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Moyen Orient et Monde - Asie Centrale

La nouvelle Constitution approuvée au Kirghizistan

L'opposition conteste les résultats et accuse le gouvernement par intérim de « falsifications massives ».
Le Kirghizistan a approuvé à une écrasante majorité une nouvelle Constitution établissant une démocratie parlementaire dans cette petite république instable d'Asie centrale, selon des résultats provisoires publiés hier. La Constitution a été entérinée lors d'un référendum organisé dimanche quelques semaines à peine après des violences interethniques dans le Sud ayant fait des centaines de morts et déplacé plus de 400 000 personnes. Les électeurs kirghizes se sont prononcés à 90,59 % en faveur de la Constitution et à 8,04 % seulement contre, selon des résultats provisoires publiés par la Commission électorale sur son site Internet et portant sur 99,05 % des bureaux de vote. La consultation a été qualifiée de « victoire » par Rosa Otounbaïeva, présidente par intérim arrivée au pouvoir à l'issue d'un soulèvement début avril qui avait fait 87 morts et chassé le président Kourmanbek Bakiev. « Le peuple a mis un point final à l'époque de la gouvernance familiale et autoritaire », s'est-elle félicitée dans un communiqué dimanche.
La nouvelle Constitution devrait affaiblir considérablement le président au bénéfice du Parlement afin d'éviter la concentration du pouvoir dans les mains d'une seule personne. Environ 2,5 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes. Les autorités provisoires comptent beaucoup sur ces réformes pour stabiliser le pays qui a connu plusieurs vagues de violences ces derniers mois.
L'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a félicité hier le gouvernement par intérim pour la tenue « remarquablement pacifique » du vote, aucune violence n'ayant été constatée notamment à Och et Djalal-Abad, épicentres des tensions dans le Sud, mais a souligné que des « manquements » avaient été observés.
De leur côté, les chefs des partis d'opposition, interrogés par l'AFP, ont émis de sérieux doutes sur les résultats annoncés. « Je doute fort que les données de la Commission électorale correspondent à la réalité, étant donné que des observateurs de notre parti sur place donnent des informations contraires », a déclaré hier Adakhan Madoumarov, chef du parti Boutoun Kirghizstan, proche du président déchu Bakiev. L'ancien ministre de l'Intérieur et chef du parti Ata Jourt a jugé pour sa part que les chiffres étaient « irréels » et accusé le gouvernement par intérim de « falsifications massives ».
La Russie a exprimé des inquiétudes, le président Dmitri Medvedev estimant que la Constitution risquait d'attiser l'extrémisme. « Une république parlementaire au Kirghizistan pourrait encourager l'arrivée au pouvoir de forces extrémistes », a-t-il déclaré à l'issue du sommet du G20 au Canada, estimant nécessaire « un pouvoir fort » pour éviter l' « éclatement » de cette ex-république soviétique.
Le Kirghizistan a approuvé à une écrasante majorité une nouvelle Constitution établissant une démocratie parlementaire dans cette petite république instable d'Asie centrale, selon des résultats provisoires publiés hier. La Constitution a été entérinée lors d'un référendum organisé dimanche quelques semaines à peine après des violences interethniques dans le Sud ayant fait des centaines de morts et déplacé plus de 400 000 personnes. Les électeurs kirghizes se sont prononcés à 90,59 % en faveur de la Constitution et à 8,04 % seulement contre, selon des résultats provisoires publiés par la Commission électorale sur son site Internet et...
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