Les EAU avaient expulsé, à partir de juin 2009, près de 120 familles libanaises chiites sans préavis et sans passer par aucune procédure juridique.
« Cela fait maintenant plus d'un an que les EAU ont expulsé des centaines de Libanais et de Gazaouis sans justification, a indiqué la directrice de Human Rights Watch, Sarah Leah Whitson. Les EAU devraient accorder à ces familles, dont plusieurs d'entre elles ont vécu aux émirats pendant des décennies, le droit de faire appel de la décision. »
Interrogés par HRW, neuf Libanais qui ont été déportés ont confié à l'association qu'ils ont été « arbitrairement expulsés, sans aucune explication ni possibilité de recours ». Certains d'entre eux ont affirmé avoir été des résidents légaux aux émirats, d'autres y ont vécu pendant près de 30 ans et y possédaient des maisons et des affaires. Certains ont perdu des sommes d'argent importantes suite à leur expulsion qui s'est faite en toute hâte.
Mme Whitson a relevé que le gouvernement libanais avait soulevé l'affaire auprès des autorités des EAU à plusieurs reprises au cours de l'année écoulée . En octobre dernier, le président de la Chambre, Nabih Berry, s'était rendu aux émirats pour faire part de ses préoccupations au président, cheikh Khalifa ben Zayed al-Nahyane.
« Malgré les assurances qui ont été données par les autorités concernées qui s'étaient engagées auprès des officiels libanais à revoir ce dossier au cas par cas, aucune des personnes interrogées par HRW n'a obtenu des informations additionnelles », a précisé la responsable.
Dans sa lettre, l'association a appelé le gouvernement des EAU à annoncer publiquement les mesures à prendre par les personnes expulsées pour leur permettre de faire appel de la décision de leur expulsion et de définir l'instance qui sera chargée de leur recours, ainsi que la base sur laquelle elle prendra sa décision. Et la HRW d'appeler les autorités émiraties à suspendre toute prochaine opération d'expulsion prévue à l'avenir, en attendant les résultats des recours présentés.

