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Moyen Orient et Monde - Nucléaire

L’Iran est « proche » de la bombe, estime Moscou

Moscou a encore durci le ton contre Téhéran. Hier, le président russe Dmitri Medvedev a accusé l’Iran d’être proche du « potentiel qui, en principe, peut être utilisé pour créer une arme nucléaire ».

Le président russe ne s’est pas montré tendre avec l’Iran. Sergey Ponomarev/pool/Reuters

« L'Iran est proche d'avoir le potentiel qui, en principe, peut être utilisé pour créer une arme nucléaire », a affirmé le président russe, Dmitri Medvedev, cité par l'agence Interfax, au cours d'une réunion hier à Moscou avec les ambassadeurs de Russie. Cette déclaration témoigne une nouvelle fois du durcissement de la position de la Russie à l'égard de l'Iran et de son programme nucléaire controversé, alors que les deux pays entretenaient traditionnellement de bonnes relations. Selon Interfax, M. Medvedev a regretté qu'un tel potentiel ne constitue pas en soi une violation du Traité de non-prolifération nucléaire : « C'est l'un des problèmes », a-t-il estimé, jugeant par ailleurs que « la partie iranienne ne se comportait pas de la meilleure des manières ».
Moscou a voté en juin, avec les autres grandes puissances du Conseil de sécurité de l'ONU, en faveur d'une quatrième série de sanctions financières et militaires contre Téhéran en raison du refus iranien de suspendre ses activités nucléaires sensibles, en particulier l'enrichissement d'uranium. Les sanctions « ont un sens, c'est un signal destiné à stimuler le processus de négociations. Maintenant, il faut de la patience et une reprise rapide du dialogue avec Téhéran », a relevé par ailleurs le président russe. « Si la diplomatie laisse passer cette chance, ce sera un échec collectif », a averti M. Medvedev. « Nous appelons systématiquement Téhéran à faire preuve de l'ouverture et de la coopération nécessaires avec l'AIEA » (l'Agence internationale de l'énergie atomique), a-t-il encore souligné.
L'Iran, qui affirme que son programme nucléaire a un objectif strictement pacifique, a fait savoir la semaine dernière qu'il pourrait, sous condition, reprendre en septembre le dialogue avec le groupe 5+1 (États-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne). Dimanche, Téhéran a par ailleurs affirmé avoir produit environ 20 kilos d'uranium enrichi à 20 %, défiant ainsi la communauté internationale. « Nous (...) travaillons à produire des plaques de combustible », a déclaré le chef du nucléaire iranien, Ali Akbar Salehi, à l'agence ISNA. L'uranium enrichi peut servir de combustible pour alimenter des réacteurs nucléaires, mais aussi pour créer le noyau fissible d'une bombe atomique. M. Salehi a répété que d'ici à septembre 2011, l'Iran pourrait par lui-même « livrer le combustible nécessaire au réacteur de recherche de Téhéran ».
Parallèlement, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré à une chaîne de télévision américaine que des « régimes irrationnels » tels que l'Iran ne peuvent être autorisés à posséder des armes nucléaires et que ce serait une erreur de croire que les ambitions de Téhéran peuvent être contenues. M. Netanyahu a affirmé lors de l'émission « Fox News Sunday » que l'Iran « poursuit ses efforts pour se doter d'armes nucléaires », ce qu'il a jugé de « très, très dangereux », ajoutant que « c'est la menace terroriste suprême d'aujourd'hui ». Il n'a pas voulu dire s'il se fixait une date-limite pour laisser la diplomatie suivre son cours avec l'Iran. « Nous nous réservons toujours le droit de nous défendre », a-t-il répondu. M. Netanyahu a éludé une question sur la création d'une zone dénucléarisée au Proche-Orient, mais il a accusé l'Iran, l'Irak et la Libye de violer le Traité de non-prolifération.
« L'Iran est proche d'avoir le potentiel qui, en principe, peut être utilisé pour créer une arme nucléaire », a affirmé le président russe, Dmitri Medvedev, cité par l'agence Interfax, au cours d'une réunion hier à Moscou avec les ambassadeurs de Russie. Cette déclaration témoigne une nouvelle fois du durcissement de la position de la Russie à l'égard de l'Iran et de son programme nucléaire controversé, alors que les deux pays entretenaient traditionnellement de bonnes relations. Selon Interfax, M. Medvedev a regretté qu'un tel potentiel ne constitue pas en soi une violation du Traité de non-prolifération nucléaire : « C'est l'un des problèmes », a-t-il...
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