Bush avait exposé en 2002 ce qu'il est convenu d'appeler la « Doctrine Bush » qui affirme que les États-Unis doivent déclencher une guerre préventive contre tout pays ou groupe terroriste considéré comme une menace pour les États-Unis, ce qui avait débouché sur l'invasion de l'Irak. L'entourage d'Obama a laissé entendre qu'il prendrait ses distances avec ce concept et soulignerait plutôt la nécessité de prévenir les attaques grâce aux relations multilatérales et à des services de renseignements efficaces.
M. Obama n'a pas été explicite sur cette question dans son discours à West Point, mais il a affirmé que la seule raison pour laquelle les forces américaines continuent de se battre en Afghanistan est que « des complots » d'activistes d'el-Qaëda responsables des attentats du 11 septembre 2001 y « persistent à ce jour ». Le président américain a déclaré que les États-Unis devaient renforcer les alliances existantes, nouer de nouveaux partenariats et promouvoir les droits de l'homme dans le monde. « Il nous faut élaborer un ordre international qui puisse relever les défis de notre génération », a-t-il lancé.
Tout en accusant el-Qaëda de dénaturer les valeurs de l'islam, Barack Obama s'est gardé de recourir aux termes « guerre contre le terrorisme » et « islamo-fascistes » que Bush utilisait régulièrement et qui lui ont aliéné nombre de musulmans. « Les extrémistes veulent une guerre entre l'Amérique et l'islam, mais les musulmans font partie de notre vie nationale », a déclaré M. Obama.
Il a prévenu, à propos de l'Afghanistan, que de durs combats étaient à prévoir pour briser l'élan de l'insurrection talibane. « Mais nous nous adapterons, nous persisterons, et je ne doute pas qu'ensemble, avec nos partenaires afghans et internationaux, nous réussirons en Afghanistan. » La dernière fois qu'Obama était venu à West Point, en décembre, il avait dévoilé un plan d'envoi de 30 000 hommes supplémentaires en Afghanistan, avec la promesse de commencer à procéder à un retrait en juillet 2011. L'envoi de renforts est presque terminé. Il est jugé vital pour une offensive cruciale, attendue dans les prochains mois, des forces alliées contre Kandahar, bastion des talibans.

