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Liban - Diplomatie

La stabilité dans la région au menu des concertations beyrouthines

Au cœur d'une activité diplomatique intense, Beyrouth poursuit ses concertations avec ses visiteurs arabes et européens au sujet de diverses questions d'intérêt commun, s'articulant essentiellement autour de la stabilité dans la région.

Un accueil officiel a été réservé au Premier ministre grec au Sérail. Photo Dalati et Nohra

Concrètement, plusieurs facteurs sont à l'origine de ce ballet diplomatique : la tenue d'un forum économique à Beyrouth, les éventuelles implications de l'accord nucléaire brésilio-turco-iranien et des accusations américano-israéliennes contre la Syrie et le Hezbollah au sujet de l'approvisionnement en armes et les perspectives de reprise des négociations indirectes israélo-palestiniennes.
Autant de questions que le Premier ministre, Saad Hariri, est appelé à soulever durant la tournée régionale qu'il compte poursuivre samedi en Jordanie et en Égypte, avant de s'envoler, dimanche, pour les États-Unis, et qui ont été abordées hier aussi bien à Baabda qu'au Sérail.
Le Premier ministre grec, Georges Papandréou, et le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, ont tous deux eu de longues discussions avec le président Michel Sleiman (M. Moussa avait été reçu mercredi soir à Baabda) et le Premier ministre, Saad Hariri, qui s'apprêtent à accueillir aujourd'hui le chef de la diplomatie allemande, Guido Westerwelle, et samedi son homologue français, Bernard Kouchner.
MM. Papandreou et Moussa ont tous deux mis l'accent dans leurs déclarations respectives sur la nécessité d'une paix juste et durable, indispensable à leurs yeux pour une stabilité dans la région, même si le secrétaire général de la Ligue arabe n'a pas caché son scepticisme quant à l'issue des pourparlers indirects israélo-palestiniens.
Reçu à Baabda en présence du ministre de l'Information, Tarek Mitri, le chef du gouvernement grec a renouvelé l'invitation au président Sleiman à se rendre à Athènes. Il a tenu deux rounds de concertations avec M. Hariri, le premier dans la matinée, avant sa visite au chef de l'État, et le deuxième en début d'après-midi. Au terme des concertations élargies, MM. Papandreou et Hariri ont tenu une conférence de presse conjointe au cours de laquelle les deux hommes ont fait état d'une convergence de vues sur les points soulevés, comme la participation du Liban à l'UPM, le développement des relations bilatérales à tous les niveaux, notamment commercial et touristique, le processus de paix, ainsi que les solutions possibles à la crise économique en Grèce.

« Même zone de turbulences »
Le Premier ministre a relevé que la Grèce et le Liban vivent dans « la même région sujette à des turbulences », avant de mettre l'accent sur la corrélation enre la sécurité et la stabilité des deux pays.
M. Papandreou a aussi souligné les rapports privilégiés entretenus par son pays avec le Liban et de nombreux pays arabes, avant d'exposer les mesures prises par son équipe pour juguler la crise et de féliciter son hôte « ainsi que les différentes forces politiques libanaises pour les mesures qu'ils ont prises afin de créer un environnement stable avec un esprit constructif de tolérance, ainsi que pour la façon avec laquelle ils traitent les sujets sensibles se rapportant au Liban et à la région ».

Le dossier palestinien
Le chef du gouvernement grec s'est dit en faveur d'un règlement global du dossier palestinien « y compris le problème de Jérusalem-Est et des réfugiés pour que les revendications légitimes du peuple palestinien puissent être satisfaites ». « Nous savons que l'établissement d'un État palestinien indépendant, démocratique et viable pave la voie à un climat de stabilité et de sécurité pour tous, y compris Israël », a-t-il dit, avant d'affirmer que son pays continuera d'œuvrer dans le cadre de l'Union européenne pour consolider le dialogue politique entre les Européens et le Liban. « La présence de forces armées européennes au sein de la Finul, le soutien au Tribunal spécial et le respect des résolutions internationales constituent des preuves tangibles du soutien de la Grèce et de l'UE à la souveraineté et à l'indépendance du Liban. Dans le bassin méditerranéen, le Liban et la Grèce partagent des intérêts communs. Sur ce plan, nous avons besoin de coopérer davantage. J'ai discuté avec le Premier ministre des initiatives que nous avons prises, moi-même et le Premier ministre (turc, Recep Tayyip) Erdogan, concernant le changement climatique en Méditerranée », a déclaré M. Papandreou, en affirmant aspirer à une collaboration avec le Liban « pour faire face aux risques et aus défis posés par ce problème ». « Nous allons saisir cette opportunité pour repenser notre modèle économique en utilisant l'énergie durable et jouir d'une énergie verte, d'un tourisme vert, d'une agriculture verte qui rendraient nos économies encore plus compétitives », a-t-il insisté.

Développer le tourisme bilatéral
Concernant les perspectives de coopération économiques bilatérales, M. Hariri s'est dit persuadé que « le tourisme est l'un des domaines sur lesquels il faudra tabler ». « La Grèce, comme le Liban, est un pays touristique. Nous devons trouver des offres attrayantes pour que les touristes puissent visiter les deux, dans le cadre de tours englobant plusieurs pays. »
Les autres possibilités de coopération, a-t-il ajouté, se rapportent aux domaines de l'énergie et des transports. « Le Liban a besoin d'énergie, comme nous avons besoin de résoudre le problème de la circulation. Nous avons discuté des solutions à ces problèmes et des moyens de bénéficier de l'expérience de la Grèce dans d'autres domaines, comme l'eau et l'agriculture », a expliqué M. Hariri, avant d'annoncer qu'il compte visiter bientôt la Grèce pour explorer les secteurs potentiels de coopération.

Scepticisme de Moussa
Avec M. Amr Moussa, les discussions ont porté essentiellement sur le processus de paix, l'accord nucléaire tripartite ainsi que sur la présidence libanaise du Conseil de sécurité.
Dans une déclaration à la presse à sa sortie du Sérail, M. Moussa a estimé que « la situation régionale exige une extrême prudence au niveau des politiques et des diplomaties arabes, parallèlement à une action sérieuse pour protéger les intérêts arabes ». Après avoir indiqué que M. Hariri l'a informé de sa tournée régionale, il a souligné l'importance de « cette activité diplomatique » et précisé que son hôte s'est enquis, dans la perspective de son prochain départ pour les États-Unis, où il présidera une réunion du Conseil de sécurité, de la position de la Ligue arabe par rapport aux pourparlers israélo-palestiniens « qui doivent reprendre sur base d'assurances américaines aux Palestiniens au sujet de la situation sur le terrain, des colonies, de Jérusalem-Est et d'autres points ».
Rappelant que le feu vert arabe a été donné « en échange des efforts américains », le secrétaire général de la Ligue a souligné la disposition des pays arabes à coopérer en vue de parvenir à une paix juste et équilibrée. « Mais nous allons voir la réaction de l'autre partie, a-t-il ajouté, en allusion à Israël. Nous sommes sceptiques, mais nous accordons une chance à ce processus pour qu'il prenne le temps que nous lui avons déterminé, parce qu'il fallait établir un calendrier. Nous avons fixé celui-ci à 120 jours. »
Toujours dans le cadre des consultations libano-arabes, M. Hariri a eu un entretien téléphonique avec le ministre qatari des Affaires étrangères, Hamad ben Jassem, qu'il a tenu au courant des contacts effectués avec les capitales concernées au sujet des menaces israéliennes continues contre le Liban et pour discuter avec lui des moyens de pousser la communauté internationale à faire pression sur Israël en vue d'une progression au niveau du processus de paix.

Concrètement, plusieurs facteurs sont à l'origine de ce ballet diplomatique : la tenue d'un forum économique à Beyrouth, les éventuelles implications de l'accord nucléaire brésilio-turco-iranien et des accusations américano-israéliennes contre la Syrie et le Hezbollah au sujet de l'approvisionnement en armes et les perspectives de reprise des négociations indirectes israélo-palestiniennes.Autant de questions que le Premier ministre, Saad Hariri, est appelé à soulever durant la tournée régionale qu'il compte poursuivre samedi en Jordanie et en Égypte, avant de s'envoler, dimanche, pour les États-Unis, et qui ont été abordées hier aussi bien à Baabda qu'au Sérail.Le Premier ministre...
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