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Culture - Exposition

Les choses de la vie de Puccio Pucci

Il ramasse, récupère, puis réinvente l'objet. Remodelées, sculptées et peintes, les œuvres de Puccio Pucci sont exposées à la galerie Aïda Cherfan* place de l'Étoile jusqu'au 28 mai.

Réminiscences du passé remodelées à la manière de Puccio Pucci.(Michel Sayegh)

Architecte, sculpteur et peintre. C'est dans cet ordre que Puccio Pucci aime à se définir. Et pourtant, à voir ses œuvres tellement bien structurées, également folles d'humour, légères et badines, mais néanmoins si élaborées, on ne saurait mettre dans un ordre défini les multiples facettes de l'artiste italien, mais plutôt leur en ajouter une, celle de poète.
Ce poète - car c'en est un - charrie, tout comme le fleuve, la mémoire d'objets divers, les extrait de leur espace rouillé et boueux et leur donne leur dignité d'origine. Il fait revivre des légendes urbaines, des contes fabuleux intimes. Un petit modèle d'avion, de bateau, une cravate, une chaussure. Rien de commun entre ces choses inertes. Et pourtant. Qui peut en effet dire que les objets n'ont pas d'âme ?
De la poésie...
Lavoisier avait raison et Puccio Pucci, à maintes reprises, a prouvé cette maxime chère au chimiste: «Rien ne se perd, rien ne se crée, mais tout se transforme.» Ainsi, dans son atelier, avoisinant l'Arno, les boulons et les vis s'animent, les plaques métalliques reprennent vie et les objets jetables sont ressuscités. L'artiste est là, à l'écoute du fleuve. Il recueille ses rejets et les modifie à sa manière. Les lattes de bois usées et sales seront laminées, compressées, polies afin de servir de cadres aux toiles, tandis que la ferraille de toute sorte se métamorphosera en objets divers: moto, sandales à lacets ou téléphone. Modifiés? Non, mais simplement remodelés, refaçonnés, retranscrits. Car même s'il s'agit de simples bouts de fer, il s'agit là d'une écriture lisible d'un art nouveau.
Au fil des années, l'artiste pluridisciplinaire qui s'est créé un univers particulier, composé de babioles de toutes sortes qu'il traduit en multitude de sujets, est demeuré cependant fidèle. À un passé qu'il voudrait multiplié, régénéré par ces petites choses qui le peuplent et qu'il parsème sur sa surface picturale. Ainsi ces stylos, crayons à mine ou plumes qui traversent ses toiles avec humour et nostalgie, accompagnés souvent de nuages blancs, ne sont que l'évocation de l'épicier de son enfance avec son crayon planté derrière l'oreille. Par ailleurs, ces règles ou autres mesures arithmétiques qui occupent également une place primordiale sur ses toiles sont autant de repères et indices familiers qui habitent son imaginaire foisonnant.
Puccio Pucci s'amuse à mélanger les genres et à conjuguer à tous les temps le verbe créer. La récupération, ludique, rénovée, étoffée, est entre ses mains un art anobli.

* À la galerie Aïda Cherfan, place de l'Étoile, jusqu'au 28 mai. Du lundi au samedi, de 10h30 à 19h30.Tél. : 01/983111-222.
Architecte, sculpteur et peintre. C'est dans cet ordre que Puccio Pucci aime à se définir. Et pourtant, à voir ses œuvres tellement bien structurées, également folles d'humour, légères et badines, mais néanmoins si élaborées, on ne saurait mettre dans un ordre défini les multiples facettes de l'artiste italien, mais plutôt leur en ajouter une, celle de poète. Ce poète - car c'en est un - charrie, tout comme le fleuve, la mémoire d'objets divers, les extrait de leur espace rouillé et boueux et leur donne leur dignité d'origine. Il fait revivre des légendes urbaines, des contes fabuleux intimes. Un petit modèle d'avion, de bateau, une cravate, une chaussure. Rien de commun entre ces choses inertes. Et...
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