Ensemble Badila : grand tourbillon de rythmes, de chants, et de mélodies soufies et hindoues. Photo Nasser Trabulsi
Réunis au gré de ses voyages par le percussionniste et ethnomusicologue français Bastien Lagatta, les membres de Badila ont ainsi offert une remarquable prestation entre musique savante et chants populaires. Il y avait là un chanteur virtuose râjasthâni, Mame Khan Manghaniyar, tout droit venu de la cite médiévale de Jaisalmer (Inde), ainsi que deux artistes iraniens talentueux, chanteurs et instrumentistes, Javid Yahyazadeh et Sardar Mohamadjani. Last but not least, la danseuse soufie iranienne Ava Farhang, battant la mesure ou ondulant de son corps de liane pour célébrer cette nouvelle union du maqam et du raga.
C'est après une tournée triomphale au Yémen en 2004 que Badila était retourné dans ce pays en 2005 pour enregistrer dans la ville de Sanaa son premier album, Qalandar Express, chants d'amour des cavaliers mystiques. Le groupe avait effectué alors plusieurs tournées au Pakistan, Afrique de l'Est, et au Moyen-Orient, en Europe et en Asie, enrichissant son expérience de saveurs de plus en plus épicées.
Un métissage ancestral qui se trouve sans doute le mieux illustré dans la chorégraphie de la sublime Ava. Une danse aux accents occidentaux, mais où les influences indienne, espagnole, orientale et les tours des derviches soufis se taillent la part belle. Côté sonorités, Badila s'inspire de nombreuses musiques du monde sans compter les textes de Jalaleddine el-Roumi, de Hafiz et de la princesse hindoue Mira Bai.
Entre la foi, l'expression amoureuse, les valeurs éthiques, les textes de ces auteurs ainsi que d'autres connus ou anonymes expriment, nous affirme-t-on, un monde où la richesse était avant tout celle des croyances et des sentiments. Méditation, introspection, mais aussi joie et gaieté étaient au menu de ce spectacle entraînant le public dans une transe effrénée où l'envie de danser devenait physique, hypnotique, presque inéluctable.


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