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Moyen Orient et Monde - France

Malgré le scandale Bettencourt, Sarkozy exclut un remaniement

Le camp du président de la République dénonce les « méthodes fascistes » de certains organes de presse.

Pressé de s'expliquer, le président français Nicolas Sarkozy exclut tout remaniement ministériel immédiat après le scandale politico-fiscal Bettencourt qui l'atteint en même temps que son gouvernement et pourrait s'aggraver avec l'ouverture d'une enquête judiciaire. « Nous n'ajouterons pas à la crise économique et financière une crise politique. Nous ne cèderons pas à l'agitation », a déclaré hier le Premier ministre François Fillon. « Nicolas Sarkozy est maître de son calendrier, a-t-il ajouté, parce qu'il incarne l'autorité de la République, et cette autorité exige de ne pas céder aux intimidations et aux humeurs du jour. »
Devant les rebondissements qui se succèdent et l'annonce que la justice cherche à vérifier des allégations de financement politique illégal, le pouvoir veut temporiser alors que l'opposition, mais aussi certains membres de la majorité, comme l'ex-Premier ministre Alain Juppé, ont plaidé pour un « profond remaniement ». Confronté à une série de scandales, le chef de l'État a en outre déjà sacrifié dimanche dernier deux ministres de second plan, suspects d'utilisation abusive des deniers publics.
Nicolas Sarkozy ne semble pas enclin à s'exprimer rapidement alors qu'il a été mis en cause mardi pour la première fois personnellement. À l'origine, c'est son ministre du Travail, Éric Woerth, qui était accusé par l'ex-comptable de la milliardaire Liliane Bettencourt d'avoir reçu, en tant que trésorier du parti majoritaire UMP, 150 000 euros en liquide en mars 2007 pour financer la campagne de Nicolas Sarkozy. Mais lundi, dans une interview au site Mediapart, l'ex-comptable a assuré que M. Sarkozy avait reçu également des « enveloppes » d'argent par le passé de la part de la famille Bettencourt, héritière du groupe de cosmétiques L'Oréal. Mediapart est à l'origine de toute l'affaire par la publication le mois dernier d'enregistrements pirates de conversations entre Liliane Bettencourt et son conseiller financier, qui ont révélé la possibilité de fraude fiscale et ses liens avec le pouvoir actuel, notamment avec Éric Woerth.
C'est sur ce site d'information, spécialisé dans l'investigation, et sur certains organes de presse que les proches de Nicolas Sarkozy ont concentré hier une partie de leurs attaques, le chef du parti présidentiel UMP Xavier Bertrand parlant même de « méthodes fascistes ». Une accusation reprise dans les mêmes termes par une secrétaire d'État, Nadine Morano. Devant ces attaques, le responsable du site Mediapart, Edwy Plenel, ancien directeur de la rédaction du Monde, a annoncé le dépôt d'une plainte en diffamation contre les responsables de l'UMP. « Le journalisme, c'est l'honneur de la démocratie, la calomnie est de l'autre côté », a-t-il dit.
La justice a ouvert une enquête sur les éventuels dons en argent liquide évoqués par l'ex-employée des Bettencourt, et la police, qui l'a interrogée à deux reprises, cherche maintenant à confirmer ces affirmations.
Sans répondre sur le fond du dossier, la droite accuse aussi l'opposition socialiste de ne pas respecter la présomption d'innocence et de faire le jeu de l'extrême droite, prompte à entonner le refrain populiste du « tous pourris ».
Dans la soirée, « Éric Woerth a décidé de déposer plainte pour dénonciation calomnieuse auprès du tribunal de grande instance de Nanterre », a indiqué le ministère dans un communiqué, précisant ensuite à l'AFP qu'il s'agissait d'un dépôt de plainte contre X. « Il dénonce les accusations mensongères dont il a fait l'objet, en particulier concernant la réception de fonds en espèces aux fins de financement illégal d'activité politique », a indiqué le ministère.
Pressé de s'expliquer, le président français Nicolas Sarkozy exclut tout remaniement ministériel immédiat après le scandale politico-fiscal Bettencourt qui l'atteint en même temps que son gouvernement et pourrait s'aggraver avec l'ouverture d'une enquête judiciaire. « Nous n'ajouterons pas à la crise économique et financière une crise politique. Nous ne cèderons pas à l'agitation », a déclaré hier le Premier ministre François Fillon. « Nicolas Sarkozy est maître de son calendrier, a-t-il ajouté, parce qu'il incarne l'autorité de la République, et cette autorité exige de ne pas céder aux intimidations et aux humeurs du jour. »Devant les...
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