Un travail mystique et réaliste sur la spatialité. (Michel Sayegh)
Sa manière? Une exploration exigeante, voire intransigeante de la surface picturale. Une quête incessante qui amène l'artiste à se révéler, à se dévoiler en techniques et en couleurs. Et surtout une recherche qui ne s'est pas faite du jour au lendemain, mais qui a nécessité des années de lecture, de questionnements. «L'artiste est celui qui nourrit son œil au quotidien, qui absorbe les différentes cultures, religions et concepts, et qui parvient à en être le catalyseur», souligne Thaier Helal.
Sur ces grands formats, diptyques ou triptyques surdimensionnés, de l'infiniment petit à l'infiniment grand, en signes et symboles, comme des rythmes ou pulsations, les formes s'alignent, se recourbent, s'enchevêtrent ou se dispersent, créant un dialogue et des échos à l'infini entre les œuvres, mais aussi avec le regard des autres.
Au départ, l'abstraction totale laissait place au figuratif en filigrane. Ainsi on croirait voir, sous les coups de brosse dynamiques, des petites créatures humaines, animales ou végétales. Plus tard (car l'exposition englobe plusieurs années de travail, donc plusieurs strates de pensée), l'artiste se libérera complètement de ces configurations pour atteindre l'épurement dans la spatialité. L'art devient ludique, fou et revêt différentes textures et couleurs. À travers cette dichotomie entre noir et blanc à la fois abrupte et vive, et l'explosion de teintes comme une variation d'harmonies, l'artiste défait ses chaînes pour atteindre des dimensions ésotériques ou sacrées. Entre le profane et le divin, le sibyllin et l'éclairé, la pensée de Thaier Helal emprunte différentes voies, s'autorise toutes les tournures pour exprimer un cheminement libre et libéré.


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