Plus de quatre millions de Guinéens ont pu, cette fois, choisir leur président parmi 24 candidats, tous civils. Dans les quartiers populaires de Conakry, une foule enthousiaste mais disciplinée a envahi très tôt les bureaux de vote. « C'est le deuxième plus beau jour de ma vie après celui de mon mariage ! » assurait Abdoul Barry, 55 ans, imaginant déjà qu'un président civil apporterait « la liberté, la démocratie, le développement et un mieux être, quoi ! ».
Puis, à la mi-journée, le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Ben Sékou Sylla, a assuré que le scrutin « se passait bien », en dépit de « quelques manques de matériels et autres ». « L'engouement fait que nous sommes obligés de multiplier le nombre d'isoloirs et le nombre d'urnes Est), un enseignant, Amara Camara, a conclu avec enthousiasme : « Il y avait beaucoup de monde pour le vote, les gens sympathisaient entre adversaires politiques et les bureaux ont fermé dans l'allégresse. »
Dans ce scrutin très ouvert, trois candidats sont donnés favoris : les anciens Premiers ministres Cellou Dalein Diallo (2004-2006) et Sidya Touré (1996-1999), ainsi qu'un opposant à tous les régimes depuis l'indépendance, Alpha Condé. L'un d'eux, Cellou Dalein Diallo, a déclaré, dans l'après-midi, qu'il faudrait « respecter le choix des urnes, quel qu'il soit ». Il a également jugé que l'élection se déroulait « dans la transparence souhaitée ».
Les résultats provisoires ne devraient pas être connus avant mercredi. La proclamation des résultats définitifs est prévue dans les huit jours. Un second tour sera organisé le 18 juillet si aucun candidat n'a obtenu la majorité absolue.
Depuis 1958, la Guinée indépendante avait d'abord connu les 26 ans de règne du « président à vie » Ahmad Sékou Touré (1958-1984), durant lesquels au moins 50 000 personnes avaient été tuées ou avaient disparu selon Amnesty International. Puis Lansana Conté s'était imposé pour 24 années de régime militaire (1984-1958). Enfin, à la mort de Conté, fin 2008, des officiers putschistes conduits par le capitaine Moussa Dadis Camara avaient promis de faire le bonheur du « bas peuple », avant d'enfoncer le pays dans le marasme et la désolation.


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