L’entraîneur batave Bert Van Marwijk, à la tête de la sélection depuis deux ans, a su instaurer un style de jeu, une rigueur défensive et surtout un esprit d’équipe avec un même objectif : être champions du monde. Thomas Coex/AFP
Depuis le début de la compétition et même bien avant, dès le début de l'aventure des éliminatoires pour la Coupe du monde 2010, les Bataves, menés par le discret Bert Van Marwijk, ont aligné un impressionnant palmarès enchaînant les victoires pour arriver en Afrique du Sud avec un sans-faute. Après 32 ans, revoilà la Hollande en finale avec la manière. Les Oranje ont en effet aligné 6 victoires en 6 matches pour en arriver là.
Le secret de cette réussite réside dans le style de jeu imposé par le technicien batave que personne ne connaissait.
Crédibilité
Arrivé en poste en août 2008, Van Marwijk, 56 ans, n'a pas le charisme de son prédécesseur, l'ancien attaquant et triple Ballon d'or Marco Van Basten. Mais il tire sa légitimité aux Pays-Bas de sa victoire en Coupe de l'UEFA en 2002 à la tête du Feyenoord Rotterdam. Le Néerlandais a également été actif en Allemagne, au Borussia Dortmund. Et peu importe si cet ancien ailier gauche n'a connu qu'une seule sélection sous le maillot Oranje. Pour combler cette lacune, il s'est entouré d'adjoints qui ont connu le très haut niveau comme joueurs, Phillip Cocu et Frank de Boer.
Psychologie
« Si l'on veut atteindre un objectif, il faut d'abord s'en fixer un, puis y croire à 100 %. » Quand il a pris en main la sélection Oranje, Van Marwijk a d'entrée confié « une mission » à ses joueurs : « devenir champions du monde ». « Depuis près de deux ans, tout le groupe travaille avec cet objectif à atteindre, cela aide à se transcender », affirme-t-il.
Héritage
En prenant la succession de Marco Van Basten, Van Marwijk avait eu le bon goût de saluer le « bien bel héritage » laissé par son prédécesseur. Il n'a pas bousculé son groupe en changeant de tactique. Il est resté fidèle au 4-2-3-1 instauré par « San Marco ». Les joueurs évoluent donc dans ce système depuis six ans déjà. Un rodage parfait. Là aussi tout est clair pour eux.
Défense
« Cette équipe sait attaquer, je vais maintenant lui apprendre à défendre », avait dit Van Marwijk en août 2008. En deux ans, il a réussi son pari. La formation Oranje est l'équipe européenne qui a concédé le moins de buts en phase qualificative (deux en huit matches). En Afrique du Sud, les Néerlandais ont concédé cinq buts (dont deux sur penalty) en six matches. Là où Van Basten avait tâtonné en testant une vingtaine de défenseurs, Van Marwijk a constamment fait confiance aux mêmes quatre arrières. Il a aussi rappelé Mark Van Bommel au poste de milieu défensif. Son gendre, en disgrâce sous Van Basten, a stabilisé l'équipe.
Discipline
Avec Van Basten, les feux follets offensifs Sneijder, Van der Vaart, Kuyt, Van Persie et Robben avaient parfois tendance à courir partout, se montrant très mobiles, donc déstabilisants pour l'adversaire, mais au détriment de l'équilibre de l'équipe. Avec Van Marwijk, c'est « chacun à sa place ». Et pas question pour les milieux défensifs Mark Van Bommel et Nigel de Jong de se trouver devant le ballon. Ce n'est pas à eux de créer le surnombre, mais aux arrières latéraux Giovanni Van Bronckhorst et Gregory Van der Wiel.
Calme
Selon Wesley Sneijder, « Bert Van Marwijk a apporté beaucoup de calme » à des joueurs parfois impétueux. « Quand je compare son attitude sur le banc par rapport à celle d'un Maradona ou d'un Dunga, il est extrêmement serein et cela déteint sur le groupe », dit Sneijder.
Gestion des ego
Dans un groupe composé de nombreuses stars évoluant dans les plus grands clubs, Van Marwijk impose son autorité par le dialogue. Il recadre ses joueurs dans l'intimité du vestiaire, ne lâche jamais de critique dans la presse. « Il nous a surtout appris à accepter les faiblesses de nos équipiers. Chacun joue dans le respect des qualités et des défauts de ses partenaires », explique Dirk Kuyt.

