Sur cette photo d’archives, Mahmoud Ahmadinejad visitant le site pilote d’enrichissement à Natanz. Photo présidentielle iranienne.
Selon un diplomate de haut rang proche des inspections menées par l'agence onusienne dans la république islamique, le montant d'uranium hautement enrichi dont dispose l'Iran actuellement est bien plus élevé. « Les 5,7 kilos c'était début avril. Mais, depuis, l'Iran a continué à en produire et donc il y en a plus », a indiqué le diplomate sous le couvert de l'anonymat.
Par ailleurs, l'Iran prépare de nouvelles machines pour enrichir de l'uranium, note le rapport de l'AIEA. Téhéran a déclaré à l'AIEA que ces machines supplémentaires, qui ne sont pas encore opérationnelles, lui permettront de raffiner l'uranium à 20 %.
L'uranium enrichi, que Téhéran affirme utiliser comme combustible pour un réacteur de recherche afin de pouvoir produire des radio-isotopes médicaux, mais dont l'Occident craint qu'il ne serve en définitive à fabriquer une arme atomique, a été produit à raison de 100 grammes par jour, selon les estimations de l'agence rapportées par le diplomate.
Cette évolution, défiant plusieurs résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU lui enjoignant de geler tout enrichissement, avait provoqué une vague de condamnations de la part des pays occidentaux. Ceux-ci estiment en effet que cet enrichissement peut rapprocher les experts iraniens des niveaux requis pour fabriquer des matériaux fissibles entrant dans la fabrication d'une bombe nucléaire. Ainsi, dans son rapport, l'AIEA se dit toujours préoccupée par l'existence possible en Iran d'activités visant à développer une charge nucléaire pour un missile. Téhéran répète en revanche que ses activités nucléaires ont un objectif exclusivement pacifique.
Selon le document confidentiel de l'agence onusienne, la République islamique a produit jusqu'ici quelque 2,427 kilos d'uranium faiblement enrichi, soit le double de la quantité qu'elle serait prête à transférer en Turquie pour un enrichissement plus élevé.

