Rechercher
Rechercher

Municipales 2010 : les résultats

Baabda : l’élément familial prend le dessus

Le cachet familial était prédominant hier dans le processus des élections municipales et des moukhtars dans le caza de Baabda où une bataille a été notée dans les villes de Baabda, Hazmieh, Hadeth et Kfarchima, au moment où des voix de protestation contre l'entente Amal-Hezbollah se sont élevées dans la banlieue sud.
Une ambiance de calme et bon enfant régnait hier sur l'ensemble des villes et villages du caza de Baabda, où le taux de participation dans l'ensemble du caza a frôlé les 46 %, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur. Les convois manquaient aussi au rendez-vous de ces élections et les drapeaux partisans semblaient avoir été remplacés par ceux des équipes favorites de la prochaine Coupe du monde de football. La participation féminine était également timide, les listes dans leur majorité comptaient une ou deux candidates.
À Baabda, quelque 5 500 personnes devaient choisir quinze membres du conseil municipal entre deux listes. Celle complète de « Baabda-Louaizé pour le service des habitants et le développement de la région », menée par le président sortant du conseil municipal, Antoine el-Khoury Hélou. La deuxième liste incomplète, placée sous le signe « du Renouveau et de l'entente », était menée par Henri Carmello Hélou et appuyée par le Courant patriotique libre (CPL). Deux places vacantes ont été laissées « pour les familles qui ne sont pas représentées sur la liste adverse ou encore pour les indépendants », comme l'explique Henri C. Hélou, soulignant que la liste qu'il préside regroupe des candidats qui représentent plusieurs familles de la localité de différents courants politiques, essentiellement le CPL, les Forces libanaises et les Kataëb. « On essaie de nous donner un cachet politique qui n'existe pas, malgré l'appui inconditionnel du CPL pour notre liste, affirme pour sa part Josiane Farid Hélou, candidate sur la liste du Renouveau et de l'entente. Notre liste est formée en fonction des capacités de chacun des candidats. Nous avons essayé de représenter toutes les familles et de choisir des éléments homogènes et actifs. Notre objectif est d'opérer un changement dans la région. Mais pour cela, il faut que nous arrivions tous ensemble. C'est aux électeurs de décider. »
« C'est la troisième fois que je me présente aux élections municipales, souligne de son côté Antoine Khoury el-Hélou. En général, les deux tiers des électeurs m'accordaient leurs voix. Cette année, toutefois, un nouveau facteur a émergé, celui de l'élément politique qui se traduit au niveau de Baabda-Louaizé par l'appui d'un parti politique à la liste opposée, qui vient se greffer ainsi sur la représentation familiale. Cette nouvelle donne nous empêche d'avoir de pronostics définitifs sur le processus électoral, sans oublier le recours des électeurs dans ce cas au panachage. Mais nous comptons surtout sur la clairvoyance des familles et les voix silencieuses de l'opinion publique. »

Nonchalance des électeurs
Les facteurs politique, familial et du développement ont marqué la bataille électorale à Hadeth qui compte près de 13 000 électeurs appelés à choisir dix-huit membres répartis comme suit : 13 sièges pour Hadeth, 3 sièges pour Sibnai et 2 sièges pour Haret el-Botm. Environ 49 % des électeurs ont départagé leurs votes entre deux listes. La première menée par le président sortant Antoine Iskandar Karam et la seconde présidée par Georges Édouard Aoun, appuyée par le CPL, dont les sympathisants étaient fortement présents sur le terrain. Contrairement à l'attente de certains candidats, « la bataille n'est pas aussi acharnée qu'on le pensait », constate ainsi Antoine Karam, qui note « une certaine nonchalance chez les électeurs ». Fort de ses deux dernières expériences aux municipales, M. Karam fait remarquer que « les familles de Hadeth ne nous déçoivent pas », notant dans ce cadre que sa force réside dans le travail d'équipe, mais aussi parce que tous les candidats habitent Hadeth. Ce qui n'est pas le cas de la liste adverse dont au moins six de ses membres résident dans d'autres régions. Toutefois, Georges Aoun était confiant, affirmant ainsi qu'un grand nombre des habitants de la ville sont dégoûtés par « la corruption » qui y règne. Il explique ainsi que si la liste est élue, la ville témoignera d'un renouveau et d'un changement dans plus d'un secteur.
La liste de Kfarchima et la liste des familles de Kfarchima étaient en lice hier pour un conseil municipal de quinze sièges, sachant que deux frères se disputent l'un des sièges, chacun d'entre eux figurant sur une liste. Ce qui caractérise la bataille dans cette ville reste l'entente des deux parties adverses à servir l'intérêt de la localité et à protéger son paysage démographique.
À Hazmieh, la bataille entre les deux listes « Le dialogue et la décision », menée par Jean Asmar, et celle du « Salut de Hazmieh », présidée par Pierre Acra et soutenue par le CPL, les FL et les Kataëb, n'était pas aussi serrée à en croire les milieux du président sortant, Jean Asmar, qui était confiant. Ce qui d'ailleurs a été confirmé en soirée par la victoire de sa liste entière.
À Chiyah, bien qu'une liste d'entente et de coalition, menée par Edmond Gharios, ait été formée par les différentes familles et parties politiques présentes dans la région (CPL, Kataëb, Parti national libéral, Forces libanaises), une vive amertume était ressentie dans les rangs du CPL dont trois partisans ont formé une liste à part, celle de « La dignité de Chiyah ». Ils reprochent au CPL de les avoir écartés « après avoir engagé des négociations avec eux leur promettant de les inclure dans la liste ».
Dans la banlieue sud, enfin, des voix de protestation se sont élevées contre l'entente entre le Hezbollah et le mouvement Amal et à Ghobeyri, une liste incomplète s'est formée face à celle des deux partis chiites.
Une ambiance de calme et bon enfant régnait hier sur l'ensemble des villes et villages du caza de Baabda, où le taux de participation dans l'ensemble du caza a frôlé les 46 %, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur. Les convois manquaient aussi au rendez-vous de ces élections et les drapeaux partisans semblaient avoir été remplacés par ceux des équipes favorites de la prochaine Coupe du monde de football. La participation féminine était également timide, les listes dans leur majorité comptaient une ou deux candidates.À Baabda, quelque 5 500 personnes devaient choisir quinze membres du conseil municipal entre deux listes. Celle complète de « Baabda-Louaizé pour le service des habitants...