Des Palestiniens récupèrent des pierres dans les décombres de l’aéroport de Rafah, pour pouvoir les revendre. Ibraheem Abu Mustafa/Reuters
Selon M. Diskin, la levée du blocus maritime israélien autour de la bande de Gaza, demandée par la communauté internationale, ouvrirait une « brèche énorme pour la sécurité d'Israël même si des contrôles internationaux étaient effectués en mer ». « Un éventuel allégement des procédures pour l'importation de marchandises à partir d'Israël ne poserait pas de problème. La contrebande dangereuse pour la sécurité d'Israël passe par les tunnels reliant le Sinaï (égyptien) au sud de la bande de Gaza », a-t-il ajouté.
Concernant le blocus, Israël étudie les moyens de l'assouplir car la situation actuelle nuit à son image dans le monde, a déclaré le ministre israélien des Affaires sociales, Isaac Herzog. « Il est temps de mettre fin au bouclage (de la bande de Gaza) dans sa forme présente. La situation actuelle n'apporte rien à Israël », a-t-il dit à Radio Israël. Il a ajouté que l'État juif avait informé Tony Blair, émissaire du quartette international sur le Proche-Orient, de son intention de faciliter l'arrivée de marchandises dans l'enclave côtière palestinienne contrôlée par le Hamas.
Côté palestinien, le président palestinien Mahmoud Abbas a estimé qu'Israël doit ouvrir les sept points de passage existant entre son territoire et Gaza pour permettre le passage de toutes les marchandises dont ses habitants ont besoin. Le président palestinien a tenu ces propos après avoir rencontré à Charm el-Cheikh, sur la mer Rouge, le président égyptien Hosni Moubarak, qui redoute qu'Israël veuille se débarrasser sur lui de ses obligations humanitaires à Gaza. Le Hamas quant à lui a rendu hommage à la position adoptée la veille par les pays européens qui ont plaidé pour un assouplissement du blocus.
Parallèlement, « conformément au souhait du Conseil de sécurité que la cargaison (de la flottille de la liberté) parvienne à destination », les Nations unies « sont prêtes à accepter cette responsabilité à titre exceptionnel », a déclaré devant le Conseil le coordinateur de l'ONU pour le processus de paix au Proche-Orient, Robert Serry. Il a précisé que l'ONU avait obtenu l'accord d'Israël pour cette opération, ainsi que des propriétaires des cargaisons qui étaient transportées sur trois navires turcs.
Sur un autre plan, le chef du Shin Beth a affirmé que le Hamas tentait d'acheter des propriétés à Jérusalem, théâtre d'une lutte d'influence entre mouvements palestiniens.
Enfin, un rapport, présenté hier au gouvernement israélien, indique qu'Israël a « échoué » dans le traitement des 8 000 colons juifs évacués pendant l'été 2005 de la bande de Gaza et du nord de la Cisjordanie. La commission, présidée par un ancien juge de la Cour suprême, Eliahou Matza, déplore le fait que la majorité des personnes évacuées n'ont toujours pas été relogées, contrairement aux promesses gouvernementales. Ce rapport de 488 pages examine les responsabilités du gouvernement israélien envers les anciens colons de Gaza et de Cisjordanie.

