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Sport - Xixe Coupe Du Monde De Football 11 Juin-11 Juillet 2010

L’Espagne a changé d’étiquette

Les champions d’Europe à l’entraînement. L’Espagne a décollé il y a deux ans l’étiquette d’éternelle perdante qui lui collait à la peau en remportant l’Euro et se présente à la Coupe du monde dans l’habit du grandissime favori.Dominique Faget/AFP

L'Espagne a décollé il y a deux ans l'étiquette d'éternelle perdante qui lui collait à la peau en remportant l'Euro et se présente à la Coupe du monde dans l'habit du grandissime favori.
À quelques jours du début de la compétition, tous les feux sont au vert pour la Roja, deuxième équipe au classement de la FIFA derrière le Brésil, qui surfe sur une vague de succès quasi continue depuis 2008.
Quarante-quatre ans après son sacre continental à domicile (1964), l'Espagne a mis fin à l'Euro austro-suisse à des années de malédiction qui l'avaient vu le plus souvent buter en quarts de finale des grandes compétitions, comme aux championnats d'Europe 1996 et 2000 et aux Coupes du monde 1994 et 2002.
Il n'en avait pas fallu beaucoup plus pour que la Seleccion soit affublée de l'image d'équipe talentueuse mais incapable de résister à la pression dans les moments décisifs.
L'Euro 2008 a tout changé. D'abord, la Roja a affirmé son style de jeu offensif, un délice de passes courtes imprégné de la culture Barça.
« L'équipe possède une philosophie de jeu à laquelle les joueurs adhèrent et cela porte ses fruits sur le terrain », affirme David Villa dans un entretien accordé au site Internet de la FIFA. Surtout, les Espagnols ont fait sauter un verrou psychologique, ce que reconnaît l'attaquant vedette. « On a effacé les clichés du genre "L'Espagne joue bien, mais ne gagne rien", "Ils sont champions avant les grands tournois", "Ils n'ont pas de chance aux tirs au but". Et je crois qu'on ne les entendra plus avant longtemps. »

Le coup d'arrêt américain
Si elle l'emporte en Afrique du Sud, l'Espagne deviendra la deuxième nation à réussir le doublé Euro-Coupe du monde dans ce sens après l'Allemagne de l'Ouest (1972-1974), la troisième si on y inclut la France qui l'avait réalisé dans l'autre sens (Mondial 1998, Euro 2000).
Sous la houlette du nouveau sélectionneur Vicente Del Bosque, qui a succédé à Luis Aragones après l'Euro, la campagne de qualification pour le Mondial 2010 a été un véritable parcours de santé : dix victoires en autant de matches et une moyenne de près de trois buts inscrits par rencontre, un régal pour les amateurs de football.
Trop content de pouvoir compter sur des joueurs de grande classe dans toutes ses lignes - Casillas, Sergio Ramos, Puyol, Xavi, Iniesta, Torres, Villa... -, Del Bosque s'est naturellement appuyé sur l'ossature de l'équipe championne d'Europe, n'effectuant que quelques légers ajustements.
Finalement, le seul contrecoup sur la route du Mondial s'est produit il y a un an lors de la Coupe des confédérations en Afrique du Sud avec une défaite inattendue 2-0 contre les États-Unis en demi-finale.
Un coup d'arrêt qui, vu sous un autre angle, fut peut-être une aubaine. Il a ramené les Espagnols sur terre, eux qui risquaient de céder à un tout nouveau complexe de supériorité, et a permis de « casser » une série de 15 victoires et 35 matches consécutifs sans défaite, ce qui évitera aux joueurs d'en entendre parler tous les jours pendant le Mondial.
Depuis, la Roja est repartie de l'avant, enchaînant les victoires en matches amicaux, notamment lors d'une démonstration de force contre les Bleus au Stade de France en mars (2-0). Même les inquiétudes concernant Cesc Fabregas et Fernando Torres, blessés de longue date, sont en passe d'être levées, selon Del Bosque.
C'est donc bardée de confiance que les coéquipiers du capitaine Casillas aborde le groupe H, qui n'a pas vraiment de quoi les effrayer. Jamais en effet la Roja n'a perdu contre l'un de ses adversaires, que ce soit la Suisse (15 victoires et trois nuls), le Chili (six victoires, un nul) ou le Honduras (un nul).
Passé le premier tour, l'Espagne sera à coup sûr l'adversaire à éviter, même pour le Brésil et le Portugal, qu'elle peut croiser dès les huitièmes de finale. À condition qu'elle assume un statut de favori nouveau pour elle. Rançon de la gloire, tout résultat autre qu'une place dans le dernier carré serait considéré comme un échec. Ça tombe bien, la Roja a banni ce gros mot de son vocabulaire.
L'Espagne a décollé il y a deux ans l'étiquette d'éternelle perdante qui lui collait à la peau en remportant l'Euro et se présente à la Coupe du monde dans l'habit du grandissime favori.À quelques jours du début de la compétition, tous les feux sont au vert pour la Roja, deuxième équipe au classement de la FIFA derrière le Brésil, qui surfe sur une vague de succès quasi continue depuis 2008.Quarante-quatre ans après son sacre continental à domicile (1964), l'Espagne a mis fin à l'Euro austro-suisse à des années de malédiction qui l'avaient vu le plus souvent buter en quarts de finale des grandes compétitions, comme aux championnats d'Europe 1996 et 2000 et aux Coupes du monde 1994 et...
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