Rechercher
Rechercher

Culture - Festival De Byblos

Caetano Veloso, une autre voix du Brésil

Plus de 40 ans de carrière au compteur et une voix toujours fabuleuse, une allègre présence sur scène et un goût du renouvellement constant... Caetano Veloso a réellement impressionné le public de Byblos.

Guitare en bandoulière, Caetano Veloso était accompagné de trois jeunes musiciens. (Press Photo)

Un public composé en grande partie d'étrangers : Espagnols, Portugais, Italiens et, bien sûr, Brésiliens et Libanais du Brésil. Dans les gradins, on avait l'impression d'être dans une tour de Babel, tellement on entendait de langues, d'accents et de sonorités différentes. Sur scène, c'était bien évidemment le portugais qui dominait avec Caetano Veloso, artiste majeur du Brésil, qui a offert aux festivaliers de Byblos une performance, plutôt inédite, de pop-rock à la sauce samba, relevée d'une pointe de bossa-nova.
Les amateurs de musique brésilienne «classiquement chaloupée» s'en sont trouvés désemparés. Certains - pas très nombreux - ont même carrément quitté le concert assez rapidement. Ceux qui ont eu la curiosité de rester ont, eux, découvert une autre musique du Brésil. Plus moderne et expérimentale, avec un son rock et des riffs de guitares somptueux. Car, plutôt qu'un traditionnel best-of, Caetano Veloso avait pris le risque de privilégier le répertoire rock-samba de ses derniers albums Cê et Zii et Zie qui signifie, paraît-il, en italien - allez savoir pourquoi ! - Oncles et tantes.
D'ailleurs, c'est accompagné du jeune groupe avec qui il a enregistré ces deux opus, à savoir le guitariste Pedro Sa, le percussionniste Marcelo Callado et le bassiste Ricardo Dias Gomes, que Caetano Veloso s'est produit à Byblos.
Monté sur scène à 21h00 tapantes, mince silhouette en polo orange sur jeans beige, cheveux plutôt sel que poivre, fines lunettes et guitare en bandoulière, Caetano Veloso offrira 90 minutes d'énergie cool sans interruption. Un concentré de zébrures électroniques et de guitares caribéennes, pour une sorte de «transamba», qui appuie sa voix restée exceptionnelle malgré ses 69 ans. Une voix aux modulations impressionnantes qui monte tantôt dans les aigus au point de jouer - volontairement - les falsettos (voix de fausset) avant de redescendre délicatement, pour reprendre le morceau en toute puissance et clarté. Une voix et des musiciens servis, il faut le signaler, par une sono à la qualité très satisfaisante.

De Guantanamo à Cucurrucucu
Et même si on ne pipait mot de ses - évidentes - chansons à texte, en portugais, les sonorités multiples conjuguées aux images - parfois psychédéliques - qui défilaient sur un écran géant en fond de scène compensaient en donnant l'atmosphère du morceau. C'était le cas notamment pour le très percussif et engagé Base de Guantanamo avec ses vues de Cuba, pour le rythmé Lapa, minha inspiração qui évoque, images à l'appui, l'un des quartiers les plus animés de Bahia d'où est originaire Caetano, ou encore pour Maria Bethania, «une lettre mise en chanson, comme un appel au secours que j'avais envoyé, en 1971, lorsque j'étais en exil à Londres, à ma sœur, Maria Bethania, elle aussi chanteuse», explique au public ce contestataire dans l'âme. Qui ne s'est, cependant, pas montré très bavard au cours de ce concert n'introduisant, mis à part l'évocation précédente, aucun de ses titres avant de les interpréter.
Dommage! Un peu plus de commentaires ou d'indications au public aurait été bienvenu. Le chanteur brésilien compensera, par contre, par une gestuelle délibérément emphasée, dans un esprit comique.
Et puis, parmi les moments phares de cette soirée, le magnifique et nostalgique Cucurrucucu Paloma (qu'il avait repris dans le fameux Parle avec elle d'Almodovar), qu'il chante avec douceur et limpidité en grattant sa guitare en solitaire et dans lequel il donne toute l'étendue de sa voix de tête.
Si tout au long du concert, seuls les «initiés» réagissaient avec enthousiasme au répertoire de Veloso, à la fin de sa performance, c'est tout le public qui se lève pour saluer chaleureusement un artiste qui cultive, encore et toujours, fraîcheur et curiosité musicale.
Un public composé en grande partie d'étrangers : Espagnols, Portugais, Italiens et, bien sûr, Brésiliens et Libanais du Brésil. Dans les gradins, on avait l'impression d'être dans une tour de Babel, tellement on entendait de langues, d'accents et de sonorités différentes. Sur scène, c'était bien évidemment le portugais qui dominait avec Caetano Veloso, artiste majeur du Brésil, qui a offert aux festivaliers de Byblos une performance, plutôt inédite, de pop-rock à la sauce samba, relevée d'une pointe de bossa-nova. Les amateurs de musique brésilienne «classiquement chaloupée» s'en sont trouvés désemparés. Certains - pas très nombreux - ont même carrément...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut