Chemises ouvertes laissant entrevoir des torses lisses, regards félins voire pharaoniques, des mannequins en herbe vêtus de collections occidentales ont foulé le podium devant parents et amis dans une atmosphère bon enfant, selon un journaliste de l'AFP couvrant l'événement. Sur fond de « ballades » des années 1980 ou de musique traditionnelle locale, de jeunes femmes en tenues de gala, classiques, leur ont emboîté le pas, aimantant les flashs des quelques photographes présents.
La police tenait la garde devant le club, mais après le défilé, les forces de l'ordre ont arrêté près de 25 jeunes hommes et femmes et les ont conduits au poste de police du quartier al-Diem, ont indiqué à l'AFP des personnes arrêtées. « En prison, les gardes m'ont traité de sale homosexuel, c'est une injure majeure dans notre pays. C'est humiliant », a dit à l'AFP sous le couvert de l'anonymat un des mannequins arrêtés, libéré vendredi matin.
La majorité des personnes interpellées ont été relâchées vendredi, mais plusieurs d'entre elles doivent comparaître bientôt. « Je ne sais pas ce qui va nous arriver. Les défilés de mode, c'est nouveau au Soudan, ce n'est pas comme à Paris, ils ne savent pas quoi faire avec nous », a ajouté ce mannequin.
« Notre cas ressemble à celui de Loubna », a ajouté un mannequin parlant sous le couvert de l'anonymat. La journaliste et activiste Loubna Ahmad al-Hussein avait été arrêtée en juillet 2009 dans un café de Khartoum et reconnue coupable d'avoir porté un pantalon qualifié « d'indécent » par la cour. La jeune femme avait toutefois échappé aux 40 coups de fouet, peine normalement requise pour les cas d'indécence.


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