« Alors qu'il ne reste que 48 heures jusqu'à la manifestation prévue, en tenant compte des rapports des partis réformateurs, et aussi pour protéger la vie et les biens des gens, nous annonçons que la manifestation prévue n'aura pas lieu », indique le communiqué commun publié sur Sahamnews.org, le site de M. Karoubi. « Au vu de la répression qui a frappé durant l'année passée des gens dont le seul crime était de réclamer leur vote de manière pacifique, et compte tenu des informations sur la mobilisation des extrémistes et des forces répressives, (...) nous demandons à la population de poursuivre ses revendications par d'autres méthodes moins coûteuses et plus efficaces » que les manifestations, ont-ils ajouté.
La réélection du président Ahmadinejad a entraîné des manifestations à répétition de l'opposition, dont la répression a fait des dizaines de tués et plusieurs milliers d'arrestations parmi les manifestants. Des dizaines d'opposants ont été condamnés à des peines de prison parfois sévères, plusieurs à la peine de mort, et deux ont été exécutés en janvier. Depuis le début de l'année, le pouvoir a par ailleurs accompagné cette répression d'une mobilisation massive de ses partisans chaque fois que l'opposition envisageait de manifester.
« C'est se tromper et faire preuve de simplisme que de croire qu'avec les menaces, les humiliations, le mensonge et les armes vous pouvez réprimer le mouvement de protestation des gens », écrivent MM. Karoubi et Moussavi. « C'est l'attitude d'un gouvernement illégitime que de n'autoriser que ses propres partisans à manifester, mais la voie choisie par le grand peuple iranien ne pourra pas être fermée », affirment-ils encore.

