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Liban - Éclairage

Accord tacite pour garder les polémiques sous contrôle

Les passes d'armes se succèdent en rafales. En se chevauchant : le coup d'éclat, ce retournement sur retournement de Walid Joumblatt concernant les Palestiniens, qui provoque tant de remous, n'empêche pas que l'on continue de ferrailler au sujet du vote concernant les sanctions prises au Conseil de sécurité contre l'Iran. Mais, en arrière-plan, les protagonistes sont d'accord pour contenir l'escalade et garder la joute sous contrôle. On note ainsi qu'aux propos désobligeants, doux euphémisme, de Joumblatt, les députés chrétiens ont répondu sur un ton mesuré, sans lui rendre la politesse.
La retenue s'explique par deux raisons plausibles : d'abord la préservation de la saison touristique d'été, qu'une déstabilisation politique accentuée affecterait sérieusement. Ensuite, parce qu'à tout prendre le sujet ne concerne le Liban que par le ricochet des soutiens respectifs du 14 Mars et du 8 Mars à l'Occident et à l'Iran, qui se battent sur le nucléaire iranien.
Pour mieux diluer la tension, ou noyer le poisson, la controverse se fait cette fois variée. Comme dans un quadrille, les danseurs tournoient en changeant de partenaires. Joumblatt est avec le 8 Mars sur les Palestiniens, après avoir été avec le 14 Mars sur les sanctions contre l'Iran. Les aounistes sont avec les loyalistes chrétiens sur les Palestiniens, après avoir été avec le 8 Mars sur les sanctions. Les centristes ont été avec le 8 Mars au sujet des sanctions et réservés sur les Palestiniens. Comprenne donc qui voudra, mais ce méli-mélo survenant après des municipales qui ont apporté plus d'une surprise côté alliances fait qu'en réalité nul ne souhaite s'engager dans le jusqu'au-boutisme, du moment qu'on ne sait pas de quoi, et de qui, demain sera fait.
Incertitude donc : les minoritaires avouent qu'ils restent encore perplexes et inquiets de constater que la position du leader du PSP au sujet des sanctions contre l'Iran a été dans le sens contraire de la ligne qu'il a adoptée depuis son retrait du 14 Mars. Ils soulignent qu'il aurait dû, pour être conséquent avec ses proclamations de centrisme, se tenir aux côtés du chef de l'État dans cette affaire. D'autant plus, selon eux, que le chef du gouvernement, Saad Hariri, auquel Joumblatt ne veut pas tourner le dos, n'en aurait pas pris ombrage. Car il ne considère pas le sujet comme assez capital pour compromettre ses relations d'homme d'État avec la Syrie.

Conseils
Des cadres de la Rencontre démocratique que dirige Joumblatt rappellent qu'il a toujours soutenu que le Liban devrait s'abstenir lors du vote à l'ONU, pour ne pas s'impliquer dans les conflits entre les axes et ne pas jouer les mouches du coche. Ces sources croient même pouvoir indiquer que le chef du PSP avait été jusqu'à conseiller aux dirigeants que le Liban passe son tour, et refuse d'intégrer le Conseil de sécurité en tant que membre non permanent représentant le bloc arabe. Il les avait prévenus que le Liban risquait de se retrouver piégé, ou pris entre deux feux, étant donné l'agenda du Conseil, chargé de projets de décisions lourdes de conséquences, en ce qui a trait aux multiples dossiers du Moyen-Orient. Ajoutant que le pays se ressentirait certainement, à l'intérieur, des retombées des résolutions onusiennes, comme du bras de fer exacerbé entre les axes extérieurs.
Selon un observateur, si Joumblatt a choisi l'option des loyalistes, c'est pour contrebalancer le ralliement des ministres du président aux thèses du 8 Mars, et neutraliser la prise de décision en Conseil des ministres. Objectif atteint puisque le vote s'est soldé par un nul, 14-14, entre partisans de l'abstention et du rejet des sanctions. D'où la décision de ne rien décider. Des deux côtés, on avoue que cette solution a été retenue d'un commun accord, pour préserver la stabilité politique du pays et limiter les fissures dans l'unité nationale.
Après quoi, et après son re-retournement de la place de l'Étoile, des pôles du 8 Mars ont tenu à mettre un bémol aux critiques adressées par certains de leurs pairs à Joumblatt. En indiquant que, pour leur part, ils classent l'affaire des sanctions comme un nuage d'été, qui ne signifie ni un nouveau passage de la mer Rouge ni un retour de Joumblatt au 14 Mars. Bons princes, ces prosyriens estiment normal que Joumblatt ait repris langue avec deux piliers du secrétariat général du 14 Mars, Samir Frangié et Élias Atallah, du moment qu'ils comptent parmi ses vieux amis. Concluant qu'à leur sens, le chef du PSP a fait preuve, en l'occurrence, de centrisme certifié plutôt que d'engagement loyaliste.
Cela étant, des sources informées relèvent que les relations entre Joumblatt et Téhéran, qu'il avait sévèrement critiqué dans les phases précédentes, restent pour le moins tièdes, malgré de discrets efforts de rabibochage déployés, encore une fois, comme avec la Syrie, par le Hezbollah. Il se répète ainsi que Hassan Nasrallah tente d'organiser une visite de Joumblatt en Iran. On parle également de démarches conciliatrices syriennes. Mais ce que l'on peut noter, pour le moment, c'est que le nouvel ambassadeur iranien, Ghadanfar Rokn Ibadi, a rencontré la quasi-totalité des pôles locaux, 14 Mars compris, en excluant Joumblatt de son carnet de visites.
Il reste à signaler que, selon ses proches, le leader druze projette d'effectuer prochainement des tournées à l'étranger. Une mission d'exploration pour mieux cerner l'évolution possible dans la région. Cependant, ces sources ne sont pas en mesure de préciser s'il va se rendre à Washington, ou se contenter de l'Europe et des pays arabes.
Les passes d'armes se succèdent en rafales. En se chevauchant : le coup d'éclat, ce retournement sur retournement de Walid Joumblatt concernant les Palestiniens, qui provoque tant de remous, n'empêche pas que l'on continue de ferrailler au sujet du vote concernant les sanctions prises au Conseil de sécurité contre l'Iran. Mais, en arrière-plan, les protagonistes sont d'accord pour contenir l'escalade et garder la joute sous contrôle. On note ainsi qu'aux propos désobligeants, doux euphémisme, de Joumblatt, les députés chrétiens ont répondu sur un ton mesuré, sans lui rendre la politesse.La retenue s'explique par deux raisons plausibles : d'abord la préservation de la saison touristique d'été, qu'une...
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