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Liban - Éclairage

Hariri à Damas pour la seconde fois : un passage nécessaire avant l’ONU...

Depuis le 19 décembre 2009, lorsque le Premier ministre Saad Hariri a rencontré le président syrien Bachar el-Assad, les spéculations se sont multipliées dans les médias sur le prochain rendez-vous entre les deux hommes. Plusieurs dates avaient été fixées et plusieurs formules avaient été avancées, sans qu'aucune information ne soit confirmée ou démentie officiellement. Des rumeurs avaient même circulé sur le fait que les autorités syriennes ne seraient pas satisfaites de l'attitude de Saad Hariri et sur des médiations répétées de la part de l'Arabie saoudite, et plus particulièrement de l'émir Abdel Aziz ben Abdallah, pour éliminer les tensions entre les deux parties. Le scénario d'une visite de travail à Damas de Saad Hariri, qui serait accompagné d'une importante délégation ministérielle, avait été développé dans les médias, mais le rendez-vous annoncé a été reporté à plusieurs reprises pour (officiellement ) « poursuivre l'examen des dossiers en suspens ». Et brusquement, la visite a eu lieu contrairement à tout ce qui avait été prévu, de façon subite et très rapide.
Des sources libanaises proches de la Syrie estiment que le Premier ministre a profité de sa prochaine visite à Washington pour accélérer le processus de consolidation de ses relations avec la Syrie. En principe, la visite de quelques heures qu'il a effectuée hier à Damas s'inscrit donc dans le cadre de ses concertations avec l'Arabie saoudite, la Jordanie, l'Égypte et la Turquie, avant sa visite à Washington et sa présidence de la réunion du Conseil de sécurité, au cours de laquelle il compte prononcer un discours qui résumerait la position des pays arabes. Mais les sources libanaises proches de la Syrie estiment que l'objectif de cette visite ne se limite pas à l'examen de la situation régionale, il englobe aussi la volonté des deux parties de sortir leurs relations de l'impasse dans laquelle elles se trouvaient en raison des nombreux dossiers encore en suspens entre les deux pays. Les mêmes sources libanaises confient ainsi que les autorités syriennes n'appréciaient pas les prises de position de certains membres du Courant du futur et de certains alliés du Premier ministre Saad Hariri, notamment le chef des Forces libanaises, Samir Geagea. Le directeur de cabinet du Premier ministre Nader Hariri, qui l'avait accompagné au cours de sa première visite à Damas et qui avait maintenu le contact avec le président syrien via sa conseillère, la ministre Bouthayna Chaabane, avait beau affirmer que les autorités syriennes n'avaient rien demandé de précis, les sources libanaises proches de la Syrie précisaient, de leur côté, qu'il n'est pas dans l'habitude des Syriens de formuler des demandes claires, et qu'en général ils se contentent d'allusions que leurs interlocuteurs doivent saisir...
Toujours est-il qu'un malaise semblait entacher les relations du Premier ministre avec les autorités syriennes, tournant essentiellement autour de la volonté de certains de ses alliés de dissoudre le Conseil supérieur libano-syrien et les structures qui en sont issues, sous prétexte qu'ils appartiennent à une époque révolue. De plus, le président syrien a répété à plusieurs reprises que toute partie libanaise désireuse d'avoir de bonnes relations avec la Syrie doit appuyer la résistance. Or, certains proches de Saad Hariri continuent de s'en prendre aux armes du Hezbollah. Toutes ces considérations, ainsi que le report répété du rendez-vous de la seconde visite du Premier ministre à Damas ont fait croire qu'un froid entachait ses relations avec les autorités syriennes.
Parallèlement, le Premier ministre a pris des positions de nature à effacer les doutes syriens, notamment depuis l'éclatement de l'affaire des Scud qui auraient été envoyés au Hezbollah via la Syrie. Saad Hariri a ainsi comparé, alors qu'il se trouvait en Italie, les Scud présumés livrés au Hezbollah aux armes de destruction massive qui ont servi de prétexte à l'invasion américaine de l'Irak. Cette déclaration lui avait d'ailleurs valu de vives critiques de la part du secrétaire d'État adjoint pour les Affaires du Moyen-Orient, Jeffrey Feltman. Malgré cela, le Premier ministre avait, quelques jours plus tard, déclaré au cours d'une réunion tenue à son domicile que la résistance a le droit de posséder des Scud et même d'autres armes pour défendre le pays face à d'éventuelles agressions israéliennes. Saad Hariri ne pensait pas que ses propos seraient rapportés par la presse et il adressait simplement un message fort au Hezbollah et aux Syriens. Toutefois, le quotidien as-Safir les a repris, suscitant une fois encore des critiques de la part de parties américaines, au moment où le chef du gouvernement préparait son voyage aux États-Unis. Son bureau de presse a alors publié un démenti, mais le message est bel et bien parvenu à ses destinataires.
C'est donc dans un climat relativement assaini que le Premier ministre a effectué hier sa seconde visite à Damas. La visite a d'ailleurs été précédée par des propos positifs tenus par le président syrien à son égard, mais dans lesquels il ne se prive pas de rappeler que la Syrie a décidé de ne pas rendre les coups et de surmonter la période passée au cours de laquelle des parties libanaises accusaient Damas de tous les maux... Bachar el-Assad a aussi insisté sur le fait que l'Arabie saoudite a bien compris le rôle positif de la Syrie au Liban, et Saad Hariri, qui, avant de se rendre à Damas, s'était entretenu avec le roi Abdallah d'Arabie, a compris que l'établissement de bonnes relations avec la Syrie n'est pas seulement souhaité, mais constitue pratiquement une condition pour l'exercice de ses fonctions. D'ailleurs, des proches du chef du PSP, Walid Joumblatt, rapportent qu'au cours de sa dernière visite en Arabie, le roi lui aurait vivement conseillé de nouer d'excellentes relations avec Bachar el-Assad, « leader et fils de leader », selon les termes utilisés par le roi.
Pour Saad Hariri, l'étape de Damas était donc en quelque sorte « un passage obligé » avant la visite de New York, au cours de laquelle il dirigera pratiquement le monde, l'espace d'une réunion du Conseil de sécurité, et sera appelé par les membres de ce Conseil « Monsieur le Président ». Un moment de gloire rare pour le Liban, qui intervient, un bonheur ne venant jamais seul, au moment où le dossier nucléaire iranien connaît des développements qualifiés de positifs...
Depuis le 19 décembre 2009, lorsque le Premier ministre Saad Hariri a rencontré le président syrien Bachar el-Assad, les spéculations se sont multipliées dans les médias sur le prochain rendez-vous entre les deux hommes. Plusieurs dates avaient été fixées et plusieurs formules avaient été avancées, sans qu'aucune information ne soit confirmée ou démentie officiellement. Des rumeurs avaient même circulé sur le fait que les autorités syriennes ne seraient pas satisfaites de l'attitude de Saad Hariri et sur des médiations répétées de la part de l'Arabie saoudite, et plus particulièrement de l'émir Abdel Aziz ben Abdallah, pour éliminer les tensions entre les deux parties. Le...
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