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Lifestyle - Cinéma

L’ambitieuse « Princesse de Montpensier » sur la Croisette

Le film d'époque de Bertrand Tavernier est une histoire d'amour sur fond de guerres de religion au XVIe siècle, qui met en scène un quatuor de jeunes comédiens.

Le cinéaste français Bertrand Tavernier (deuxième à gauche) entouré de ses quatre jeunes comédiens : Grégoire Leprince-Ringuet (à gauche), Mélanie Thierry, Gaspard Ulliel (deuxième à droite) et Raphaël Personnaz.Vincent Kessler/Reuters

Le cinéaste français Bertrand Tavernier a dévoilé hier au Festival de Cannes un ambitieux film d'époque, La princesse de Montpensier. Deuxième des trois tickets français pour la Palme d'or décernée à la fin de cette 63e édition, il succède à Tournée de Mathieu Amalric montré jeudi et précède Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois, à venir demain. Absent de la compétition depuis vingt ans - Daddy Nostalgie avait été sélectionné en 1990 -, Bertrand Tavernier, 69 ans, n'a été distingué qu'une seule fois sur la Croisette, où sa délicate chronique familiale Un dimanche à la campagne a reçu le prix de la Mise en scène en 1984. Après le splendide Dans la brume électrique, un âpre polar avec Tommy Lee Jones tourné dans le bayou de Louisiane et tiré d'un roman de James Lee Burke, ce cinéaste cultivé, aussi passionné qu'éclectique, a ressenti « l'envie viscérale » de tourner « un film profondément français ».
Puisant dans la littérature classique - une brève nouvelle éponyme de Madame de La Fayette, écrite en 1662 et évoquant le siècle précédent -, le cinéaste y a vu l'opportunité de tourner « une sorte de thriller amoureux au XVIe siècle ». Tourné en cinémascope, La princesse de Montpensier recrée une période peu évoquée au cinéma, celle des sanglantes guerres de religion entre catholiques et protestants, et débute en 1562, sous le règne de Charles IX. Élevée au couvent, la jeune et séduisante Marie de Mézières (Mélanie Thierry) n'en sort que pour épouser le prince de Montpensier, sur ordre de son père (Michel Vuillermoz), qui y voit l'occasion d'étendre ses terres de chasse. Laissée seule par son mari, parti sur ordre de Charles IX combattre les protestants aux côtés des autres princes, Marie de Montpensier est confiée au comte de Chabannes (Lambert Wilson) qui doit parfaire son éducation. Elle doit combattre son inclinaison pour son cousin Henri de Guise (Gaspard Ulliel) avec lequel elle a grandi et apprendre les manières de la cour. Après le comte de Chabannes, le duc d'Anjou (Raphaël Personnaz) succombe à ses charmes.
Tourné dans des décors naturels en France, avec un budget de 15 millions d'euros, La princesse de Montpensier alterne peinture de la guerre et intrigue amoureuse. Attentif à « capter l'esprit d'une époque » en évitant la reconstitution figée, Tavernier évoque la barbarie des combats avec une mise en scène au ton moderne, portée par une superbe musique signée Alain Sarde.
Le film a suscité des réactions tranchées lors de sa projection de presse, certains louant son élégance et la « photographie stupéfiante » de Bruno de Keyzer, d'autres le jugeant long, ennuyeux et trouvant ses jeunes acteurs pas toujours convaincants, notamment Mélanie Thierry qui peine à apporter une véritable densité à son personnage. La princesse de Montpensier est l'un des 19 titres en lice pour la Palme d'or au Festival de Cannes (12-23 mai).
Le cinéaste français Bertrand Tavernier a dévoilé hier au Festival de Cannes un ambitieux film d'époque, La princesse de Montpensier. Deuxième des trois tickets français pour la Palme d'or décernée à la fin de cette 63e édition, il succède à Tournée de Mathieu Amalric montré jeudi et précède Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois, à venir demain. Absent de la compétition depuis vingt ans - Daddy Nostalgie avait été sélectionné en 1990 -, Bertrand Tavernier, 69 ans, n'a été distingué qu'une seule fois sur la Croisette, où sa délicate chronique familiale Un dimanche à la campagne a reçu le prix de la Mise en scène en 1984....
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