Le cinéaste français Bertrand Tavernier (deuxième à gauche) entouré de ses quatre jeunes comédiens : Grégoire Leprince-Ringuet (à gauche), Mélanie Thierry, Gaspard Ulliel (deuxième à droite) et Raphaël Personnaz.Vincent Kessler/Reuters
Puisant dans la littérature classique - une brève nouvelle éponyme de Madame de La Fayette, écrite en 1662 et évoquant le siècle précédent -, le cinéaste y a vu l'opportunité de tourner « une sorte de thriller amoureux au XVIe siècle ». Tourné en cinémascope, La princesse de Montpensier recrée une période peu évoquée au cinéma, celle des sanglantes guerres de religion entre catholiques et protestants, et débute en 1562, sous le règne de Charles IX. Élevée au couvent, la jeune et séduisante Marie de Mézières (Mélanie Thierry) n'en sort que pour épouser le prince de Montpensier, sur ordre de son père (Michel Vuillermoz), qui y voit l'occasion d'étendre ses terres de chasse. Laissée seule par son mari, parti sur ordre de Charles IX combattre les protestants aux côtés des autres princes, Marie de Montpensier est confiée au comte de Chabannes (Lambert Wilson) qui doit parfaire son éducation. Elle doit combattre son inclinaison pour son cousin Henri de Guise (Gaspard Ulliel) avec lequel elle a grandi et apprendre les manières de la cour. Après le comte de Chabannes, le duc d'Anjou (Raphaël Personnaz) succombe à ses charmes.
Tourné dans des décors naturels en France, avec un budget de 15 millions d'euros, La princesse de Montpensier alterne peinture de la guerre et intrigue amoureuse. Attentif à « capter l'esprit d'une époque » en évitant la reconstitution figée, Tavernier évoque la barbarie des combats avec une mise en scène au ton moderne, portée par une superbe musique signée Alain Sarde.
Le film a suscité des réactions tranchées lors de sa projection de presse, certains louant son élégance et la « photographie stupéfiante » de Bruno de Keyzer, d'autres le jugeant long, ennuyeux et trouvant ses jeunes acteurs pas toujours convaincants, notamment Mélanie Thierry qui peine à apporter une véritable densité à son personnage. La princesse de Montpensier est l'un des 19 titres en lice pour la Palme d'or au Festival de Cannes (12-23 mai).


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