Ce différend est apparu au grand jour mardi dernier lors de la réunion des commissions conjointes au cours de laquelle le chef du bloc parlementaire du mouvement Amal, Ali Hassan Khalil, a tenté, mais en vain, de faire approuver une proposition de loi en vue de l'exploitation des ressources en hydrocarbures. Le débat a toutefois tourné court en raison d'un défaut de quorum. M. Hassan Khalil a aussitôt accusé le gouvernement de chercher à torpiller le rôle du Parlement sur ce plan.
Face à cette accusation, le président de la commission des Travaux publics, Mohammad Kabbani (Courant du futur), a relevé, à l'issue de la réunion des commissions conjointes, que « la direction du pétrole n'existe pas », soulignant qu'il fallait « combler ce vide avant de voter la loi » et précisant qu'une commission ad hoc présidée par le Premier ministre Saad Hariri planche actuellement sur ce dossier.
Dans une interview télévisée, M. Kabbani est revenu hier à la charge à ce propos indiquant que le différend qui est apparu au cours de la réunion des commissions conjointes a porté sur le fait de savoir s'il fallait aller de l'avant dans la proposition de loi de Hassan Khalil au sujet de la prospection pétrolière « ou s'il fallait donner au gouvernement un certain laps de temps afin d'avaliser le projet examiné par la commission ministérielle présidée par le Premier ministre ». Les tiraillements semblent ainsi porter sur la détermination de l'autorité - le Parlement ou le gouvernement - qui devrait gérer en priorité le dossier du potentiel offshore en hydrocarbures.
M. Kabbani a souligné la nécessité sur ce plan « d'éviter les tiraillements, afin d'aboutir à une entente sur le mécanisme de discussion de cette loi » (sur l'exploitation des ressources pétrolières). Il a applaudi à ce sujet à l'initiative prise par le chef du législatif, Nabih Berry, de présider la réunion que les commissions conjointes tiendront lundi prochain (M. Berry a effectivement convoqué hier les commissions conjointes à une réunion lundi à 11 heures). Exprimant l'espoir que le quorum sera atteint, M. Kabbani a souhaité qu'une coordination s'établisse à ce propos entre le président de la Chambre et le Premier ministre. « La compétition pour le bien public est quelque chose de positif, à condition qu'elle se fasse dans un cadre démocratique », a-t-il souligné.
Nabil de Freige
De son côté, le député Nabil de Freige (membre du bloc parlementaire du Courant du futur) a déclaré que « la proposition de loi du député Ali Hassan Khalil a besoin de plusieurs mois de débats, d'autant que des experts et des scientifiques en la matière doivent être mis à contribution ».
M. de Freige a indiqué à cet égard qu'en 2005, « le président Fouad Siniora avait fixé pour objectif prioritaire de mettre en application cette loi et de conclure un accord avec la Norvège qui bénéficie de l'expérience la plus importante au monde au niveau de la prospection pétrolière ». M. de Freige a par ailleurs indiqué que « le Liban a délimité les frontières (maritimes) avec l'ennemi israélien ainsi qu'avec Chypre et la Syrie, et cette délimitation doit être transmise aux Nations unies ».
Le dossier de l'électricité
En ce qui concerne le dossier de l'électricité et du programme de redressement proposé par le ministre Gebran Bassil - et qui a été approuvé lundi en Conseil des ministres -, le député Mohammad Kabbani a déclaré que « le plan proposé par le ministre Bassil est ambitieux, mais ce qui est important, ce n'est pas ce qui est écrit, mais ce qui est exécuté ». « Les propos optimistes sont une bonne chose, mais ils nécessitent un plan d'exécution », a-t-il déclaré, avant d'ajouter : « Nous insisterons au Parlement sur la nécessité de respecter les lois qui ont été promulguées (...). Je suis personnellement partisan d'un retour à l'exécution des résolutions de Paris III, c'est-à-dire d'un recours aux crédits accordés par les fonds internationaux, car il existe dans ce cas un contrôle au niveau de l'exécution et des adjudications. »

