D'après l'agence d'informations religieuses i.media, le pape pourrait publier "dans les prochains jours" un décret ("motu proprio") "durcissant les règles de l'Eglise" dans ce domaine.
Ainsi, selon i.media, le document "pourrait prévoir la réduction à l'état laïc des prêtres pédophiles et l'obligation pour l'évêque diocésain de dénoncer le prêtre coupable aux autorités civiles".
Cette révision interviendrait "à la demande du pape, qui fut lui-même inspirateur du texte faisant autorité en la matière, un motu proprio publié en 2001 par Jean-Paul II, à l'époque où Joseph Ratzinger était à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi, l'autorité compétente au Vatican pour "ces actes graves".
De son côté, le vaticaniste américain du National catholic reporter, John Allen, affirme également sur son blog que le Vatican travaille à "une révision" des règles en matière de pédophilie. Selon lui, ces changements porteraient sur les délais de prescription dans la loi canon pour les faits de pédophilie qui passeraient de 10 à 20 ans après l'accession à la majorité (18 ans) de la victime.
Selon John Allen, ces révisions ne bouleverseraient toutefois pas la pratique de l'Eglise catholique en la matière, mais "consolideraient" les procédures à appliquer.
Benoît XVI a déjà affirmé à plusieurs reprises que les coupables d'actes pédophiles devaient être soumis à la justice civile.
Interrogé par l'AFP, le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi, s'est refusé à confirmer ou infirmer ces informations.
En avril dernier, le Vatican avait pour la première fois publié sur son site la procédure à suivre en cas de sévices sexuels, précisant que les coupables devaient "toujours" être dénoncés à la justice, une façon de répondre aux accusations d'opacité de l'Eglise catholique.
Ce document officiel annonçait que de nouvelles dispositions étaient en préparation.
Depuis novembre 2009 et l'explosion du scandale en Irlande, où des centaines d'enfants ont été victimes pendant des décennies d'agissements de prêtres couverts par leur hiérarchie, des cas de pédophilie ont également été révélés dans plusieurs autres pays d'Europe et aux Etats-Unis.
Le pape a depuis présenté ses excuses, reconnu que l'Eglise était responsable et rencontré des victimes.

