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Liban - Espionnage

Murr dénonce une « amplification disproportionnée » de l’affaire du technicien arrêté

L'ampleur qu'a prise ces jours derniers jours l'affaire du technicien de l'opérateur alfa arrêté pour espionnage au profit d'Israël, nourrie principalement par les déclarations de responsables du Hezbollah, a poussé hier le ministre de la Défense à y mettre un bémol, dénonçant une « amplification disproportionnée » des informations à ce sujet.
Interrogé sur cette affaire à la suite d'une réunion de la commission ministérielle chargée de l'examen de l'accord judiciaire entre le Liban et la France, Élias Murr a déclaré : « Un espion est un espion. Il peut être employé dans une société de téléphonie mobile, comme il aurait pu être un fonctionnaire de l'État ou autre chose. »
Et d'ajouter : « Ce qui est délicat dans l'affaire, c'est qu'il est justement employé chez un opérateur de téléphonie mobile. Mais je ne veux m'en prendre à aucun média en particulier et je considère qu'il est naturellement du droit de chacun de faire part des informations dont il dispose. Au final, je ne saurais imputer à un quelconque média une part de responsabilité dans cette affaire. »
« Cependant, a-t-il poursuivi, mis à part le fait qu'il s'agit d'un espion israélien travaillant dans une société de téléphonie, tout ce qui a été écrit dans la presse ou dit à la télévision et à la radio à ce sujet n'est qu'analyse et spéculation. »
Il a indiqué avoir convoqué hier matin le directeur des services de renseignements de l'armée et son groupe de travail pour obtenir d'eux les informations dont ils disposent. « Il ne s'agit pas de l'enquête, car celle-ci est supervisée par le commissaire du gouvernement auprès du tribunal militaire. Elle devra prendre fin dans une semaine. La personne arrêtée sera déférée devant ce tribunal et les résultats de l'enquête pourront alors être à la disposition de tout le monde, y compris les avocats de la défense », a-t-il dit.
« J'ai été surpris par tout ce que j'ai vu et entendu dans les médias, a renchéri le ministre de la Défense. Se peut-il que les médias aient plus d'informations que moi ? Nous avons devant nous une semaine d'investigations, et ce que je peux certifier, c'est que le suspect ne sortira pas des locaux de la direction des renseignements avant que la vérité ne soit faite et que tous les détails, les réseaux auxquels il est lié et les informations qu'il a fournies à Israël ne soient précisés et consignés sous la supervision du parquet militaire ».
« Nous ne devrions pas amplifier l'affaire de façon disproportionnée, car de cette manière, nous faisons du tort à nous-mêmes et pas aux autres », a poursuivi M. Murr, soulignant que le technicien est « un espion ancien, pas nouveau, travaillant depuis plus de 15 ans avec Israël ».
Prié de dire si, à son avis, cette affaire aurait une incidence sur l'acte d'accusation du procureur auprès du Tribunal spécial pour le Liban, l'enquête internationale s'étant en partie fondée sur les télécommunications, M. Murr a répondu : « Cela fait partie des spéculations qui ont été faites. Ce que je veux dire à ce sujet, c'est que nous sommes soucieux de la précision des informations, car il se pourrait qu'en vertu du protocole de coopération entre le Liban, les Nations unies et le TSL, la personne arrêtée soit convoquée avec les documents en sa possession par le procureur Daniel Bellemare. Le gouvernement devrait bien sûr se conformer à cette demande. Le cas échéant, il ne nous est pas possible de remettre une personne disposant de fausses informations. C'est pourquoi je certifie que l'enquête sera très précise dans cette affaire. »

Précisions d'alfa
De son côté, la société alfa a publié hier un communiqué indiquant que l'employé arrêté travaille dans la section technique en charge de l'entretien des appareils de liaison entre les stations du réseau cellulaire.
« Cela ne signifie pas qu'il faille minimiser l'importance des informations qu'il lui est possible de collecter », précise le communiqué.
L'opérateur exhorte par ailleurs « toutes les parties concernées à ne pas mêler le nom de la société à cette affaire délicate afin de préserver la réputation de ceux qui y travaillent et celle des abonnés ».
Toujours est-il qu'en dépit de la mise en garde du ministre de la Défense, l'ampleur de cette affaire continue d'enfler. Ainsi, l'agence al-Markaziya, citant une source des services de sécurité, affirmait hier que « jour après jour, apparaissent de nombreuses données ayant de graves répercussions sur l'ensemble de la situation libanaise ».
Selon la même source, ces données « permettent à Israël de mettre au point des plans à moyen et à long terme qu'il peut utiliser dans une éventuelle confrontation à venir avec le Liban ».

Sakr attaque les renseignements de l'armée
Par ailleurs, se fondant sur les informations et articles de presse au sujet de cette affaire et de celle de l'incendie mortel survenu dans la banlieue de Zahlé, le député Okab Sakr (Courant du futur) s'en est sévèrement pris hier, lors d'une conférence de presse, aux services de renseignements de l'armée, accusant certains officiers de ces services « d'induire l'opinion en erreur » et menaçant de les nommer.
S'agissant de l'affaire de l'espion présumé, M. Sakr a évoqué notamment des informations parues dans un journal koweïtien qui cite des sources de l'enquête affirmant que « l'affaire est très grave » et qu'« il faudra probablement en arriver à lever l'immunité de certaines personnes ».
« Ces propos émanant d'une source des services de sécurité constitue une accusation et une insulte tout au moins à l'ensemble de la Chambre des députés », a estimé M. Sakr.
« Tout d'abord, il faut préciser quelles sont les personnes dont l'immunité devrait être levée et qui a autorisé cette source à en parler. Pourquoi ne pas identifier ceux qui seraient impliqués ? Le fait de parler dans l'absolu de la levée de l'immunité est une manière de stigmatiser un camp tout entier ou même le Parlement dans son ensemble », a-t-il ajouté.
« Il faut qu'un terme soit mis aux activités des éléments miliciens infiltrés au sein des services de sécurité, faute de quoi nous devrions autoriser tous les Libanais à se faire justice par eux-mêmes », a lancé M. Sakr, appelant le commandant en chef de l'armée à ordonner une enquête à ce sujet.
« L'État et l'armée, que nous respectons, doivent assumer leurs responsabilités à ce sujet, faute de quoi je me verrais dans l'obligation de divulguer les noms des officiers et des employés qui propagent ces rumeurs », a-t-il menacé.
Au sujet de Zahlé, le député a reproché aux services de renseignements militaires d'avoir longtemps laissé courir le bruit qu'il s'agissait d'une explosion d'origine criminelle visant le patriarche maronite, Mgr Nasrallah Sfeir, et préparée par des intégristes de Majdel Anjar, « alors que cinquante minutes suffisaient à n'importe quelle enquête pour déterminer qu'il s'agissait en fait d'un incendie ».
Interrogé sur cette affaire à la suite d'une réunion de la commission ministérielle chargée de l'examen de l'accord judiciaire entre le Liban et la France, Élias Murr a déclaré : « Un espion est un espion. Il peut être employé dans une société de téléphonie mobile, comme il aurait pu être un fonctionnaire de l'État ou autre chose. »Et d'ajouter : « Ce qui est délicat dans l'affaire, c'est qu'il est justement employé chez un opérateur de téléphonie mobile. Mais je ne veux m'en prendre à aucun média en particulier et je considère qu'il est naturellement du droit de chacun de faire part des informations dont il dispose. Au final, je ne...
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