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Moyen Orient et Monde - Nucléaire

Washington annonce un accord à l’ONU pour sanctionner Téhéran

La résolution, soumise au Conseil de sécurité, vise les investissements et les banques, les armes et les navires iraniens.

Washington a repris la main hier dans la controverse sur le nucléaire iranien en annonçant un accord entre les grandes puissances en vue de nouvelles sanctions contre Téhéran, au lendemain d'une initiative turco-brésilienne qui a paru redistribuer le jeu.
« Nous avons travaillé étroitement avec nos partenaires du groupe des Six sur un projet de nouvelle résolution de sanctions contre l'Iran, et (...) nous avons enregistré un accord sur un projet fort, avec la coopération de la Russie et de la Chine », a annoncé la secrétaire d'État Hillary Clinton devant le Sénat américain. Le nouveau texte « est la meilleure réponse que nous puissions fournir aux efforts entrepris à Téhéran ces derniers jours », a-t-elle martelé, qualifiant l'accord conclu lundi par l'Iran, la Turquie et le Brésil de tentative de « faire baisser la pression ».
Selon un haut responsable américain s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, aux termes de la résolution qui a été soumise hier soir au Conseil de sécurité, l'Iran ne pourra pas investir à l'étranger dans certaines activités sensibles comme les mines d'uranium et ses navires pourront être inspectés en haute mer. Le projet interdit également la vente à l'Iran de huit nouveaux types d'armements lourds, notamment des tanks. Le texte, qui fait état « de profondes inquiétudes » sur l'enrichissement d'uranium à 20 %, appelle à la vigilance face aux Gardiens de la révolution, aux transactions effectuées par toutes les banques iraniennes, y compris la Banque centrale. Il étend également les restrictions sur les transactions financières suspectes. Selon des diplomates, les États-Unis et les pays européens espèrent un vote début juin.
La République islamique est soupçonnée de chercher à se doter de l'arme nucléaire sous couvert d'un programme civil, ce qu'elle dément. Les futures sanctions, si elles sont acceptées, seront les quatrièmes dans ce dossier. La résolution constitue déjà un nouveau coup de théâtre dans le bras de fer diplomatique entre la communauté internationale et l'Iran, après la signature à Téhéran de l'accord qui paraissait avoir brisé la dynamique de nouvelles sanctions. L'accord prévoit l'échange en Turquie de 1 200 kilos d'uranium iranien faiblement enrichi (3,5 %) contre 120 kilos de combustible enrichi à 20 % fourni par les grandes puissances et destiné au réacteur de recherche nucléaire de Téhéran. L'Iran a annoncé qu'il confirmerait dans la semaine cette offre à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et a précisé qu'il attendait une réponse « rapide » des grandes puissances. Le groupe de Vienne (États-Unis, France, Russie et AIEA) avait fait une offre similaire en octobre, que l'Iran avait rejetée en invoquant un manque de garanties. La République islamique a ensuite commencé, en février, à produire de l'uranium enrichi à 20 %. L'accord conclu lundi prévoit la poursuite de cet enrichissement, ce qui, a insisté Mme Clinton, ne peut se justifier si l'uranium iranien est enrichi à l'étranger. La secrétaire d'État s'est aussi inquiétée de ce que l'Iran « a continué d'amasser » de nouvelles quantités d'uranium enrichi depuis l'automne dernier. En outre, a-t-elle dit, l'échange prévu en Turquie pourrait prendre « des mois » à organiser, une période pendant laquelle l'Iran poursuivrait l'augmentation de son stock. « Nous allons voir ce que fait l'Iran ces prochains jours et quelle sera sa réponse à l'AIEA », a dit Philip Crowley, le porte-parole du département d'État US.
La presse iranienne avait, elle, salué un document « qui met échec et mat les États-Unis », selon le titre du quotidien gouvernemental Iran. La Chine, la Russie et la France, dont le président Nicolas Sarkozy a paru l'allié le plus déterminé des États-Unis dans ce dossier, avaient notamment jugé l'accord « positif ». « Nous soutenons cet accord, nous y attachons de l'importance », a déclaré le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Ma Zhaoxu. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, et même Hillary Clinton ont aussi évoqué hier des points positifs, signalant ainsi que la nouvelle résolution de sanctions n'est pas incompatible avec la poursuite d'un dialogue avec Téhéran.
De son côté, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a appelé « la communauté internationale à soutenir » l'accord « au nom de la paix mondiale ». « Nous devons cesser de parler de sanctions » contre l'Iran, a estimé M. Erdogan, représentant au sommet UE-Amérique latine de Madrid la Turquie en sa qualité de candidat à l'adhésion à l'UE. « Je crois qu'il serait normal qu'au moins une bonne partie des négociations soient ouvertes » à la Turquie et au Brésil, a ajouté Marco Aurelio Garcia, conseiller pour les Affaires étrangères du président brésilien, lors de ce sommet. « La vérité, c'est qu'avant il n'y avait pas de dialogue, il y avait des menaces », a ajouté le responsable brésilien, dont le pays aspire à devenir membre permanent du Conseil de sécurité.
Côté israélien, un responsable a indiqué hier que les principaux ministres du gouvernement ont discuté de l'accord signé à Téhéran, le considérant comme « une tromperie ».

Washington a repris la main hier dans la controverse sur le nucléaire iranien en annonçant un accord entre les grandes puissances en vue de nouvelles sanctions contre Téhéran, au lendemain d'une initiative turco-brésilienne qui a paru redistribuer le jeu.« Nous avons travaillé étroitement avec nos partenaires du groupe des Six sur un projet de nouvelle résolution de sanctions contre l'Iran, et (...) nous avons enregistré un accord sur un projet fort, avec la coopération de la Russie et de la Chine », a annoncé la secrétaire d'État Hillary Clinton devant le Sénat américain. Le nouveau texte « est la meilleure réponse que nous puissions fournir aux efforts entrepris à Téhéran...
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