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Moyen Orient et Monde - Éclairage

En Irak, les Américains sont en plein déménagement

Alors que le retrait doit être terminé le 1er septembre, les soldats US trient, envoient des conteneurs, détruisent ou donnent aux Irakiens.

Trente à quarante véhicules quittent chaque jour Camp Victory, selon des officiers américains. Un total de 3 500 véhicules sont sortis d’Irak pendant le mois de juin. Ahmad al-Rubaye/AFP

À deux mois du retrait de ses troupes de combat, l'armée américaine est en plein déménagement en Irak. Camp Victory, une base gigantesque près de l'aéroport de Bagdad, est un des huit sites en Irak où les soldats américains trient quantités de matériel qu'elle utilise depuis sept ans, dans le cadre d'un retrait qui doit être terminé le 1er septembre. Passée cette date, ne resteront en Irak que 50 000 troupes considérées comme « non combattantes » et qui devront avoir quitté le pays avant fin 2011.
Pour l'armée américaine, ce départ ne doit en aucun cas donner l'impression d'un « abandon » du pays, au moment où l'Afghanistan a pris la place de l'Irak sur le devant de la scène. « Nous ajustons la taille de nos forces », a sobrement déclaré dans un euphémisme le général Gus Perna, responsable de la logistique du retrait des troupes de combat. « Plus de 32 000 véhicules ont été retirés d'Irak depuis février 2009 ». Ils ont pris la route du Sud, en direction du Koweït, d'où ils ont été ramenés aux États-Unis ou redirigés sur l'Afghanistan. Par ailleurs, 800 000 pièces d'équipement ont déjà quitté l'Irak par conteneurs. Entre 50 et 70 conteneurs de 20 à 40 pieds partent chaque jour par camion vers le Koweït. Il y a actuellement 84 000 militaires américains en Irak, mais la décision du président américain Barack Obama de retirer les troupes de combat signifie que 34 000 hommes se préparent à partir.
Camp Victory est au centre des opérations de déménagement, en coordination avec quatre bases du nord de l'Irak, une dans l'ouest et les deux du sud, par où transite l'équipement qui doit sortir par bateau. Dans la base de la capitale, on compte environ une heure pour « traiter » chaque véhicule, c'est-à-dire pour le répertorier et décider de son affectation future. Le véhicule demeure entre trois et cinq jours à Camp Victory avant de prendre en convoi la route du Sud. Trente à 40 véhicules quittent chaque jour la base, selon des officiers américains. Si on prend en compte les autres bases, c'est un total de 3 500 véhicules qui sont sortis d'Irak en juin, soit le « meilleur score » mensuel cette année. « Plus de 60 % du déménagement a été effectué et il n'y a aucun problème à ce stade », a déclaré le général Mohammad al-Askari, porte-parole du ministère irakien de la Défense.
Du matériel d'une valeur estimée à 91,4 millions de dollars a d'ores et déjà été donné au gouvernement irakien, qui devrait hériter également de quantité de munitions, dont le déménagement n'est pas rentable.
Reste tout ce qui a été jugé « inutilisable » et que les Américains ont décidé de détruire, comme des dizaines d'ordinateurs et d'imprimantes réduits en miettes par un concasseur, ou de revendre, tels des camions militaires découpés sur la base puis rachetés par des ferrailleurs irakiens.
Ce retrait conséquent intervient alors que la situation n'est toujours pas apaisée en Irak, où les violences continuent de tuer des centaines d'Irakiens chaque mois. Mais Michael O'Hanlon, un expert de la Brookings Institution de Washington, se dit « optimiste ». « La fin de la "mission de combat" ne constitue dans une certaine mesure qu'un changement sémantique car les 50 000 militaires américains restants auront la capacité d'intervenir », a-t-il déclaré à l'AFP. « Le fait que nous demeurions depuis un an en dehors des villes laisse penser que le retrait est largement faisable », a-t-il ajouté.
La première étape du retrait avait consisté en la restitution aux forces irakiennes en juin 2009 du contrôle total de leurs villes et agglomérations.
À deux mois du retrait de ses troupes de combat, l'armée américaine est en plein déménagement en Irak. Camp Victory, une base gigantesque près de l'aéroport de Bagdad, est un des huit sites en Irak où les soldats américains trient quantités de matériel qu'elle utilise depuis sept ans, dans le cadre d'un retrait qui doit être terminé le 1er septembre. Passée cette date, ne resteront en Irak que 50 000 troupes considérées comme « non combattantes » et qui devront avoir quitté le pays avant fin 2011. Pour l'armée américaine, ce départ ne doit en aucun cas donner l'impression d'un « abandon » du pays, au moment où l'Afghanistan a pris la place de...
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