Le président russe ne s’est pas montré tendre avec l’Iran. Sergey Ponomarev/pool/Reuters
Moscou a voté en juin, avec les autres grandes puissances du Conseil de sécurité de l'ONU, en faveur d'une quatrième série de sanctions financières et militaires contre Téhéran en raison du refus iranien de suspendre ses activités nucléaires sensibles, en particulier l'enrichissement d'uranium. Les sanctions « ont un sens, c'est un signal destiné à stimuler le processus de négociations. Maintenant, il faut de la patience et une reprise rapide du dialogue avec Téhéran », a relevé par ailleurs le président russe. « Si la diplomatie laisse passer cette chance, ce sera un échec collectif », a averti M. Medvedev. « Nous appelons systématiquement Téhéran à faire preuve de l'ouverture et de la coopération nécessaires avec l'AIEA » (l'Agence internationale de l'énergie atomique), a-t-il encore souligné.
L'Iran, qui affirme que son programme nucléaire a un objectif strictement pacifique, a fait savoir la semaine dernière qu'il pourrait, sous condition, reprendre en septembre le dialogue avec le groupe 5+1 (États-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne). Dimanche, Téhéran a par ailleurs affirmé avoir produit environ 20 kilos d'uranium enrichi à 20 %, défiant ainsi la communauté internationale. « Nous (...) travaillons à produire des plaques de combustible », a déclaré le chef du nucléaire iranien, Ali Akbar Salehi, à l'agence ISNA. L'uranium enrichi peut servir de combustible pour alimenter des réacteurs nucléaires, mais aussi pour créer le noyau fissible d'une bombe atomique. M. Salehi a répété que d'ici à septembre 2011, l'Iran pourrait par lui-même « livrer le combustible nécessaire au réacteur de recherche de Téhéran ».
Parallèlement, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré à une chaîne de télévision américaine que des « régimes irrationnels » tels que l'Iran ne peuvent être autorisés à posséder des armes nucléaires et que ce serait une erreur de croire que les ambitions de Téhéran peuvent être contenues. M. Netanyahu a affirmé lors de l'émission « Fox News Sunday » que l'Iran « poursuit ses efforts pour se doter d'armes nucléaires », ce qu'il a jugé de « très, très dangereux », ajoutant que « c'est la menace terroriste suprême d'aujourd'hui ». Il n'a pas voulu dire s'il se fixait une date-limite pour laisser la diplomatie suivre son cours avec l'Iran. « Nous nous réservons toujours le droit de nous défendre », a-t-il répondu. M. Netanyahu a éludé une question sur la création d'une zone dénucléarisée au Proche-Orient, mais il a accusé l'Iran, l'Irak et la Libye de violer le Traité de non-prolifération.


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