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Lifestyle - Souvenirs

Guerres et tentatives de paix

Entre humour et émotion, le photoreporter Harry Koundakjian a présenté son univers en demi-teinte lors d'une conférence illustrée de diapos à l'Université Haïgazian.

La première photo réalisée pour « L’Orient ». Photos Wissam Daou

Harry Koundakjian, également connu sous le doux patronyme de « Harry the Horse » (pour sa capacité à foncer comme un cheval, dixit l'intéressé), a immortalisé en noir et blanc la plupart des événements, des conflits, des moments historiques, des personnalités politiques et religieuses, des stars qui ont façonné la deuxième moitié du XXe siècle...
Mais comment le jeune garçon qui, à 6 ans, s'amusait à mettre en pièces l'appareil photographique offert par sa mère à l'occasion de son anniversaire, comment donc cet enfant espiègle en est-il arrivé à diriger le service photos du bureau Moyen-Orient de l'Associated Press ?
« Ne me posez pas trop de questions. Je pourrais parler non-stop jusqu'à demain », lance d'emblée le photographe. Avec sa crinière blanche, ses grosses lunettes de myope, sa surcharge pondérale et son humour incisif, il raconte alors ses débuts dans la photographie, comment il a rencontré Émile Sioufi, journaliste à L'Orient, un jour qu'il prenait des photos par hasard du naufrage du navire Champollion à Khaldé. « Sioufi avait besoin de photos pour illustrer son article. Il m'a alors demandé s'il était possible d'utiliser les miennes. Je devais bien entendu en référer à mon boss, mais en développant les photos, j'ai été surpris par ce dernier et les clichés ont raté.» Koundakjian s'est alors rendu aux locaux de L'Orient pour annoncer la mauvaise nouvelle à Sioufi. Ce dernier l'introduit à Georges Naccache. Le directeur du journal lui confie une mission : la couverture d'une manifestation à l'AUB. Perché sur un arbre, il s'acquitte de sa tâche plutôt bien, puisque la photo a beaucoup plu au journaliste Clovis Rizk qui en fait la une le lendemain, sur une demi-page. Koundakjian est alors sollicité pour créer le service photos à L'Orient. « Sans le savoir, j'avais provoqué une incroyable révolution. Tous les journaux de l'époque ont alors engagé des photographes arméniens. »
Mais son idylle avec le quotidien s'est terminée abruptement le jour où, au lieu de se présenter au travail, Harry a relevé le défi du journaliste Antoine Gebran pour une partie de trictrac à Aïn el-Mraysseh. « Ce jour-là, il y a eu une inondation à Tripoli. Pas de photos pour L'Orient. Lorsque je suis arrivé au bureau, Naccache m'a dit : "Va prendre tes indemnités, tu es renvoyé". »
Le photographe s'est ensuite établi à son propre compte, servant plus d'un média. Harry Koundakjian a, par la suite, intégré l'agence américaine Associated Press en sa qualité de chef du service photos pour le Moyen-Orient, avant de s'envoler pour New York afin d'assurer la même fonction au siège de cette agence. « Ma mission devait durer trois ans. 32 ans plus tard, j'y suis toujours. »
Cinquante ans et quelques miettes derrière son objectif... Harry Koundakjian commente alors ses portraits des présidents Chamoun, Assad, Sadate et Clinton. Ses entrevues avec des têtes couronnées : Hussein de Jordanie, Saoud d'Arabie, Elizabeth d'Angleterre et le chah d'Iran. Ses rencontres avec Arafat et Hariri, mais aussi des figures mythiques comme Gary Cooper, Shirley Temple au pied des pyramides, Dizzie Gillespie au Capitole à Beyrouth, Peter O'Toole sur le tournage de Laurence d'Arabie et William Saroyan. Sans oublier ses « couvertures » de séismes, de famines et des guerres.
La présentation prend alors des allures de flash-back, retraçant cinquante années de travail du célèbre photoreporter à la découverte d'histoires humaines, au milieu des souffrances de populations prisonnières d'une actualité souvent tragique. Se forgeant une renommée internationale, Koundakjian a sillonné la planète à la recherche de destinées individuelles et s'est servi de son appareil photo comme d'une arme contre la guerre et l'injustice. Il témoigne ainsi de la beauté et de la vie, plus fortes que la tragédie et la mort.

Harry Koundakjian, également connu sous le doux patronyme de « Harry the Horse » (pour sa capacité à foncer comme un cheval, dixit l'intéressé), a immortalisé en noir et blanc la plupart des événements, des conflits, des moments historiques, des personnalités politiques et religieuses, des stars qui ont façonné la deuxième moitié du XXe siècle...Mais comment le jeune garçon qui, à 6 ans, s'amusait à mettre en pièces l'appareil photographique offert par sa mère à l'occasion de son anniversaire, comment donc cet enfant espiègle en est-il arrivé à diriger le service photos du bureau Moyen-Orient de l'Associated Press ?« Ne me posez pas trop de...
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