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Moyen Orient et Monde - Asie Centrale

Le Kirghizstan a voté dans le calme sur une nouvelle Constitution

Près de 70 % des électeurs se sont rendus aux urnes ; une grande majorité de la population aurait voté « oui », selon les premiers résultats.

Un Kirghiz vote au référendum sur la nouvelle Constitution sous le regard d’un militaire dans un village à quelques kilomètres de la capitale. Vyacheslav Oseledko/AFP

Le Kirghizstan a validé une nouvelle Constitution qui devrait l'aider à surmonter son instabilité politique et tourner la page sur les violences des derniers mois, a annoncé la présidente par intérim, Rosa Otounbaïeva, peu après le référendum d'hier. « Aujourd'hui est un jour très important, historique pour le pays. (...) La nouvelle Constitution a été adoptée en dépit des attaques sauvages de ses opposants », s'est-elle félicitée, deux heures après la clôture des bureaux de vote dans ce petit pays d'Asie centrale pauvre et instable. « Le monde entier a suivi attentivement le référendum et a pu voir que le Kirghizstan est un pays uni ! » s'est-elle félicitée.
Près de 70 % des électeurs se sont rendus aux urnes, a indiqué la commission électorale. « À notre joie et notre étonnement, on ne nous a pas signalé d'incident grave ou de plainte d'importance », a déclaré le président de la commission, Akilbek Sariev. Les résultats provisoires sont attendus ce matin, a-t-il dit, notant pour sa part qu'il était « tôt pour dire que la nouvelle Constitution est adoptée ».
Toutefois, les premiers résultats semblaient donner raison à la présidente. Le « oui » a obtenu 89,6 % des voix dans les 44,37 % des bureaux de vote qui avaient dépouillé leurs bulletins dans la soirée, selon le site de la commission.
Environ 2,5 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes. Les autorités provisoires comptent beaucoup sur ces réformes pour stabiliser le pays, qui a connu plusieurs vagues de violences ces derniers mois. La nouvelle Constitution devrait affaiblir considérablement le président au bénéfice du Parlement, afin d'éviter la concentration du pouvoir dans les mains d'une seule personne. « Le peuple a mis un point final à l'époque de la gestion autoritaire et familiale », a dit Mme Otounbaïeva en allusion aux précédentes présidences de Askar Akaïev et Kourmanbek Bakiev, tous deux renversés lors de soulèvements populaires.
Beaucoup d'observateurs locaux et étrangers avaient mis en garde contre la tenue de ce vote, alors que la situation demeure très précaire dans le sud du pays après les violences interethniques de la mi-juin, qui ont fait plusieurs centaines de morts selon un bilan provisoire. D'autres, comme le président russe Dmitri Medvedev, ont déclaré redouter une « division » du pays.
Les violences avaient poussé quelque 400 000 personnes à fuir leur domicile, dont beaucoup sont rentrées chez elles, mais font face à une situation humanitaire très difficile.
Historiquement, les relations entre la minorité ouzbèke (15 à 20 % de la population du Kirghizstan) et les Kirghiz sont tendues dans le Sud, notamment en raison des disparités économiques entre communautés.
La présidente a appelé ses concitoyens à rendre hommage aux victimes des violences de la mi-juin. « Notre devoir aujourd'hui est de leur rendre hommage et de faire renaître Och et Djalal-Abad (villes les plus touchées par les violences). Nous les rendrons plus belles et meilleures qu'avant la tragédie », a-t-elle lancé.
À l'occasion du vote, les autorités avaient temporairement levé samedi un couvre-feu imposé dans plusieurs zones du Sud à la suite des violences, mais il a été réintroduit dès hier soir, ont-elles indiqué.
Le « oui » au référendum, s'il est confirmé, devrait permettre de former un nouveau gouvernement qui restera en poste jusqu'aux élections législatives anticipées prévues en septembre. Leur date exacte sera prochainement annoncée. Mme Otounbaïeva pour sa part devrait remplir les fonctions de présidente jusqu'à la présidentielle prévue en octobre 2011.

Le Kirghizstan a validé une nouvelle Constitution qui devrait l'aider à surmonter son instabilité politique et tourner la page sur les violences des derniers mois, a annoncé la présidente par intérim, Rosa Otounbaïeva, peu après le référendum d'hier. « Aujourd'hui est un jour très important, historique pour le pays. (...) La nouvelle Constitution a été adoptée en dépit des attaques sauvages de ses opposants », s'est-elle félicitée, deux heures après la clôture des bureaux de vote dans ce petit pays d'Asie centrale pauvre et instable. « Le monde entier a suivi attentivement le référendum et a pu voir que le Kirghizstan est un pays uni ! » s'est-elle...
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