« Cette étude représente un pas important dans notre compréhension de la génétique de la longévité exceptionnelle aussi bien que du vieillissement », souligne Paola Sebastiani, professeur de biostatistique à l'Université de Boston et principal coauteur de cette recherche parue hier dans la revue américaine Science. Elle montre que la génétique joue un rôle-clé chez les personnes vivant jusqu'à cent ans et plus, ce qui ne minimise pas pour autant l'influence des facteurs environnementaux et du mode de vie.
Analysant le génome de plus d'un millier de sujets âgés de cent ans et plus, les chercheurs ont découvert 150 variantes d'environ 70 gènes, fréquentes chez des sujets ayant une très grande longévité comparativement au reste de la population.
Les centenaires - une personne pour 6 000 dans les pays industrialisés - sont un exemple idéal du bon vieillissement, car ils ne contractent des maladies liées à l'âge (cancer, affections cardio-vasculaires, démence...) qu'au-delà de 90 ans, relèvent les auteurs de la recherche.
« Cette méthode analytique pourrait s'avérer utile pour la prévention et la détection de nombreuses maladies ainsi que pour des traitements ciblés », juge le professeur Thomas Perls, spécialiste de gériatrie à l'Université de Boston et coauteur des travaux.
L'équipe de recherche a pu isoler 19 groupes génétiques spécifiques liés à la longévité, qui caractérisent 90 % des centenaires étudiés. Ils ont découvert que 45 % des « supercentenaires » (110 ans et plus, soit une personne pour sept millions) avaient dans leur génome le plus grand nombre de marqueurs génétiques liés à la longévité.
La longévité s'expliquerait donc surtout par la présence de ces 150 variantes génétiques qui neutraliseraient les gènes accroissant le risque de maladies. On pensait généralement jusqu'ici que c'était l'absence de gènes prédisposant aux maladies qui favorisait la longévité. Ce modèle a des limites, puisque dans 23 % des cas, il ne permet pas de prédire qui vivra centenaire, montrant, selon ces chercheurs, l'importance des facteurs environnementaux et du mode de vie.


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