Les motifs d'encouragement ne manquent pas pourtant. D'abord, le Danemark a dominé un groupe de qualification très relevé, composé entre autres du Portugal, qui a bien failli être éliminé, et de la Suède.
Son histoire en Coupe du monde, bien que réduite à trois participations, montre ensuite que les Danois ont toujours passé le premier tour, atteignant au mieux les quarts de finale en 1998 en France.
Enfin, les « Dansk Dynamit » développent depuis quelques années un jeu séduisant, basé sur une circulation rapide du ballon et une utilisation de toute la largeur du terrain. Un style qui n'est pas sans rappeler celui des Pays-Bas, leur plus coriace adversaire du groupe E.
La comparaison est tout sauf fortuite, de nombreux joueurs scandinaves évoluant ou ayant évolué dans le championnat néerlandais. Le sélectionneur Morten Olsen a aussi dirigé l'Ajax Amsterdam dans les années 1990.
Alors, les Danois en route pour un nouvel exploit ?
« Marquer des buts »
S'ils semblent en mesure de franchir le cap du premier tour - le Cameroun et le Japon sont leurs deux autres adversaires -, les Scandinaves devront améliorer leur rendement offensif pour espérer aller plus loin dans la compétition.
La récente défaite en match amical contre l'Australie (0-1) a illustré les lacunes d'une équipe qui développe, certes, un beau football, mais peine à concrétiser sa domination.
« Nous avons tenu le ballon, mais peu importe la possession en football, ce qui compte c'est de marquer des buts », a réagi Morten Olsen après la rencontre.
Des attaquants, le Danemark en compte plusieurs, des joueurs de talent passés par les plus grands clubs européens, mais il lui manque ce prédateur des surfaces capable de tuer un match en une demi-occasion.
À 33 ans, l'ancien joueur du Milan AC Jon-Dahl Tomasson n'est plus celui-là, même s'il courra à la Coupe du monde après le record de buts sous le maillot national de Poul Nielsen (52 réalisations).
Jesper Gronkjaer, 32 ans, et Dennis Rommedahl, 31 ans, manquent de régularité. Christian Eriksen, bien que star montante du football danois, manque lui de bouteille à seulement 18 ans, même si son éclosion précoce à l'Ajax Amsterdam interpelle.
Le joueur qui ressemble le plus au profil du Gerd Müller tant recherché est sans doute Sören Larsen, qui évolue à Duisbourg (Allemagne) et qui a marqué en moyenne plus d'un but tous les deux matches sous le maillot danois.
À moins que le talentueux Nicklas Bendtner, 22 ans, confirme enfin en sélection ses bonnes performances à Arsenal.
« Nous ne faisons pas partie des favoris de cette Coupe du monde, mais nous allons nous battre jusqu'au bout », déclarait récemment Bendtner dans un entretien accordé au site Internet de la FIFA. « Le Danemark a déjà créé la surprise par le passé, alors pourquoi ne recommencerions-nous pas cette fois-ci ? »
Pour cela, les « Dansk Dynamit » ne manquent pas d'artificiers. Reste à trouver le meilleur allumeur de mèche.

