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Municipales 2010 : les résultats

Aoun échoue encore devant Achrafieh

Le nouvel assaut électoral du général Michel Aoun sur les quartiers chrétiens de Beyrouth, par le biais des sièges de moukhtars, s'est soldé hier par un échec dont l'ampleur restait encore à préciser du fait des résultats très serrés à Rmeil, alors qu'Achrafieh et Saïfi ont une fois de plus dit « non » au chef du CPL, sur fond de très faible participation dans l'ensemble de Beyrouth.
En effet, l'une des principales certitudes de cette deuxième étape du marathon électoral réside dans le fait que la capitale a renoué avec sa tradition de bouder en masse les urnes, une tradition qui, au cours des vingt dernières années, n'avait été démentie qu'une seule fois, lors des législatives de juin 2009.
Selon le ministre de l'Intérieur, Ziyad Baroud, le chiffre approximatif de la participation moyenne à Beyrouth s'est monté à 21 %, alors qu'il est de 49 % dans la Békaa. Certes, ce chiffre de 21 % cache des disparités entre les quartiers, Mazraa arrivant en tête avec un taux de 32 % et Minet el-Hosn en queue avec seulement 11 %, les quartiers d'Achrafieh et de Rmeil étant dans la moyenne de la ville, à 22 %.
En annonçant ces taux au cours de sa conférence de presse tenue après la fermeture du scrutin, M. Baroud a émis un jugement de valeur, attribuant la faiblesse de la participation au mode de scrutin en vigueur et affirmant que sous le régime de la proportionnelle, le tableau aurait été différent. Cette opinion du ministre a suscité une réaction foudroyante, moins de trente minutes plus tard, de la part du Courant du futur. Ce dernier, par la bouche du député Ammar Houry, qui s'exprimait sur le perron de Koraytem, a qualifié la prise de position de M. Baroud d'« erreur irresponsable », laissant entendre que sa carrière politique pourrait en pâtir.
Invité par les médias à répondre, Ziyad Baroud a souligné que son rôle ne se limitait pas à énumérer des chiffres et qu'il était habilité à émettre une opinion de ce genre, tout en se défendant de chercher à prendre position pour l'un ou l'autre des protagonistes. Il s'est aussi efforcé de suggérer que le texte lu par M. Houry n'engageait pas nécessairement le Premier ministre, Saad Hariri, en soulignant que ce dernier est le chef d'un gouvernement qui avait avalisé les réformes électorales. En fin de soirée, on apprenait que des démarches avaient été entreprises pour circonscrire l'incident.
Une autre certitude, acquise dès le milieu de la soirée, est la victoire attendue et sans faille de la liste de l'Unité de Beyrouth, conduite par Bilal Hamad et soutenue par une coalition formée du 14 Mars, du mouvement Amal et du Tachnag. Sur près de 60 % des urnes dépouillées dans la capitale, cette liste caracolait en tête de tous les pronostics avec une avance telle que toute inversion de la tendance paraissait impossible. En effet, le premier des perdants, le candidat Ahmad Kaddoura, obtenait dans ces urnes un score de quelque 7 000 voix, contre près de 40 000 pour le dernier de la liste de coalition, Fady Chahrour.
Tout au long de la journée, des rumeurs persistantes faisaient état de listes purgées des éléments chrétiens de la liste de l'Unité de Beyrouth et comprenant les douze noms musulmans affiliés à cette liste, auxquels on a ajouté ceux d'autres candidats mahométans, notamment islamistes. Des spécimens de ces listes piégées ont effectivement circulé, mais en fin de soirée les premiers résultats montraient que l'ampleur de ce phénomène avait été largement exagérée, probablement à dessein, dans le but d'inciter les électeurs du 14 Mars à se rendre en masse aux urnes.
De fait, au stade où en était arrivé le dépouillement à l'heure d'aller sous presse, des écarts insignifiants, de l'ordre de 200 à 300 voix, séparaient candidats sunnites et chrétiens.

La bataille des moukhtars
Pour ce qui est de la bataille des moukhtars dans le triangle chrétien d'Achrafieh-Rmeil-Saïfi, formant la circonscription législative de Beyrouth I, la situation était bien entendu différente. Cette bataille aux enjeux somme toute mineurs a été politisée d'une manière sans précédent dès lors que le général Michel Aoun, lâché par le mouvement Amal et le Tachnag au niveau du conseil municipal, a décidé d'y mettre tout le poids de son offensive politique en direction de la capitale, avec deux objectifs complémentaires en vue : prendre sa revanche sur les législatives de 2009 et s'affirmer comme interlocuteur chrétien de Saad Hariri à Beyrouth.
Après un suspense qui a duré toute la soirée et une partie de la nuit, il était clair que ce double objectif ne serait pas atteint. Vers 2 heures du matin, la configuration était la suivante, sur la base de pointages non officiels : 12 sièges à 0 en faveur du 14 Mars à Achrafieh et 4 à 0 dans le même sens à Saïfi. Il restait Rmeil, où les résultats étaient, comme prévu, au coude-à-coude (6/6). Le score pouvait encore évoluer dans un sens plus favorable au général Aoun, dans la mesure où le vote Tachnag, allié au CPL dans cette bataille des moukhtars, a un poids déterminant dans cette région.
Toutefois, quel que soit le résultat final de Rmeil, il semble acquis que la majorité des 28 sièges concernés dans ces trois quartiers échappera une fois de plus au chef du CPL.
En effet, l'une des principales certitudes de cette deuxième étape du marathon électoral réside dans le fait que la capitale a renoué avec sa tradition de bouder en masse les urnes, une tradition qui, au cours des vingt dernières années, n'avait été démentie qu'une seule fois, lors des législatives de juin 2009.Selon le ministre de l'Intérieur, Ziyad Baroud, le chiffre approximatif de la participation moyenne à Beyrouth s'est monté à 21 %, alors qu'il est de 49 % dans la Békaa. Certes, ce chiffre de 21 % cache des disparités entre les quartiers, Mazraa arrivant en tête avec un taux de 32 % et Minet el-Hosn en queue avec seulement 11 %, les quartiers d'Achrafieh et de Rmeil étant dans...