Une vue du minaret d’une mosquée d’al-Bustan où la mairie de Jérusalem prévoit la construction du projet dit du « Jardin du roi » en hébreu. Ahmad Gharabli/AFP
L'affaire est d'autant plus sensible que la communauté internationale ne reconnaît pas l'annexion israélienne du secteur oriental de la Ville sainte occupé depuis juin 1967. Les États-Unis se sont dit « préoccupés » par le projet, qui était connu depuis plusieurs mois. « C'est précisément le genre de mesures qui, selon nous, sape la confiance qui est fondamentale dans le dialogue indirect » israélo-palestinien, a critiqué le porte-parole du département d'État Philip Crowley.
« Les États-Unis doivent demander à Israël de cesser ces mesures que nous dénonçons fermement et qui constituent une entrave au processus politique », a déclaré le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas au terme d'un entretien à Amman avec le roi Abdallah II de Jordanie, également critique du projet israélien. La poursuite de la politique de colonisation à Jérusalem-Est « menace de détruire les efforts américains en vue (d'avancer) dans les pourparlers indirects », a prévenu le principal négociateur palestinien, Saëb Erakat, qui accompagnait M. Abbas en Jordanie.
Côté israélien, plusieurs ministres ont mis en doute l'opportunité de la décision. « La municipalité de Jérusalem n'a pas fait preuve de bon sens ni de sensibilité concernant le moment choisi », a estimé aux États-Unis le ministre travailliste de la Défense Ehud Barak, expliquant qu'il étudierait avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu « le meilleur moyen pour que le bon sens l'emporte ».
Même chez les partisans de la colonisation, le ministre de l'Habitat, Ariel Attias, du parti ultraorthodoxe Shass, a estimé qu'il aurait « mieux valu attendre un moment plus opportun ».
Réagissant aux critiques de Washington, Benjamin Netanyahu s'est empressé de publier un communiqué expliquant que « le Premier ministre n'avait pas le pouvoir d'intervenir dans la gestion de la municipalité ». Il a également insisté sur le fait que cette approbation ne constituait qu'une étape dans un long processus.
La France a « déploré » la décision de la mairie et réclamé qu'Israël prenne « sans délai les mesures appropriées contre la procédure d'approbation ».
Selon les commentateurs, M. Netanyahu a voulu éviter de nouvelles frictions avec les États-Unis à deux semaines d'une rencontre à la Maison-Blanche avec le président Barack Obama. Il avait déjà dû reporter ce déplacement prévu le 1er juin à cause du raid israélien meurtrier le 31 mai contre une flottille humanitaire internationale en route pour Gaza. En mars, l'annonce de la construction de 1 600 logements dans un quartier juif de Jérusalem-Est avait provoqué une grave crise diplomatique avec Washington, au moment où le vice-président Joe Biden effectuait une visite en Israël.
Parallèlement, le Premier ministre israélien a reproché hier aux dirigeants palestiniens de s'opposer à des pourparlers de paix directs, appelant de ses vœux une reprise du dialogue « immédiate et sans conditions préalables ». Après 18 mois d'impasse, les négociations de paix ont repris le mois dernier sous l'égide des États-Unis, une situation qui ne satisfait ni Israéliens ni Palestiniens.
Devant un parterre de bailleurs de fonds américains, et en prévision de sa visite à Washington, le chef du gouvernement israélien a déclaré que l'État hébreu avait fait « tous les efforts nécessaires pour reprendre les négociations ».


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