Les deux finalistes du simple dames, l’Italienne Schiavone et l’Australienne Stosur, posant avec le trophée. Les deux joueuses disputeront aujourd’hui leur première finale dans un tournoi du grand chelem. Regis Duvignau/Reuters
La ligne de conduite à tenir est simple, « tout laisser de côté et faire son match », comme dit Stosur, mais plus facile à énoncer qu'à mettre en pratique, la longue histoire des novices passées à côté du grand rendez-vous le montre bien.
On se souvient d'Ana Ivanovic, tétanisée contre Justine Henin en 2007, ou l'année suivante de Dinara Safina, tremblante face à une Ivanovic vaccinée par sa précédente expérience.
Le défi commence d'ailleurs bien avant l'entrée sur le Central. Ce sont les amis et les fans, qui vous inondent de messages tous mieux intentionnés les uns que les autres, et la famille qui vous annonce son arrivée du bout du monde et qu'il ne faudra pas décevoir.
Deux lifteuses
« Je n'imagine même pas ce que ça aurait été si ça avait été la finale de l'Open d'Australie. C'est peut-être une bonne chose que ça se produise ici. Au moins on ne se voit pas dans les journaux et on n'est pas reconnue dans la rue », a dit Stosur, n° 7 mondiale.
Schiavone a choisi une méthode de protection radicale, elle a éteint son téléphone. « Pour ne pas me donner une crampe au petit doigt en répondant à tous les appels », a dit la première finaliste italienne de l'histoire des grands chelems, maniant l'humour comme arme antistress.
Les deux prétendantes ont l'avantage de jouer leur première finale après une histoire déjà longue et bien remplie sur un circuit qu'elles fréquentent depuis la fin du dernier siècle.
L'Australienne, âgée de 26 ans, a déjà disputé - et gagné - des finales de grands chelems en double à Roland-Garros en 2006 et à l'US Open en 2005, avant que sa carrière en simple ne décolle il y a deux ans.
Schiavone, 29 ans, la finaliste d'un tournoi majeur la plus âgée depuis 1998, a connu le grand frisson en Fed Cup. Avec sa comparse Flavia Pennetta, elle avait remporté une première victoire historique pour l'Italie en 2006, rééditée trois ans plus tard.
Si le mental tenait des deux côtés, on pourrait assister à une finale animée entre deux joueuses au style original, qui se signalent par l'utilisation du lift et une excellente couverture de terrain, gage d'une belle bagarre.

