corps avaient été tués dans une embuscade tendue par des rebelles chiites dans la région de Mounabeh, au nord-ouest de Saada, le principal fief de la rébellion, selon l'agence officielle SABA. D'après le porte-parole des rebelles chiites, trois de ses partisans avaient péri dans l'accrochage, portant à 9 le nombre des tués dans l'embuscade de mardi à Mounabeh.
Les affrontements dans le nord du Yémen, où une fragile trêve est en vigueur depuis février, se sont récemment intensifiés entre les rebelles chiites et l'armée. La trêve a mis fin à la « Sixième guerre » entre les rebelles, qui dénoncent une marginalisation politique, sociale et religieuse, et l'armée, dans un conflit qui a fait depuis 2004 plusieurs milliers de morts et quelque 250 000 déplacés.
Ce regain de tension laisse craindre le déclenchement d'une septième guerre dans le nord du Yémen, pays également confronté à un mouvement séparatiste dans le sud et à un renforcement de la présence d'el-Qaëda. Hier, des membres présumés de la nébuleuse d'Oussama Ben Laden ont tendu une embuscade à une patrouille de l'armée yéménite, tuant cinq militaires dans la province de Chabwa (Sud-Est), bastion de la tribu de l'imam radical Anwar al-Aulaqi, considéré par Washington comme le chef d'el-Qaëda dans la péninsule Arabique.
Le chef de la police de la province de Chabwa, Ahmad al-Maqdachi, a attribué l'attaque aux « terroristes d'el-Qaëda, (agissant) avec l'aide de membres de mouvements séparatistes » du Sud-Yémen. Le responsable, qui s'exprimait dans une déclaration mise en ligne sur le site Internet almoatamar.net du Congrès populaire général (CPG), le parti au pouvoir à Sanaa, faisait allusion au Mouvement sudiste, un groupe séparatiste actif dans les provinces du Sud.
Le Yémen, considéré comme un sanctuaire pour les groupes extrémistes, a intensifié sa lutte contre el-Qaëda depuis fin décembre, après la revendication par ce groupe de l'attentat manqué du 25 décembre. Mais cela n'a pas empêché le groupe extrémiste de poursuivre ses attaques.
Le 14 juillet, une vingtaine de motocyclistes armés et cagoulés avaient attaqué les sièges des renseignements et de la sécurité de la province d'Abyan (Sud), tuant trois policiers. Les services de sécurité ont soupçonné el-Qaëda d'être derrière l'attentat. Le 19 juin, une attaque contre le siège des Renseignements à Aden, principale ville du sud du Yémen, qui a tué 11 personnes, dont sept membres des services de sécurité, avait été revendiquée par Aqpa, qui aurait réussi à libérer des prisonniers soupçonnés d'appartenance au réseau d'Oussam Ben Laden.

