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Moyen Orient et Monde - Nucléaire

Face aux sanctions, l’Iran menace de ne plus négocier

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a prévenu hier que son pays ne discutera plus de son programme nucléaire s’il est de nouveau sanctionné. Le Conseil de sécurité de l’ONU devrait voter aujourd’hui le projet de résolution imposant des sanctions contre l’Iran pour son programme nucléaire controversé. Les membres permanents du Conseil sont tombés d’accord, hier, sur une liste de firmes et d’individus iraniens concernés par les nouvelles sanctions. Page 11

Le président iranien a adressé hier une nouvelle mise en garde à la Russie : « Nous devrions être amis et partenaires... Il n’y a pas de gros problème, seul un avertissement: ne vous mettez pas du côté de nos ennemis. » Bulent Kilic/AFP

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a prévenu hier que son pays ne discutera plus de son programme nucléaire s'il est de nouveau sanctionné. « J'ai déjà dit que l'administration américaine et ses alliés se trompent s'ils pensent qu'ils peuvent brandir le bâton d'une résolution et ensuite s'asseoir pour discuter avec nous. Une telle chose ne se produira pas », a déclaré le président iranien depuis Istanbul, où il participait à une conférence régionale sur la sécurité.
« Nous discuterons avec tout le monde », a-t-il souligné, demandant « respect et justice ». Mais, a-t-il averti, « si l'on essaye de nous parler de manière brutale, sur un ton dominateur, notre réponse est déjà connue ».
Le président iranien a aussi exhorté les Occidentaux à accepter un accord conclu en mai entre l'Iran, la Turquie et le Brésil sur un échange du combustible nucléaire de son pays, affirmant qu'une telle occasion ne se « répétera » pas. Cet accord « était une opportunité pour le gouvernement américain et ses alliés (...) J'espère qu'ils en feront bon usage. Les opportunités ne se répéteront pas », a-t-il dit.
Le secrétaire américain à la Défense a quant à lui déclaré de Londres s'attendre à l'adoption « très bientôt » par le Conseil de sécurité de l'ONU d'un projet de résolution sanctionnant l'Iran. « Je suis optimiste quant à l'adoption d'une résolution très bientôt », a déclaré Robert Gates à la presse.
Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni hier pour parler du projet de résolution de sanctions et a décidé qu'il votera ce matin sur le projet, a annoncé l'ambassadeur du Mexique, Claude Heller, qui préside le Conseil en juin.
Le Premier ministre russe Vladimir Poutine, qui se trouvait avec M. Ahmadinejad à Istanbul pour cette conférence régionale, a déclaré pour sa part qu'un accord avait été « pratiquement trouvé » sur un projet de résolution sanctionnant l'Iran. « Notre point de vue est que ces décisions ne doivent pas être excessives et ne doivent pas mettre le peuple iranien dans une position difficile qui pourrait créer des obstacles sur le chemin d'un usage pacifique de l'énergie nucléaire », a-t-il poursuivi cependant.
M. Poutine a indiqué que le sommet d'Istanbul allait lui fournir l'occasion de s'entretenir avec M. Ahmadinejad, dans un effort pour « réduire les inquiétudes de la communauté internationale ».
Le président iranien a quant à lui adressé une nouvelle mise en garde à la Russie. « Nous sommes voisins avec la Russie. Nous devrions être amis et partenaires... Il n'y a pas de gros problème, seul un avertissement : ne vous mettez pas du côté de nos ennemis », a-t-il prévenu.
Malgré ces tensions, la Russie et l'Iran vont exploiter ensemble la première centrale nucléaire iranienne à Bouchehr qui doit être mise en service à la fin de l'été 2010, a indiqué le directeur de l'agence russe de l'énergie atomique Rosatom, Sergueï Kirienko.
L'Iran est soupçonné de chercher à se doter de l'arme nucléaire sous couvert d'un programme civil, ce qu'il dément.
Le Brésil et la Turquie, membres non permanents du Conseil de sécurité, s'opposent à de nouvelles sanctions. Ces deux pays avaient conclu à la mi-mai un accord avec l'Iran prévoyant d'échanger en Turquie de l'uranium iranien faiblement enrichi contre du combustible hautement enrichi fourni par les Occidentaux pour un réacteur de recherche nucléaire situé à Téhéran.
Cette proposition a été accueillie froidement par les grandes puissances, qui y ont vu une manœuvre de diversion de Téhéran.
Le projet de résolution sur de nouvelles sanctions a été présenté le 18 mai à l'ensemble du Conseil de sécurité, déjà doté du soutien des cinq membres permanents (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie). Parmi les dix membres non permanents, la Turquie, le Brésil et le Liban ont dit désapprouver le projet. Le document devrait toutefois recueillir sans difficulté les 9 voix sur 15 nécessaires à son adoption.
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a prévenu hier que son pays ne discutera plus de son programme nucléaire s'il est de nouveau sanctionné. « J'ai déjà dit que l'administration américaine et ses alliés se trompent s'ils pensent qu'ils peuvent brandir le bâton d'une résolution et ensuite s'asseoir pour discuter avec nous. Une telle chose ne se produira pas », a déclaré le président iranien depuis Istanbul, où il participait à une conférence régionale sur la sécurité. « Nous discuterons avec tout le monde », a-t-il souligné, demandant « respect et justice ». Mais, a-t-il averti, « si l'on essaye de nous parler de...
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