À la fin de la semaine dernière, rappelle-t-on, Okab Sakr avait adressé des critiques aux services de renseignements de l'armée, accusant certains officiers des SR de faire filtrer à des médias déterminés des indications tronquées et erronées au sujet de certains dossiers. M. Sakr avait notamment cité sur ce plan des indications rapportées par des « sources sécuritaires » au sujet de l'affaire du cadre technique de la société alfa et des circonstances et des causes de l'explosion qui s'était produite à Zahlé à la veille de la visite du patriarche maronite, le cardinal Nasrallah Sfeir, dans la ville.
Répondant d'une manière à peine voilée à M. Sakr, sans le citer, Nawaf Moussaoui a dénoncé « les factions politiques qui s'en prennent aux médias qui ont rapporté des détails se rapportant à l'agent (israélien) travaillant à la société alfa ». Soulignant que ceux qui critiquent ces médias « désirent occulter la vérité » au sujet de l'affaire du cadre d'alfa, M. Moussaoui a affirmé dans ce cadre son refus « des tentatives visant à juguler l'action de l'armée et de ses services de renseignements au niveau des poursuites engagées contre les agents » (israéliens).
S'adressant, à Khiam, à une délégation de correspondants de presse syriens et turcs, M. Moussaoui s'est élevé contre ceux qui « tentent de susciter des susceptibilités confessionnelles afin d'étouffer l'affaire d'un agent dangereux que les services de l'armée ont dévoilé ». « La campagne injuste lancée contre l'armée libanaise en raison de ses efforts dans les poursuites engagées contre cet agent dévoile la volonté de certaines forces politiques d'étouffer la vérité sur ce plan », a déclaré M. Moussaoui qui a affirmé que le Hezbollah s'opposera aux tentatives de « juguler l'armée et ses services dans la lutte contre les agents d'Israël ».
Dans un discours prononcé hier à Tyr, M. Moussaoui a repris cette même argumentation, affirmant que « ce sont les informations filtrées à la presse (au sujet du cadre d'alfa) qui ont empêché certaines factions d'étouffer l'affaire, comme elles avaient l'intention de le faire ». « Si des critiques doivent être adressées à des services de sécurité, ce n'est sûrement pas aux renseignements de l'armée qu'elles doivent l'être, mais plutôt à d'autres services sécuritaires qui ont interrompu leurs poursuites contre les agents (d'Israël), lesquelles n'ont été lancées que durant la période électorale », a affirmé M. Moussaoui.
La riposte de Okab Sakr
Répondant au député du Hezbollah, sans le nommer, Okab Sakr a déclaré : « Nous avons mis l'accent sur les graves failles se rapportant aux informations filtrées à la presse, concernant des informations secrètes relatives aux investigations menées par les services de sécurité. Les indications filtrées à la presse rapportaient des faits erronés et fabriqués de toutes pièces, portant préjudice au paysage politique dans le pays et à l'unité nationale, de même qu'ils portent atteinte aux enquêtes sécuritaires, ce qui constitue un cadeau gratuit offert aux agents et aux hors-la-loi. Alors que nous dénoncions ces débordements, le génie de l'un de ceux qui sont perpétuellement perturbés a donné naissance, comme à son accoutumée, à une théorie sur la traîtrise qu'un esprit sain ou conscient des règles élémentaires du droit peut difficilement assimiler. »
Et Okab Sakr d'ajouter : « Ceux qui avancent cette théorie prétendent qu'en nous opposant aux informations qui sont filtrées à la presse et qui sont erronées et fabriquées de toutes pièces, notre objectif est de dévier l'enquête de son cours normal et de permettre à l'accusé d'échapper à la justice. Ces propos tenus par celui qui tire profit, peut-être, de la falsification des faits relèvent de la naïveté. »


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