Lors de son entretien avec le député Mohammad Raad, le chef de l’État a souligné la nécessité de calmer le jeu sur le plan interne. Photo Dalati et Nohra
Les développements en rapport avec cette escalade verbale ont été passés en revue au cours de la réunion que le président Sleiman a tenue hier au palais de Baabda avec le Premier ministre Saad Hariri qui lui a en outre exposé les résultats de la visite de vingt-quatre heures qu'il a effectuée dimanche dernier à Damas. Le chef du gouvernement a conféré, rappelle-t-on, à trois reprises avec le président syrien Bachar el-Assad. L'une de ces réunions s'était tenue en présence du ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu.
Parallèlement à ses concertations avec le Premier ministre, le chef de l'État a également reçu dans la journée d'hier l'ancien Premier ministre et chef du bloc parlementaire du Courant du futur, Fouad Siniora, le chef du Courant patriotique libre, le général Michel Aoun, et le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, le député Mohammad Raad. Selon un communiqué du bureau de presse de la présidence de la République, le président Sleiman a mis l'accent au cours de ces trois entretiens sur la nécessité de calmer le jeu sur la scène locale et de mettre une sourdine aux polémiques et aux surenchères afin de « préserver la stabilité au plan interne, plus particulièrement durant cette saison touristique qui se répercute positivement sur l'économie libanaise ».
Amal appelle à l'unité interne
Il convient d'indiquer dans ce contexte que les dirigeants du mouvement Amal ont adopté au cours des dernières quarante-huit heures un ton apaisant, appelant à l'unité et la concorde internes. De Genève où il participe à un congrès parlementaire international, le chef du législatif et leader du mouvement Amal, Nabih Berry, a souligné qu'il n'était nullement inquiet quant à l'évolution de la situation dans le pays, affirmant dans ce cadre qu'il ne prévoyait pas de guerre régionale et qu'il fallait « s'occuper de nos problèmes socio-économiques ».
De son côté, le député Ali Khreiss, membre du bloc parlementaire du mouvement Amal, a souligné que « l'unité nationale constitue le facteur qui est susceptible d'empêcher l'entité sioniste d'atteindre ses objectifs ». « L'ennemi israélien mise sur nos dissensions internes, a-t-il déclaré. Nous devons donc renforcer notre unité et éviter la désunion qui porte préjudice à la stabilité. »
Le député Tammam Salam a abondé dans le même sens. Au terme d'un entretien avec l'ancien Premier ministre Sélim Hoss au bureau de ce dernier à Aïcha Bakkar, M. Salam a notamment souligné que « c'est en renforçant notre unité interne qu'il nous sera possible de faire face aux dangers qui pointent à l'horizon ». Mettant en garde contre une détérioration de la situation dans la région, M. Salam a déploré que le front interne soit aussi désuni dans un contexte aussi explosif. « Nous appelons tous les leaders et toutes les forces politiques, sans exception, à contrôler le discours politique et à juguler la tension afin de consolider l'unité des rangs sur le plan national », a souligné M. Salam. Et le député de Beyrouth d'ajouter, dans une allusion à peine voilée aux attaques de Nasrallah contre les FSI : « Il n'est nullement utile de semer le doute sur nos services (de sécurité) internes et sur l'institution de l'État dans les circonstances présentes. »

