Ces sources indiquent que la reformulation de certains points du projet de loi a été laissée pour la deuxième partie de la séance ; de petits amendements cosmétiques concernant l'inclusion des budgets de toutes les Caisses et autres Conseils au cœur du projet (une exigence des ministres d'Amal) ou l'augmentation du prix des contraventions du code de la route (Ziyad Baroud, le ministre de l'Intérieur, avait demandé que ces PV soient quintuplés, ils ont été triplés ou quadruplés).
Il est à signaler qu'un débat ardu a opposé plusieurs ministres autour de certaines taxes foncières : il a été décidé d'œuvrer pour une formule médiane.
Une autre polémique a éclaté entre Saad Hariri et son ministre des Télécommunications, Charbel Nahas, autour d'une demande de transfert de 500 millions de dollars des recettes de son ministère au ministère des Finances, sans qu'il n'essaie de diluer cette demande dans des prétextes légaux et juridiques pour se dérober. Le Conseil des ministres a finalement adopté cette demande, et Charbel Nahas, au sortir de la séance, a refusé de répondre aux questions des journalistes, se contentant d'asséner un très sec « On verra » à la question de savoir s'il allait obtempérer. Interrogée à ce sujet, la grande argentière Raya el-Hassan s'est demandé pourquoi son collègue aux Télécoms attendrait la fin de l'année pour faire les calculs nécessaires, les envoyer au ministère des Finances puis transférer la somme requise, « surtout que rien n'a été transféré depuis février dernier », a-t-elle précisé, avouant également ne pas être au courant du plan prévu par le ministre Nahas pour son département ni comprendre ce qu'il veut dans la gestion des relations entre le ministère des Télécoms et la compagnie Ogero.
Sur un autre plan, le Conseil des ministres a reporté le débat autour des barrages hydrauliques, un sujet cher au ministre Gebran Bassil, qui a demandé aux journalistes d'insister sur sa détermination à ce qu'il soit pleinement évoqué, s'exclamant : « Libanais, buvez de l'eau ! » Selon les sources précitées, aucune oreille attentive n'a été prêtée hier au ministre Bassil « parce qu'il n'a rien présenté de nouveau » et parce que ce dossier doit être négocié entre lui et Raya el-Hassan. « Nous ne sommes pas contre les barrages, nous appelons juste à la rédaction d'un plan clair qui explicite sans ambiguïté le mode de financement et la façon dont ces barrages seraient construits », a-t-elle dit à ce sujet. Signalons que la ministre des Finances avait assuré plus tôt dans la journée que les rumeurs autour d'une augmentation des taxes sur le tabac « sont totalement infondées ».
Parmi les autres sujets brûlants évoqués hier figuraient les revendications et la grève des enseignants du secondaire. Le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, Hassan Mneimné, était bouche cousue à l'issue de la séance de travail, toutefois l'on a appris qu'il a assuré à ses collègues sa volonté de poursuivre les négociations avec les grévistes, mais qu'il leur a fait savoir que le gouvernement ne dialoguera pas sous la pression ni sous la menace de ne pas corriger les épreuves officielles.
Enfin, il a été décidé que le Conseil des ministres se réunira lundi prochain au Sérail pour plancher sur la très problématique question de l'électricité. Une seconde séance, ordinaire celle-là, est prévue mercredi au palais de Baabda.
Notons que la séance a débuté par des propos du chef de l'État qui a informé les ministres du tout récent sommet libano-syrien, démentant une information rapportée par un journal local à propos de l'agacement syrien suite aux propos de Michel Sleiman sur le tracé des frontières terrestres et maritimes. Le locataire de Baabda a précisé qu'un accord est intervenu au cours de ses entretiens avec Bachar el-Assad pour que les préparatifs visant à effectuer ce tracé se poursuivent - lequel Bachar el-Assad lui aurait promis son aide dans le règlement du problème des armes palestiniennes hors des camps.

