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Moyen Orient et Monde - Kirghizstan

L’aide internationale arrive en Ouzbékistan pour les réfugiés kirghizes

L'ONU exhorte la communauté internationale à « faire tout ce qui est en son pouvoir » pour éviter que la « tragédie » des affrontements interethniques ne vire à la « catastrophe ».

Des Ouzbeks pleurant devant leur maison dévastée, dans un village près d’Och, au Kirghizstan. Les récents affrontements auraient poussé quelque 275 000 personnes à fuir leur maison.  Viktor Drachev/AFP

Des milliers d'Ouzbeks du Kirghizstan se pressaient hier à la frontière de l'Ouzbékistan qui a restreint l'accès à son territoire après les affrontements dans le sud du Kirghizstan, qui ont fait au moins 187 morts, selon le bilan officiel. Par une chaleur écrasante, des centaines de personnes, essentiellement des femmes et des enfants, étaient agglutinées autour d'un pont reliant les deux pays, fermé à l'aide de gros blocs de béton et des barbelés, dans le village de Velkesem, à cinq kilomètres d'Och, deuxième ville du Kirghizstan et l'un des foyers des violences qui ont éclaté vendredi dernier. Seules cinq ou six tentes sont installées sur le site, tandis qu'une citerne, vieille et rouillée, est l'unique source d'eau.
« Qu'on nous envoie des soldats de maintien de la paix ! » supplie Goulia, la trentaine. « On ne peut pas retourner chez nous. C'est trop dangereux, nos maisons ont été brûlées. On ne peut pas faire confiance à l'armée, on ne peut pas faire confiance à la police. Ils ont transformé Och en cimetière, dit la jeune femme qui, comme de nombreuses autres personnes, refuse de donner son nom de famille. On cache les jeunes filles dans les caves pour qu'elles ne se fassent pas violer. »
« On ne reçoit aucune aide. On dort dans la rue avec les enfants, même sous la pluie. Ça fait cinq jours qu'on est là. Personne ne vient. Les gens ici ont faim et soif. On n'a pas de médicaments », raconte Mokhidil, la quarantaine.
L'Ouzbékistan, qui a accueilli plus de 100 000 réfugiés après les affrontements, n'accepte plus que des blessés. Environ 275 000 personnes au total auraient été déplacées, selon le Comité international de la Croix-Rouge.
Un premier avion-cargo d'aide humanitaire internationale est arrivé hier à Andijan (est de l'Ouzbékistan), chargé de 800 tentes du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), a indiqué à l'AFP un responsable du ministère ouzbek des Situations d'urgence. Deux autres avions du HCR étaient attendus dans la journée. Le directeur du HCR, Antonio Guterres, a exhorté la communauté internationale à « faire tout ce qui est en son pouvoir » pour éviter que la « tragédie » des affrontements interethniques ne se transforme en « catastrophe », enjoignant à « absolument trouver une solution politique ».
De son côté, le ministère russe des Situations d'urgence a envoyé hier trois avions-cargos, chargés notamment de vivres et de couvertures, au Kirghizstan, ont indiqué les agences russes. Les États-Unis ont pour leur part débloqué 10,3 millions de dollars pour des médicaments et une assistance alimentaire et agricole, selon leur ambassade au Kirghizstan. Un émissaire américain était attendu dans la région, importante pour Washington qui dispose au Kirghizstan d'une base militaire stratégique pour ses opérations en Afghanistan. Robert Blake devrait arriver à Tachkent, la capitale ouzbeke, et la vallée de Ferghana, près de la frontière kirghize, avant de se rendre vendredi à Bichkek, « où il aura des consultations directes avec le gouvernement samedi », selon le département d'État. « La crise humanitaire s'aggrave et nous sommes prêts à y faire face », a ajouté un porte-parole.
Selon des analystes et le gouvernement provisoire, le facteur ethnique n'est pas l'unique facteur responsable des violences. Le gouvernement a une nouvelle fois accusé hier le clan du président Kourmanbek Bakiev, renversé en avril par un soulèvement, d'être à l'origine des troubles interethniques.
Dans les deux principales villes kirghizes du Sud, Och et Djalal-Abad, un calme relatif semblait revenir. À Bichkek, la capitale, la police a annoncé l'arrestation de 111 personnes « soupçonnées de tentatives de déstabilisation ».
Des milliers d'Ouzbeks du Kirghizstan se pressaient hier à la frontière de l'Ouzbékistan qui a restreint l'accès à son territoire après les affrontements dans le sud du Kirghizstan, qui ont fait au moins 187 morts, selon le bilan officiel. Par une chaleur écrasante, des centaines de personnes, essentiellement des femmes et des enfants, étaient agglutinées autour d'un pont reliant les deux pays, fermé à l'aide de gros blocs de béton et des barbelés, dans le village de Velkesem, à cinq kilomètres d'Och, deuxième ville du Kirghizstan et l'un des foyers des violences qui ont éclaté vendredi dernier. Seules cinq ou six tentes sont installées sur le site, tandis qu'une citerne, vieille et rouillée, est...
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