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Culture

Un chez-soi au parfum de nostalgie

« Ekher beyt bil Gemmayzé », la pièce de Betty Taoutel Sfeir, au Monnot  jusqu'au 23 mai.

Dans le cadre du Beyt, des membres de la famille qui se déchirent. (Michel Sayegh)

« Home sweet home. » Jamais adage ne fut plus expressif et plus significatif. Cette douce maison dont parle Betty Taoutel dans cette tragi-comédie écrite et réalisée par elle n'est pas composée seulement d'une toiture, de murs et de meubles, mais elle est une histoire, des histoires ; un vécu, des vécus. Et soudain, cette bâtisse qui abrite les souvenirs, tant les peines que les joies va être vendue et toute la mémoire familiale avec. Si ce n'est pas le plancher qui s'effondre sous vos pieds, alors qu'est-ce donc ?
C'est à partir de ce constat dramatique, la vente de la maison, que la famille Bou Karaz, composée de la grand-mère (Josette Aftimos) et de ses trois enfants, William (Wadih Aftimos), Micheline (Hilda Abla) et Claudine (Josyane Boulos), ainsi que de trois petits-enfants, Sarah (Jessy Khalil), Serena (Karen Nohra) et Souraya (Myriam Watfa), va se déchirer, déballer ses souvenirs, mais aussi ses aigreurs et son acrimonie. Car la famille n'est pas toujours un long fleuve tranquille.

Rires et larmes
Et comme dans toute famille traditionnelle libanaise il y a la nounou, Rosine Saad, portant la casquette de cuisinière, qui connaît les petits secrets du noyau familial, ainsi que la soubrette (Lama Marashly), personnage qui n'est pas sans évoquer les caractères des pièces de Molière. Grande gueule, un peu naïve, mais tellement affectueuse, puisqu'elle finit par se confondre avec les murs de la maison, celle-ci représente le pivot sur lequel s'articulent certaines scènes de la pièce.
Tout est amovible dans ce spectacle de Betty Taoutel ; tout est interchangeable. Autant le décor que les émotions, ces larmes qui font place au rire. Dans ce puzzle familial, où l'on retrouve également des repères de la rue, comme le policier surnommé à loisir « chawich » ou « watan » et interprété par Jihad Khoury, ou un fiancé malhonnête Abdo Chahine, les scènes s'entremêlent, le passé rejoint en toute fluidité le présent et le futur pointe narquoisement le bout du nez.
Inspirée de La Cerisaie de Tchekhov, mais surtout d'un tas de réalités libanaises, Ekher beyt bil Gemmayzé a un tempo rapide, soutenu par des flash-back ou « flashesforward » en forme de projection vidéo. Avec son ton bien enlevé, une mise en scène soucieuse du moindre détail et ce collectif de bonnes interprétations, ce « beyt » amuse, émeut, touche par son réalisme, ses images à certains instants excessives (le Libanais ne l'est-il pas ?).
Allez voir ce Beyt. C'est comme si on rentrait chez-soi. Vous vous y retrouverez.

* Tous les mercredis, jeudis, vendredis, samedis et dimanches à 20h30.
« Home sweet home. » Jamais adage ne fut plus expressif et plus significatif. Cette douce maison dont parle Betty Taoutel dans cette tragi-comédie écrite et réalisée par elle n'est pas composée seulement d'une toiture, de murs et de meubles, mais elle est une histoire, des histoires ; un vécu, des vécus. Et soudain, cette bâtisse qui abrite les souvenirs, tant les peines que les joies va être vendue et toute la mémoire familiale avec. Si ce n'est pas le plancher qui s'effondre sous vos pieds, alors qu'est-ce donc ? C'est à partir de ce constat dramatique, la vente de la maison, que la famille Bou Karaz, composée de la grand-mère (Josette Aftimos) et de ses trois enfants, William (Wadih Aftimos), Micheline (Hilda Abla) et...
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