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Municipales 2010 : l'enjeu

Les consensus tombent

Il paraît clair, à neuf jours de la reprise des opérations de vote, que les résultats des scrutins du Mont-Liban, de Beyrouth et de la Békaa ont eu un impact négatif sur la fièvre consensualiste qui, à l'origine, devait emporter l'essentiel des conseils municipaux dans les deux régions où les élections n'ont pas encore eu lieu, le Sud (23 mai) et le Nord (30 mai).
Certes, l'alliance Amal-Hezbollah reste plus que jamais solide dans les régions chiites et il est totalement exclu que des batailles de nature à proprement parler politique aient lieu dans ces zones-là. Cependant, le nombre de candidats qui se présentent dans plusieurs localités du Sud, où le délai de présentation des candidatures a été clos dans la nuit de mercredi à jeudi, montrent que, dans certains cas, des milieux non partisans et des familles n'ont pas dit leur dernier mot et n'entendent pas se laisser faire face au bulldozer amalo-hezbollahi.
Ailleurs, les choses se corsent et, en attendant d'y voir plus clair à Tripoli, où rien n'est encore fixé, les regards se tournent vers quatre principales batailles dont les contours se précisent peu à peu.
Saïda, d'abord, où le consensus initial, représenté par le choix d'un ingénieur non partisan, Mohammad Saoudi, s'est heurté aux exigences de l'ancien député Oussama Saad. L'accord s'était fait sur les parts de chacun des protagonistes au sein de la liste (7 à M. Saoudi, 7 au Courant du futur, 4 à M. Saad et 3 à la Jamaa islamiya). Mais c'est sur l'identité des candidats de l'ex-député que les négociations se sont, semble-t-il, heurtées, la tête de liste jugeant que les personnes nommées par M. Saad étaient trop marquées, des « faucons » antihaririens en quelque sorte, ce que l'intéressé nie. Pour le moment, on en est là et on craint, si la bataille se produit, qu'en cas de percées, les deux candidats chrétiens sur la liste de M. Saoudi n'en fassent les frais.
L'autre grande confrontation au Sud se déroulera probablement à Jezzine. Pour l'instant, ce qui est quasiment certain, c'est que la ville sera le théâtre d'un règlement de comptes (de plus en plus fournis d'ailleurs) entre le chef du CPL, Michel Aoun, et le président de la Chambre, Nabih Berry, via l'ancien député Samir Azar. Avec quelles alliances ? C'est ce qui restera à déterminer. Dans les milieux aounistes de Jezzine, on n'écarte pas une alliance avec les FL et les Kataëb pour contrer M. Azar. Mais la configuration inverse (Azar + FL + Kataëb) est aussi possible.
Dans le Nord, ce sont Batroun et Zghorta, où l'on s'étripe déjà (verbalement, bien sûr), qui semblent être au centre des batailles. Dans la première, on peut d'ores et déjà parler d'une sorte d'union sacrée contre le ministre Gebrane Bassil, dans la mesure où les traditionnels rivaux que sont les Akl et les Daou (ex-alliés de Sleimane Frangié) se sont unis cette fois-ci derrière la bannière de l'ancien député Sayed Akl, soutenu par le 14 Mars, pour contrer la liste ayant la faveur de M. Bassil.
À Zghorta, ce n'est pas vraiment la ville (fief incontesté de M. Frangié) qui sera l'enjeu, mais la présidence de la Fédération des municipalités du caza, objet d'un duel serré entre le chef des Marada et le président du Mouvement de l'indépendance, Michel Moawad.
Pour le premier, l'accord qui avait été conclu initialement a volé en éclats notamment parce qu'il n'est plus entre Zghortiotes, mais entre 14 et 8 Mars. À quoi M. Moawad rétorque qu'il a toujours arboré son appartenance au 14 Mars et qu'il avait été mandaté par ce camp pour négocier.
Certes, l'alliance Amal-Hezbollah reste plus que jamais solide dans les régions chiites et il est totalement exclu que des batailles de nature à proprement parler politique aient lieu dans ces zones-là. Cependant, le nombre de candidats qui se présentent dans plusieurs localités du Sud, où le délai de présentation des candidatures a été clos dans la nuit de mercredi à jeudi, montrent que, dans certains cas, des milieux non partisans et des familles n'ont pas dit leur dernier mot et n'entendent pas se laisser faire face au bulldozer amalo-hezbollahi.Ailleurs, les choses se corsent et, en attendant d'y voir plus clair à Tripoli, où rien n'est encore fixé, les regards se tournent vers quatre principales batailles dont les contours se...