Rechercher
Rechercher

Culture - Disparition

Louise Bourgeois, rebelle et inclassable

La sculptrice franco-américaine Louise Bourgeois, décédée lundi à l'âge de 98 ans, a exploré sans relâche les traumatismes de son enfance dans une œuvre à la puissance émotionnelle très forte. Le monde de l'art a rendu un grand hommage à cette figure majeure de l'art contemporain.

L’araignée.

On doit notamment à cette artiste d'origine française naturalisée américaine une série d'araignées géantes en acier, présentées comme des symboles de sa mère, des installations (La destruction du père), des sculptures-objets (Cellules), des silhouettes de bois monolithiques (Depression Woman), des pièces mêlant les matériaux (Janus fleuri).
Pour Béatrice Parent, l'une des organisatrices d'une des deux rétrospectives organisées en France, celle de 1995, l'œuvre de Louise Bourgeois est «rebelle et inclassable, affranchie de toute dépendance».
«Toute mon inspiration vient de mon enfance, de mon éducation, de la France à un certain moment de ma vie», a déclaré l'artiste, née à Paris le 25 décembre 1911 de parents propriétaires d'un atelier de restauration de tapisseries.
Son père, autoritaire et volage, installe au foyer sa maîtresse anglaise, ce que Louise ne lui pardonnera jamais. Sa mère subit patiemment la présence de la jeune femme qui apprendra l'anglais aux trois enfants du couple.
Après le décès de sa mère, Louise Bourgeois, d'abord tentée par les mathématiques, se lance dans des études artistiques. Elle étudie dans plusieurs académies, suit les enseignements de Paul Colin, André Lhote, Roger Bissière, Gromaire et Fernand Léger qui l'aidera à s'orienter vers la sculpture.
En 1938, elle épouse l'historien d'art américain Robert Goldwater et part vivre à New York. Elle rencontre Joan Miro, Marcel Duchamp et André Breton, expose des gravures et peintures, et entreprend de sculpter de longues silhouettes de bois.
Devenue américaine en 1951, mère de trois enfants, elle expose aux États-Unis et commence à enseigner dans diverses institutions.
Il faut cependant attendre la fin des années 70 et l'apparition d'œuvres de plus en plus violentes, comme La destruction du père ou Confrontation, pour que Louise Bourgeois accède à la notoriété. Elle acquiert alors un atelier à Brooklyn, est élue membre de l'American Academy of Arts and Sciences à New York et multiplie les expositions personnelles dans les années 80.
Une première grande rétrospective de son œuvre est organisée au Museum of Modern Arts (MoMA) à New York en 1982.
Résumant le sens de son œuvre, Louise Bourgeois, petite femme au physique frêle, au beau visage ridé et aux yeux d'un bleu intense, expliquait : «Tout se concentre dans la nécessité de résister pied à pied contre ce monstre que j'appelle la zizanie.» «La zizanie, ajoutait-elle, c'est une terreur qui vient de l'enfance et qui n'exige pas moins de toute une vie non pour la décrire mais pour l'exorciser.»
Dans les années 90, la sculptrice, finalement reconnue par son pays natal avec une grande rétrospective au Musée d'art moderne de la ville de Paris en 1995, captive les Européens qui multiplient les expositions et les installations de l'artiste: Londres (1996), Bordeaux (France, 1998), Biennale de Venise où elle est l'un des deux lauréats en 1999, à nouveau Londres en 2005, puis Bruxelles.
En 2008, Paris accueille, après Londres et avant les États-Unis, une nouvelle grande rétrospective de l'artiste. Plus de 200 œuvres, sculptures, installations, peintures et dessins, retracent le travail de cette artiste dérangeante et émouvante, intrigante et
fascinante.
Entre-temps, la sculptrice a renoué symboliquement avec la ville de son enfance, Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), qui expose depuis 1996, dans le cadre d'une commande publique, sa sculpture Les
Bienvenus.
On doit notamment à cette artiste d'origine française naturalisée américaine une série d'araignées géantes en acier, présentées comme des symboles de sa mère, des installations (La destruction du père), des sculptures-objets (Cellules), des silhouettes de bois monolithiques (Depression Woman), des pièces mêlant les matériaux (Janus fleuri).Pour Béatrice Parent, l'une des organisatrices d'une des deux rétrospectives organisées en France, celle de 1995, l'œuvre de Louise Bourgeois est «rebelle et inclassable, affranchie de toute dépendance».«Toute mon inspiration vient de mon enfance, de mon éducation, de la France à un certain moment de ma vie», a déclaré...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut