La main gauche sur l'abdomen, la droite en l'air, Roger Milla esquisse quelques déhanchements auprès du poteau de corner à chacun de ses quatre buts au Mondial-1990. « Je l'ai fait spontanément, ce n'était pas du tout préparé », raconte à l'AFP le vieux Lion, qui assure que « ce n'est pas une makossa, c'est la Milla-danse! C'est un mélange de plusieurs danses camerounaises ».
Émotion
Maradona (1994, Argentine-Grèce 4-0, 1er tour). On disait le capitaine argentin perdu pour le foot ? Il revient et, après avoir marqué un but superbe, court vers une caméra et hurle sa rage à la face du monde, le visage déformé par cette furie.
Yekini (1994, Nigeria-Bulgarie 3-0, 1er tour). Le premier but des « SuperEagles » est suivi d'un moment rare : le buteur Rashidi Yekini, qui n'avait eu qu'à pousser le ballon dans la cage, y entre, agrippe les filets et avec les poings les ramène à son buste, puis sort les bras de l'autre côté des mailles, vers le public, comme une supplique, une prière.
Thuram (1998, France-Croatie 2-1, demi-finale). 70e minute. Lilian Thuram ne sait pas ce qui lui arrive : il vient d'inscrire deux buts (les seuls de sa carrière internationale en 142 sélections !), dont un du gauche. À terre, il se met un doigt sur la bouche, dans une posture méditative. Le Penseur de Rodin, diront certains, ou le « Filosofo » comme on l'appellera en Italie.
Burlesque
Finidi (1994, Nigeria-Grèce 2-0, 1er tour). A-t-on jamais vu célébration plus cocasse ? L'ailier nigérian George Finidi marque d'un superbe lob puis s'en va près du poteau de corner faire quelque pas à quatre pattes, renifler de-ci-delà, avant d'en lever une comme pour se soulager d'un besoin naturel.
Dugarry (1998, France-Afrique du Sud 3-0, 1er tour). Égratigné par les journalistes qui contestaient sa place dans le groupe de la France, l'attribuant à sa seule amitié avec Zinedine Zidane, Christophe Dugarry marque le premier but de son équipe dans le tournoi et vient narguer la tribune de presse en lui tirant la langue.
B. Laudrup (1998, Brésil-Danemark 3-2, quart de finale). Brian Laudrup se jette par terre et prend une pose de mannequin ou de plagiste, la tête soutenue par une main. Son fils lui avait demandé d'être original. C'est réussi.
Diop (2002, France-Sénégal 0-1, match d'ouverture) : Papa Bouba Diop dépose soigneusement son maillot par terre, bien déplié, autour duquel il improvise une danse avec ses coéquipiers.
Aghahowa (2002, Nigeria-Suède 1-2, 1er tour). La cabriole est un classique, au moins depuis Hugo Sanchez, imité par de nombreux joueurs, comme l'Allemand Miroslav Klose. Mais le Nigérian Julius Aghahowa renouvelle le genre en effectuant pas moins de sept saltos à la suite ! Qui dit mieux ?
Hommage
Bebeto (1994, Brésil-Pays-Bas 3-2, quart de finale). L'attaquant brésilien se poste sur le bord du terrain et imite avec les deux bras le balancement d'un berceau, bientôt imité et entouré de Mazinho et Romario. Bebeto fête ainsi la naissance quelques jours plus tôt de son troisième enfant. Le geste devient un grand classique.
Kaviedes (2006, Équateur-Costa Rica 3-0, 1er tour). L'attaquant équatorien couvre son visage d'un masque jaune à la Spiderman, en hommage à Otilino Tenorio, l'un de ses coéquipiers décédé l'année précédente dans un accident de voiture et qui fêtait ainsi ses buts.
Ahn (2006, Corée du Sud-États-Unis 1-1, 1er tour). L'attaquant sud-coréen Ahn Jung-hwan célèbre l'égalisation en esquissant les pas d'un patineur, bientôt suivi par ses coéquipiers. C'est un signe de solidarité avec leur compatriote patineur de short-track Kim Dong-sung, déchu de sa médaille d'or olympique six mois avant, ce que la Corée du Sud avait ressenti comme une injustice.

