Geert Wilders au (centre) réuni avec les députés de son parti fraîchement élus. Phil Nijhuis/ANP/AFP
« À La Haye maintenant, on est obligé de compter avec nous », a déclaré dans la nuit Geert Wilders, 46 ans, aux militants de son parti en liesse : « Nous voulons vraiment entrer au gouvernement », a-t-il affirmé. Le PVV a fait son entrée au Parlement de La Haye en 2006. Arrivé deuxième aux élections européennes de 2009, il détient cinq des 25 sièges de députés néerlandais à Strasbourg. Aux municipales du 3 mars, il était arrivé en tête à Almere (190 000 habitants) et deuxième à La Haye, les deux seules villes où il se présentait.
Donné alors second voire premier dans les sondages pour les législatives, le PVV avait toutefois lentement décliné parallèlement à l'essor du Parti libéral alors que les questions économiques détrônaient l'immigration en tête des préoccupations des Néerlandais. Les libéraux du VVD, dont le programme de réduction des dépenses publiques et du déficit est le plus ambitieux, sont finalement arrivés en tête, dans le premier pays de la zone euro à élire des députés depuis que la crise financière met à mal la monnaie unique.
Le Front national (FN), principal parti d'extrême droite en France, a salué le « grand succès » du PVV.
La reine Beatrix des Pays-Bas, chef de l'État, devait recevoir hier soir ses conseillers, première étape dans le processus qui doit mener à la formation d'une coalition gouvernementale, aucun parti n'ayant de majorité au Parlement. Traditionnellement, le chef du parti qui a remporté le plus de sièges devient Premier ministre.
Mark Rutte avait annoncé avant même le scrutin vouloir parvenir à une coalition d'ici au 1er juillet et « n'exclure aucun parti ». L'hypothèse d'une « grande coalition » rassemblant les libéraux, les travaillistes, les écologistes (10 sièges) et les centristes de D66 (10 sièges) n'était pas complètement écartée par les politologues. « Cela voudrait dire un gouvernement de gauche avec un Premier ministre libéral où les libéraux seraient en minorité : je ne pense pas qu'ils le feront », commente Paul Scheffer, politologue de l'université d'Amsterdam. Les négociations vont être « très, très difficiles », estime pour sa part le politologue Henk Van der Kolk, de l'université de Twente. Avec 15,5 % des suffrages, le PVV de M. Wilders « devra être pris en considération ». « Former une coalition sera plus long que Mark Rutte ne le prévoit, ça va prendre des mois. Je serais surpris que nous ayons un nouveau gouvernement avant septembre ou octobre », ajoute-t-il. Le politologue Andre Krouwel de l'université libre d'Amsterdam s'attend aussi à des discussions de coalition « difficiles » après « la défaite historique » des chrétiens-démocrates (CDA) du Premier ministre sortant Jan Peter Balkenende.
Le CDA, principal parti du Parlement sortant avec 41 sièges, n'en obtient que 21. Sa tête de liste, M. Balkenende, 54 ans, à la tête d'une coalition de centre gauche depuis 2007, avait annoncé mercredi soir renoncer à diriger son parti. Il était au pouvoir depuis 2002.

