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Mode - Événement

Fendi, un peu de Rome à Beyrouth

Tony et Elham Salamé entourant Mme Sylvia Fendi, directrice artistique de la maison éponyme.

Jeudi dernier, 6 mai, la rue Moutran au centre-ville était témoin d'un événement peu ordinaire. Musique de catwalk, fontaine de Mumm cordon rouge, crépitement de flashes, blondes incendiaires en lévitation sur des plates-formes XXL à semelles en plexiglas et, à l'entrée de la très luxueuse boutique de la marque, deux ateliers en plein air : l'un de maroquinerie, l'autre de fourrure.
Entrée dans le nouveau millénaire sous la houlette d'LVMH, la célèbre maison romaine qui prenait un peu la poussière bien que cornaquée par Karl Lagerfeld avec une fidélité admirable depuis 1965 s'est vue propulsée au sommet de la liste des maisons de luxe les plus cotées au monde. Bien que les diverses lignes (fourrure, chaussure, prêt-à-porter, maroquinerie) parlent d'elles-mêmes, les artisans venus montrer leur savoir-faire ont laissé bouche-bée les invités de cette soirée exceptionnelle. Bien que le célèbre double F soit encore gravé sur certains fermoirs, il tend à se faire plus discret sur les lignes les plus récentes, preuve que la marque n'a plus vraiment besoin de logo pour faire reconnaître sa griffe. Le point sellier dont les artisans maroquiniers ont fait démonstration ce soir de mai est à lui seul une signature. De même que la teinture chrome, précieuse entre toutes et qui s'offre le luxe de se laisser user en beauté, racontant, tache après tache, le vécu du sac Firenze et de celle qui le porte.
Très remarquée, la série des « Baguette » vintage, déclinée à l'infini des humeurs de leurs créateurs. À l'origine, c'est Sylvia Fendi, directrice artistique et dernière représentante de la dynastie encore en place dans la maison, qui a créé ce sac comme un petit défi. « Ma grand-mère m'a commandé une nouvelle ligne de sacs à un moment où les femmes portaient des sacs de plus en plus grands et présents. J'ai choisi de faire au contraire un sac petit et rationnel, facile à porter en toute circonstance, à habiller selon sa fantaisie, et surtout qui tient sous le bras comme une baguette avec un confort absolu » raconte-t-elle. Le succès ne s'est pas fait attendre, bien qu'à contre-courant.
Le Peekaboo, dernier-né de la maison, est d'un luxe absolu. Habillé du fameux cuir romain dans des teintes complémentaires d'une harmonie sublime, il s'offre deux ouvertures et la coquetterie de laisser un pan ouvert pour laisser voir sa doublure et entrevoir l'écusson de la maison. À côté, le Firenze, sorti des archives de l'aïeule Adele Fendi, modernisé avec un fermoir en bois et plexiglas, résume l'esprit à la fois fidèle à l'héritage et les deux pieds dans l'avant-garde de la célèbre maison.
Alors oui, à côté, il y a l'établi d'un artisan fourreur de l'écurie Fendi, un métier bien peu valorisé depuis les campagnes pour la protection des animaux à fourrure. La fascination qu'il exerce est paradoxale. Démonstration haute voltige du traitement des peaux, montées en mosaïque, finement lacérées, avec un infini respect de la matière et de la texture. Sans entrer dans le débat moral et sociétal qui sous-tend cette production qui n'est certes pas de masse, on ne peut s'empêcher d'admirer la délicatesse acquise par la main de l'homme depuis le premier animal chassé pour sa peau.
Un grand moment où Rome, comme à son habitude, n'était plus dans Rome, mais où nous étions : à Beyrouth, centre-ville, nous frottant les yeux.

 

Par Fad

Jeudi dernier, 6 mai, la rue Moutran au centre-ville était témoin d'un événement peu ordinaire. Musique de catwalk, fontaine de Mumm cordon rouge, crépitement de flashes, blondes incendiaires en lévitation sur des plates-formes XXL à semelles en plexiglas et, à l'entrée de la très luxueuse boutique de la marque, deux ateliers en plein air : l'un de maroquinerie, l'autre de fourrure. Entrée dans le nouveau millénaire sous la houlette d'LVMH, la célèbre maison romaine qui prenait un peu la poussière bien que cornaquée par Karl Lagerfeld avec une fidélité admirable depuis 1965 s'est vue propulsée au sommet de la liste des maisons de luxe les plus cotées au monde. Bien que les diverses lignes...
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